Le nombre d’adultes baptisés a bondi de 28 % en un an et plus que triplé en dix ans, une progression qui contraste avec le recul continu du catholicisme dans le pays.
De plus en plus de Français choisissent de se faire baptiser. Une tendance qui suscite l’intérêt jusqu’au Vatican : samedi, le pape Léon XIV doit rencontrer des catéchumènes (qui se préparent au baptême) ainsi que des néophytes (récemment baptisés), à l'Institut catholique de Paris.
Selon une enquête de la Conférence des évêques de France (CEF), à Pâques 2026, près de 21 400 adolescents et adultes ont été baptisés dans l’Église catholique.
La hausse est particulièrement marquée chez les adultes. Ceux-ci sont 13 234 à avoir reçu le baptême cette année, soit une augmentation de 28 % par rapport à 2025. Leur nombre a par ailleurs plus que triplé en dix ans : en 2016, un peu plus de 4 100 adultes avaient été baptisés.
Les nouveaux baptisés sont aussi de plus en plus jeunes. Les 18-25 ans constituent désormais la tranche d’âge la plus représentée parmi les adultes, alors qu’en 2020, les 26-40 ans étaient encore deux fois plus nombreux.
Cette progression concerne également les adolescents. En 2026, 8 152 jeunes âgés de 11 à 17 ans ont reçu le baptême, soit 10 % de plus que l’année précédente.
Dans le même temps, les baptêmes de bébés continuent de reculer : environ 150 000 ont été célébrés en 2024, contre 380 000 en 2000, selon une étude de l’Ifop pour l’Observatoire français du catholicisme.
François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux, estime ainsi que la hausse du nombre de catéchumènes témoigne davantage du "passage d'un catholicisme de transmission à un catholicisme d'adhésion" que d'une véritable "embellie".
Recul du catholicisme
La hausse du nombre de baptêmes chez les jeunes et les adultes contraste en effet avec le recul continu du catholicisme en France.
En 2025, 46 % des Français se déclaraient catholiques, contre 85 % au début des années 1960. Seuls 5 % des Français déclarent aujourd’hui assister à la messe chaque dimanche.
Le nombre de mariages religieux est quant à lui tombé à 40 000 en 2023, contre 122 000 au début du siècle. Le renouvellement du clergé reste lui aussi limité, avec seulement 84 prêtres ordonnés cette année.
De nouvelles manières de vivre sa foi
Selon François Mabille, le catholicisme français se caractérise aujourd'hui par une plus grande diversité de profils, entre catholiques plus traditionnels et populations immigrées "qui vivent leur catholicisme de manière différente".
Les pratiques religieuses évoluent elles aussi. La foi ne s’exprime plus nécessairement par une présence régulière à la messe dominicale, mais aussi à travers de grands rassemblements ponctuels, particulièrement prisés des jeunes, notamment le pèlerinage de Chartres, le Frat, destiné aux collégiens et lycéens, ou encore les Journées mondiales de la jeunesse.
D’autres évolutions commencent également à se dessiner. Martin Dumont, secrétaire général de l’Institut de recherche pour l’étude des religions, observe des "signaux de faible intensité" autour du retour de certaines pratiques, comme le chapelet, ainsi qu’une possible augmentation des confessions. Des tendances qui restent toutefois, selon lui, difficiles à quantifier.
Un vote RN qui recule avec la pratique religieuse
Sur le plan politique, le catholicisme reste associé en France à un vote davantage orienté vers la droite. Selon une enquête du CEVIPOF réalisée avant les élections européennes de 2024, 36 % des électeurs catholiques envisageaient de voter pour la liste du Rassemblement national, 19 % pour Renaissance, 9 % pour Les Républicains et 6 % pour Reconquête, contre 24 % pour les listes de gauche.
Le vote RN varie toutefois fortement selon le niveau de pratique religieuse des catholiques. Il recueillait 41 % des intentions de vote chez les non-pratiquants, contre 31 % chez les pratiquants religieux. Un écart qui se creuse avec la fréquentation de la messe : le RN ne recueillait plus que 21 % des intentions de vote chez ceux qui s'y rendaient au moins une fois par mois et 18 % chez ceux qui y allaient chaque semaine.