Dans son projet de loi de finances (PLF) 2027, le gouvernement de Sébastien Lecornu a pour objectif d’atteindre 5 % de déficit public.
Le gouvernement de Sébastien Lecornu propose un « effort » de 54 milliards d'euros pour ramener le déficit de 5,4 %, tel qu’attendu à la fin de l’année, à 5 % du PIB.
L’exécutif met en avant « 43 milliards d’euros de mesures de redressement » et y ajoute « la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026 », soit environ 12 milliards d’euros.
Le projet de loi de finances du gouvernement Lecornu est construit sur un scénario à plusieurs inconnues.
Hypothèse d’un retour de la croissance
Le gouvernement prévoit 1 % de croissance en 2027, contre 0,5 % en 2026.
Sur ce point, la Banque de France prévoit 0,9 % et l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) table sur 0,7 %.
Espoir d’un retour de la consommation intérieure
Le gouvernement fonde son scénario d’un retour de la croissance sur une plus forte consommation intérieure et une inflation moins importante, l’un et l’autre étant interdépendants.
L’inflation devrait atteindre 3 % sur un an en septembre Insee, le gouvernement espère qu’elle redescendra sous la barre des 2 % en 2027.
L’exécutif mentionne dans son projet de budget les « forts aléas » qui pèsent sur son scénario, notamment ceux liés à la situation au Moyen-Orient.
Pas de hausse d’impôts sur le revenu
Selon le ministre des Comptes publics, David Amiel, les PLF ne prévoit pas de hausse d’impôts. « Nous ne touchons pas à l’impôt sur le revenu » mais prévoit de mettre à contribution « les rentes des plus fortunés. »
Parmi les cibles du gouvernement, les exploitants des autoroutes et des aéroports qui verront leurs taxes s’alourdir pour rapporter à l’État 800 millions d’euros supplémentaires.
Selon le PLF, les retraités se seront prélevés de 5,5 milliards d’euros supplémentaires, le point d’indice des fonctionnaires sera gelé, tout comme les aides personnelles au logement (APL), et des restrictions seront mises en place pour les étudiants issus de familles aidées.
L’étape du Parlement
Le PLF aura les plus grandes difficultés à être adopté au Parlement.
Le Parti socialiste prévient d’ores et déjà ne voir « aucune main tendue » dans le projet du gouvernement et dénonce une « provocation ».
Les écologistes promettent de censurer un texte qu’il, selon eux « menace notre capacité à vivre en société et sur notre planète ».
Quant au Haut conseil des finances publiques, l’organisme indépendant chargé d’émettre une analyse sur le PLF, il juge le texte riche en « incertitudes » et « optimiste » quant à la croissance prévue.