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Le distributeur allemand Metro perd le contrôle de son activité russe après un décret de Poutine

Photo d'archives - Le logo de Metro Cash&Carry, photographié à Düsseldorf, en Allemagne, le mercredi 30 mars 2016.
Photo d'archive : le logo de Metro Cash&Carry photographié à Düsseldorf, en Allemagne, le mercredi 30 mars 2016. -  Tous droits réservés  Rolf Vennenbernd/dpa via AP, file
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Par Doloresz Katanich avec AP
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Le président russe Vladimir Poutine a ordonné la mise sous administration provisoire des actifs du distributeur allemand Metro AG. Cette décision intervient sur fond de tensions croissantes entre l’Allemagne et la Russie à propos de la guerre en Ukraine.

Le grossiste et distributeur alimentaire allemand Metro AG a perdu lundi le contrôle opérationnel de sa filiale russe, après que le président russe Vladimir Poutine a signé un décret plaçant l'entreprise sous administration temporaire. Le texte confie provisoirement la gestion des activités russes de Metro Cash and Carry à UK Torg RUS.

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Cet arrêté, publié lundi sur un site du gouvernement russe, ne donne aucun motif à cette décision. Il s'inscrit dans le prolongement de mesures similaires visant les activités russes du géant agroalimentaire Nestlé et du distributeur français Auchan, prises en application d'un décret de 2023 ciblant les entreprises liées à des "pays inamicaux".

Ce régime d'administration temporaire a également permis à des acteurs locaux de reprendre, à prix cassés, les activités russes du groupe laitier français Danone et du brasseur danois Carlsberg.

Metro précise qu'elle reste officiellement propriétaire de sa filiale russe, mais qu'elle n'en a plus la maîtrise opérationnelle, le groupe étant en train d'analyser les conséquences du décret. Il indique aussi que Torg RUS appartient à Johannes Tholey, directeur général de Metro Russia.

Metro ajoute avoir réduit ses liens avec ses activités en Russie depuis l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022.

Le groupe est présent sur le marché russe depuis 2001 et y exploite 91 magasins de gros, employant environ 9 000 personnes.

La Russie demeure un marché important pour le grossiste allemand.

Sur les neuf premiers mois de l'exercice 2025/26, les ventes de Metro en Russie ont augmenté de 10,3 % en euros pour atteindre 2,14 milliards d'euros, soit environ 8,7 % du chiffre d'affaires total du groupe Metro AG sur la période.

Montée des tensions entre la Russie et l'Allemagne

Cette décision intervient dans un contexte de différend diplomatique de plus en plus vif entre Berlin et Moscou.

L'Allemagne a conclu que la Russie était responsable d'une tentative d'attaque par drone contre l'aéroport de Leipzig, et a fermé un consulat russe à Bonn ainsi qu'un centre culturel russe à Berlin.

En réponse, la Russie a fermé le consulat allemand de Saint-Pétersbourg et rejeté ces accusations.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rencontré samedi, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, son homologue allemand Johann Wadephul, mais s'est montré désinvolte ensuite, estimant que Wadephul "s'est simplement borné à répéter sa position officielle publique condamnant la Russie … vous pouvez juger vous-mêmes si l'on peut parler de dialogue ou non".

Johann Wadephul a jugé cette rencontre nécessaire pour exposer directement à la Russie les préoccupations de sécurité de l'Allemagne, tout en affirmant n'avoir perçu aucun sérieux du côté russe. Il a répété que ces discussions ne signifiaient en rien un changement dans le soutien apporté par Berlin à l'Ukraine.

"Les Russes accentuent la pression sur l'Allemagne dans leur guerre hybride", analyse Stefan Meister, spécialiste de la Russie au Conseil allemand des relations étrangères.

"Il est clairement signifié aux Allemands qu'ils pourraient perdre encore davantage d'entreprises et d'actifs en Russie, afin d'accroître la pression sur le gouvernement allemand de la part du monde des affaires", ajoute Meister.

Il explique aussi que la Russie considère l'Allemagne "comme un adversaire clé, puisque c'est le principal soutien individuel de l'Ukraine".

Depuis 2022, certaines grandes entreprises occidentales ont cessé leurs activités en Russie et ont passé leurs filiales par pertes et profits. Depuis, le Kremlin impose des conditions lourdes à la cession des entités locales, exigeant d'importantes décotes, des taxes de sortie et l'aval des autorités.

D'autres groupes ont réduit la voilure, tandis que certains poursuivent leurs activités comme si de rien n'était.

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