Cette décision pourrait lui permettre d'accéder au poste de Premier ministre à l'issue du scrutin du 25 octobre prochain, alors que la Constitution serbe lui interdit de briguer un troisième mandat présidentiel.
En Serbie, Aleksandar Vučić quitte la présidence du pays, sans pour autant renoncer au pouvoir. Le dirigeant a démissionné de ses fonctions dimanche, soit sept mois avant la fin de son second mandat. Une décision qui pourrait lui permettre d'accéder au poste de Premier ministre à l'issue des élections législatives anticipées du 25 octobre prochain, alors que la Constitution serbe lui interdit de briguer un troisième mandat présidentiel.
Lors des élections législatives , le dirigeant mènera la liste du camp au pouvoir. Son départ impose aussi la tenue d'une élection présidentielle d'ici la fin décembre. Le président avait indiqué auparavant qu'il briguerait le poste de Premier ministre comme candidat indépendant, et que la présidente de l'Assemblée, Ana Brnabić, assurerait provisoirement les fonctions de chef de l'État.
Démission ou nouveau départ ?
En Serbie, les prérogatives constitutionnelles du président sont limitées, mais en tant que chef de l'État, Aleksandar Vučić est resté la figure centrale du camp au pouvoir.
Son retour à la tête du gouvernement est loin d'être acquis. Le dirigeant populiste doit d'abord gagner les élections face au mouvement intitulé "Students Win", né des manifestations anticorruption. Une autre coalition d'opposition, pro-occidentale, se présente séparément : l'alliance dite Serbie européenne. Pour l'élection présidentielle qui suivra le scrutin législatif, les principaux blocs politiques n'ont pas encore désigné leurs candidats.
Un sondage de l'institut Faktor Plus réalisé entre le 16 et le 20 septembre crédite la liste qu'il mène de 48,6 % des voix, contre 37,1 % pour le mouvement étudiant. À l'inverse, une enquête de l'organisation CRTA, menée en juin sur un échantillon plus large, montre qu'au sein des personnes ayant déjà choisi un parti, la liste étudiante recueillait 44,9 % des intentions de vote, contre 35,7 % pour le Parti progressiste serbe.
Ces deux mesures ont été réalisées à des périodes et avec des méthodes différentes et indiquent surtout, prises ensemble, qu'il reste difficile pour l'instant de prévoir l'issue de la formation du gouvernement.
L'un des principaux enjeux sera de savoir si le mouvement étudiant parvient à transformer la mobilisation dans dans les urnes, et quelles coalitions parlementaires se formeront après le scrutin. Les conditions de la compétition sont elles aussi contestées : selon les observations électorales, durant la semaine de la mi-septembre, sur les quatre chaînes de télévision nationales analysées, Aleksandar Vučić a occupé 46 % du temps d'antenne consacré aux acteurs politiques, et 91 % du temps dédié à la présentation de la liste étudiante avait un ton négatif.
Dimanche, Aleksandar Vučić a également annoncé avoir accordé grâce ou amnistie à 49 personnes impliquées dans des affaires liées aux manifestations. Parmi elles figurent 12 activistes et 11 sympathisants de son propre camp.