Malgré les appels du secteur de l'énergie et des investisseurs, la Commission européenne maintient son calendrier pour écarter progressivement les onduleurs jugés "à haut risque" des projets énergétiques financés par l'UE. Une mesure qui vise particulièrement les fournisseurs chinois.
La Commission européenne maintient l'échéance fixée au 1er novembre pour le retrait progressif des onduleurs jugés "à haut risque" des projets énergétiques financés par l'UE, malgré les appels des investisseurs et du secteur de l'énergie à la repousser - une information confirmée par des responsables européens à Euronews.
Les onduleurs jouent un rôle essentiel dans la production d'énergie. Ces équipements servent à convertir le courant continu produit par les panneaux photovoltaïques ou les batteries en courant alternatif utilisable par le réseau électrique.
Connectés à Internet, ils permettent aussi de contrôler et de réguler les installations à distance. Cette connectivité les expose toutefois aux cyberattaques et Bruxelles redoute que des acteurs malveillants puissent accéder à distance à ces équipements, au risque de perturber le réseau électrique, voire de provoquer des coupures de courant.
Les fournisseurs chinois particulièrement visés
La mesure prise par l'UE vise particulièrement les fournisseurs chinois. En 2023, environ 70 % des onduleurs installés en Europe provenaient de Chine. Les acteurs du secteur jugent le calendrier imposé par Bruxelles irréaliste et mettent en garde contre d’importantes difficultés financières et opérationnelles, alors que les coûts de l’énergie sont déjà en forte hausse dans l’UE.
La Commission maintient quant à elle que le coût du remplacement restera limité et assure que des fabricants au Japon, en Corée du Sud, en Suisse ou encore aux États-Unis, considérés comme sûrs, peuvent fournir des alternatives et augmenter rapidement leur production.
Inquiétude des investisseurs
Plus tôt cette année, l'exécutif européen a déja adopté des orientations politiques provisoires limitant l'utilisation des financements européens pour les projets d'énergie propre, notamment solaire, éolien et de stockage, qui reposent sur des onduleurs fournis par des fournisseurs à haut risque, c'est-à-dire des entreprises chinoises comme Huawei.
Cette initiative avait également suscité de vives inquiétudes parmi les investisseurs institutionnels comme la Banque européenne d'investissement (BEI) et le secteur des énergies renouvelables, qui doutent de la capacité des fabricants alternatifs d'onduleurs à répondre aux volumes et aux niveaux de coûts exigés.