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Fonctionnaires en grève : plus de 170 manifestations prévues dans toute la France

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Par Célia Gueuti
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À deux jours de l'ouverture des discussions sur le budget 2027, une intersyndicale appelle à la grève pour réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires.

De Saint-Céré, commune de 3 400 habitants, à Paris, en passant par Rennes et Strasbourg, les fonctionnaires se mobilisent mardi 29 septembre.

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Plus de 170 manifestations sont attendues dans toute la France. Enseignants, soignants, agents territoriaux, pompiers sont appelés à prendre la rue par l'ensemble des syndicats représentatifs : CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP.

"L’actualité de l’été (canicules à répétition, sécheresse, incendies gigantesques…) a rappelé combien il est nécessaire de renforcer la fonction publique et ses missions de service public", explique l'intersyndicale dans un communiqué publié début septembre.

Selon les autorités, entre 25 000 et 50 000 personnes devraient manifester pour réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des "moyens budgétaires à la hauteur" des missions des services publics.

Le Snuipp-FSU, premier syndicat des enseignants des écoles primaires, s'attend à 40% de grévistes chez les professeurs des écoles.

Point d'indice, point central des discussions

Si la mobilisation a été décidée en juin dernier, la mobilisation intervient dans un climat social tendu en pleine flambée du prix du carburant. Climat qui s'est encore tendu pour les fonctionnaires à l'approche du vote du budget 2027, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu évoquait un nouveau gel du point d'indice.

"Le point d'indice des fonctionnaires, qui concerne également les collectivités territoriales, sera gelé, ce qui nous permettra aussi de dégager 2 milliards d'euros", expliquait-il dans les colonnes du journal Le Figaro.

L'annonce a du mal à passer alors que les agents publics ont déjà une impression de déclassement. Depuis 2017, les agents publics n'ont vu leur point d'indice revalorisé qu'en 2022 (3,5%) et 2023 (1,5%), soit une revalorisation totale légèrement supérieure à 5 %. Entre-temps, selon l'Insee, l'inflation cumulée depuis 2017 aura atteint 24,17 % à la fin 2026.

Est-ce que cela suffira pourtant à mobiliser 5,9 millions d'agents de l'État, des collectivités locales et des hôpitaux pour peser sur les arbitrages du vote du budget français ? C'est ce qu'espèrent les syndicats. La mobilisation a aussi pour objectif de "lancer un message aux candidats à la présidentielle" à l'aube de la campagne électorale, indiquait jeudi Laure Revel (CFDT).

Entre 5 000 et 10 000 pompiers attendus

Ce mardi 29 septembre représente également le point d'orgue de la mobilisation des pompiers. Ils défileront à Paris dans un cortège séparé avant de se joindre aux autres agents de la fonction publique pour rejoindre la place de la Nation.

Depuis trois semaines les soldats du feu réclament entre autres des moyens supplémentaires et la reconnaissance de leur métier comme dangereux. La période des incendies 2026 a été marquée par des incendies historiques. En juillet seulement, six sapeurs-pompiers ont perdu la vie dans l'exercice de leurs fonctions.

Le nombre de lycées bloqués en hausse

Alors que leurs enseignants seront dans la rue, de nombreux lycéens devraient, eux, bloquer leurs établissements. "On appelle au blocage de tous les lycées. On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire" , a déclaré lundi Ryad Rani, président de la principale organisation syndicale des lycéens, l'USL.

Depuis une semaine, une mobilisation lycéenne s'organise et s'étend. D'abord lancée dans des établissements de la région parisienne, elle s'est étendue lundi à des établissements d'autres régions, portée par des vidéos partagées sur les réseaux sociaux.

Classes et emplois du temps surchargés, absence de professeurs, mauvais état voire insalubrité des locaux, les lycéens dénoncent des problématiques diverses et variées.

"Ces mobilisations ont pu donner lieu à des attroupements, à des mouvements de foule ainsi qu’à des dégradations matérielles de manière très occasionnelle et à l’usage d’artifices", notaient, lundi, les rectorats de Créteil et de Versailles.

Lundi, 164 interpellations ont eu lieu aux abords des lycées. Une dizaine de lycéens ont été blessés, ainsi que 8 membres de l’éducation nationale, et 12 membres des forces de l’ordre. Ces manifestations et blocages ne sont "pas des mouvements de contestation très habituels" mais "s'apparentent à des violences urbaines", a estimé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Une enquête de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) a été ouverte après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo, tournée à Saint-Ouen-l’Aumône, montrant un policier tirant à bout portant sur un lycéen à l’aide d’un lance-projectile.

"Les lycéens qui se mobilisent expriment des revendications légitimes", a estimé auprès de l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. "Ils doivent pouvoir exprimer leurs revendications et leur colère dans un cadre apaisé. Les interventions sans discernement de la police ne sont pas acceptables et nous les condamnons."

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