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La France et l'Allemagne veulent garder le contrôle national des capacités spatiales militaires

Thomas Pesquet, astronaute français de l'Agence spatiale européenne, à gauche, et le président Emmanuel Macron s'expriment au Sommet spatial au Grand Palais à Paris.
L'astronaute de l'ESA Thomas Pesquet, à gauche, et le président français Emmanuel Macron parlent au Sommet spatial au Grand Palais, à Paris. -  Tous droits réservés  AP Photo/Ludovic Marin
Tous droits réservés AP Photo/Ludovic Marin
Par Luca Bertuzzi
Publié le
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L'Allemagne et la France figurent parmi sept pays qui demandent à recentrer le projet de Bouclier spatial européen sur la protection des systèmes spatiaux de l'UE, les capacités militaires dans l'espace restant nationales.

Sept États membres appellent à une refonte en profondeur du Bouclier spatial européen et proposent une nouvelle architecture de sécurité spatiale, centrée sur la protection des systèmes spatiaux de l'Union européenne (UE) et laissant le développement des capacités aux gouvernements nationaux.

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L'Allemagne, la France, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas et la Suède veulent placer les capitales aux commandes, avec un champ plus resserré qui respecte le contrôle national sur les capacités militaires dans l'espace.

Paris et Berlin se montrent sceptiques depuis longtemps à l'égard du Bouclier spatial européen, une initiative que Bruxelles a mise sur la table l'an dernier dans la feuille de route Defence Readiness Roadmap 2030 sur l'état de préparation de la défense. Les deux poids lourds du bloc détaillent désormais leur propre vision de la sécurité spatiale dans un document que Euronews a pu consulter.

"Il est nécessaire de concevoir une architecture européenne de sécurité spatiale qui intègre de manière cohérente les capacités spatiales existantes et émergentes des États membres, ainsi que les mécanismes de l'UE déjà décidés, et qui évite les duplications inutiles", indique le document.

Selon ce document, la Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE), le bras diplomatique de l'UE, n'ont pas réussi à définir l'objectif ni le périmètre de l'initiative, malgré trois ateliers dédiés au cours des six derniers mois.

Les signataires estiment que l'initiative devrait être rebaptisée, car le mot "shield" prête à confusion : il laisse entendre un développement de capacités au niveau de l'UE, alors qu'ils dressent une ligne rouge autour de la souveraineté nationale sur les capacités militaires spatiales.

"Au-delà du nom, il est essentiel de rappeler que la responsabilité en matière de sécurité et de défense, y compris l'acquisition, l'exploitation et la protection des systèmes spatiaux utilisés à des fins de sécurité et de défense, relève exclusivement des États membres", précise le document.

La résilience et la défense des système spatiaux européens, objectifs clefs de l'intiative

Les sept gouvernements soutiennent une coordination à l'échelle de l'UE des achats liés aux capacités spatiales militaires, alors que les États membres continuent d'étendre leurs programmes nationaux.

Selon eux, l'initiative doit intégrer les capacités nationales existantes et émergentes, éviter les doublons et créer les bonnes conditions pour que l'industrie fournisse les moyens nécessaires. Les États membres doivent être aux commandes, les institutions de l'UE les appuyant dans le cadre de leurs mandats respectifs afin de renforcer la sécurité européenne dans l'espace face à un large éventail de menaces en évolution.

"En tant qu'États membres, nous constatons un besoin urgent de protéger et, si nécessaire, de défendre nos systèmes et infrastructures spatiaux — y compris les systèmes spatiaux de l'UE — contre la multiplication des risques et des menaces, car le domaine spatial est devenu un champ de rivalités", écrit le document.

Les signataires estiment que le cœur de l'initiative doit être la résilience et la défense des systèmes spatiaux de l'UE, tout en respectant les compétences nationales en matière de défense et de développement des capacités.

Les pays y voient aussi un intérêt à instaurer des échanges dans les deux sens entre autorités nationales et européennes sur les options de réponse aux menaces, les vulnérabilités et les questions techniques.

Concernant le programme spatial de l'Union européenne, que la Commission propose d'inclure dans le prochain budget pluriannuel de l'UE, le document souligne plusieurs préoccupations en matière de sécurité. Elles portent notamment sur le recours militaire croissant aux programmes civils de l'UE, la sécurité des composants à double usage et la manière dont les efforts nationaux complètent l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). Le texte s'interroge aussi sur la façon dont les services spatiaux européens établiraient des priorités entre usages civils et militaires en cas de crise.

Favoriser le dialogue entre les autorités spatiales militaires des États membres constitue une autre priorité, tout comme des mécanismes tels que la mutualisation et le partage destinés à compléter les capacités spatiales militaires de chacun.

Enfin, les signataires appellent la Commission à rationaliser un paysage de financement spatial très fragmenté, véritable mosaïque d'instruments comprenant Horizon Europe, les investissements de la Banque européenne d'investissement (BEI) et le Fonds européen de défense (FED).

"Nous soutenons une initiative de Bouclier spatial européen – quel que soit le nom qu'elle portera à l'avenir – qui apporte une valeur ajoutée concrète à la sécurité européenne", poursuit le document.

"Les principales capacités relevant exclusivement de la prérogative souveraine des États membres, ce sont les États membres qui doivent être au centre de toute initiative européenne de sécurité spatiale", ajoute-t-il.

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