Loader
Suivez-nous
Publicité

En Bulgarie, l'essor du stockage par batteries compense l'impact de la sécheresse

Projet BESS de ContourGlobal dans la région de Stara Zagora, janvier 2026
ContourGlobal : projet BESS dans la région de Stara Zagora, janvier 2026 Tous droits réservés  @ContourGlobal
Tous droits réservés @ContourGlobal
Par Euronews
Publié le
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google
Partager Close Button

Faibles contraintes administratives, marché réceptif aux énergies propres et financements de l'UE expliquent, selon les experts, le rôle de leader vert du pays dans la région.

Alors que le secteur électrique d'Europe de l'Est a été frappé par une sécheresse record, la Bulgarie a profité du développement de capacités de stockage par batteries parallèlement à l'essor rapide du solaire.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Environ une centaine de sites de systèmes de stockage d'énergie par batteries (BESS) sont désormais en service, la plupart ayant été construits au cours des deux dernières années.

Ces projets de grande ampleur réutilisent d'anciens sites industriels et aérodromes ou s'intègrent à des centrales existantes, y compris des centrales au charbon.

"L'ampleur et la rapidité du déploiement du stockage en Bulgarie sont sans précédent à l'échelle européenne", a déclaré à l'agence de presse AFP Stavros Papathanassiou, professeur à l'Université technique nationale d'Athènes.

Des procédures administratives limitées, un marché réceptif aux énergies propres et des financements de l'Union européenne (UE) figurent parmi les raisons évoquées par les spécialistes pour expliquer le rôle de premier plan du pays dans la région.

Les installations de batteries absorbent l'électricité excédentaire produite par les centrales solaires et la réinjectent dans le réseau lorsque la demande augmente.

Ce dispositif s'est révélé précieux lorsque les niveaux exceptionnellement bas du Danube ont perturbé la production des centrales nucléaires et hydroélectriques d'Europe de l'Est, ce qui a dopé la demande d'importations d'électricité.

Projet BESS de ContourGlobal dans la région de Stara Zagora, janvier 2026
Projet BESS de ContourGlobal dans la région de Stara Zagora, janvier 2026 @ContourGlobal

En juillet et en août, la Bulgarie, l'un des pays les plus pauvres de l'UE, a enregistré des exportations nettes d'électricité d'environ 830 gigawattheures par mois, soit plus du double de la moyenne de mai et juin.

Pour le seul mois de juillet, la Roumanie a représenté près de la moitié des exportations d'électricité de la Bulgarie, d'une valeur estimée à 74 millions d'euros.

Réduire la dépendance au charbon

À Maritsa East 3, autrefois la deuxième centrale au charbon du pays, la sortie progressive de cette énergie est visible sur le terrain.

Construite sous le régime communiste avec quatre tranches de production, la centrale a fortement réduit ses activités liées au charbon en 2024, en réaffectant les infrastructures de raccordement au réseau à une installation de batteries.

"Nous pouvions tirer parti de l'importante connexion au réseau. Nous avons décidé de débrancher une unité au charbon et de connecter des batteries", explique Vassil Shtonov, responsable des opérations de ContourGlobal en Bulgarie, groupe énergétique basé au Royaume-Uni.

"Le charbon est hors jeu, les batteries prennent le relais. C'était le bon endroit au bon moment", confie Shtonov à l'AFP, tout en estimant que la Bulgarie devrait conserver une réserve minimale de production au charbon pour les hivers rigoureux ou en cas de perturbations des approvisionnements en gaz.

Un train passe devant la centrale Republika, dans la ville de Pernik, 21 avril 2022
Un train passe devant la centrale Republika, dans la ville de Pernik, 21 avril 2022 AP Photo

Si la Bulgarie a représenté environ 9 % des nouvelles capacités de stockage par batteries en Europe et environ 2 % des ajouts solaires en 2025, elle peut "servir d'exemple positif pour d'autres pays européens", souligne Lennart Herrmann, de l'institut de recherche et de conseil FfE, basé à Munich.

"Les bons signaux et incitations peuvent permettre une transition énergétique rapide", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le ministère bulgare de l'Énergie indique que le pays disposait ce mois-ci d'environ 5,7 gigawatts de puissance de stockage par batteries en exploitation.

Cette puissance équivaut à près d'un quart de la capacité totale installée de production d'électricité de la Bulgarie et à plus de cinq fois la capacité de stockage par batteries en service dans la Roumanie voisine.

Les entreprises bulgares ont aussi signé des contrats portant sur près de 14 gigawattheures de stockage à grande échelle, dont une partie est déjà entrée en service.

"L'objectif est que les systèmes de stockage trouvent une place durable sur le marché", ajoute le ministère, en précisant que cela "doit aller de pair avec d'autres investissements, notamment dans les réseaux de transport et de distribution".

Par hasard

Nikola Gazdov, président de l'Association bulgare pour la production, le stockage et le commerce de l'électricité, attribue l'essor des batteries à une combinaison de facteurs plutôt qu'à une stratégie longuement élaborée.

"Toutes ces évolutions se sont produites presque par hasard", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les capacités solaire et éolienne ont rapidement augmenté dans toute la région, mais le boom des renouvelables en Bulgarie repose surtout sur le solaire, ce qui crée des excédents croissants en journée.

Et en Bulgarie, les grands projets de batteries peuvent être opérationnels en seulement neuf à 18 mois, soit beaucoup moins de temps que de nombreux projets solaires ou éoliens, ajoute Gazdov.

Mais la technologie de stockage par batteries a ses limites.

Des éoliennes sont visibles à travers une station électrique près du village de Bozhurec, à l'est de Sofia, 6 avril 2010
Des éoliennes sont visibles à travers une station électrique près du village de Bozhurec, à l'est de Sofia, 6 avril 2010 AP Photo

La première est que les interconnexions avec les pays voisins restent limitées en termes de courant qu'elles peuvent transporter.

Autre limite : les batteries actuelles ne peuvent stocker l'électricité que pour des durées relativement courtes, "généralement entre une et six heures, parfois jusqu'à huit heures", explique Herrmann, de FfE.

Ainsi, si elles peuvent soutenir le réseau en cas de chute temporaire de la production, elles ne peuvent pas remplacer un réacteur nucléaire mis à l'arrêt en raison de la sécheresse.

Et leur succès pourrait, à terme, réduire leur propre rentabilité : plus les exploitants de BESS achèteront de l'électricité lorsque les prix sont bas pour la revendre aux heures de pointe, plus l'écart entre ces deux périodes de prix se resserrera.

Sources additionnelles • AFP

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion Suivez Euronews sur Google

À découvrir également

Un drone entre dans l'espace aérien de la Bulgarie et explose près de la frontière avec la Roumanie

Avions militaires américains en Bulgarie : nouvelles menaces de Téhéran

Cibler le patriarche Kirill alimente le scepticisme envers l’UE en Bulgarie, avertit une ministre