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Les Houthis rejettent les accusations saoudiennes de ciblage des lieux saints de Médine

Un soldat houthi devant une bannière de la Kaaba lors d'une manifestation contre l'accusation de Riyad d'attaque contre le lieu saint de l'islam, Sanaa, 18 septembre 2026
Un soldat houthi devant une affiche de la Kaaba lors d'une manifestation contre l'accusation de Riyad de viser le site le plus sacré de l'islam, à Sanaa, 18 septembre 2026 -  Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Aleksandar Brezar
Publié le
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La coalition menée par l'Arabie saoudite affirme qu'un drone a touché la station électrique de Taibah, qui alimente la mosquée du Prophète. Les Houthis démentent et dénoncent un "mensonge" destiné à appuyer de vieilles accusations contre le groupe.

La coalition menée par l'Arabie saoudite a accusé les Houthis du Yémen d'avoir frappé une centrale électrique dans la ville sainte de Médine, en Arabie saoudite, une accusation rejetée par ce mouvement soutenu par l'Iran.

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Cette attaque présumée survient alors que les combats s'intensifient au Yémen, où les forces du gouvernement reconnu par la communauté internationale affirment avoir mené des frappes contre des cibles houthies et où des témoins ont entendu des explosions dans la capitale Sanaa, tenue par les Houthis.

La coalition menée par l'Arabie saoudite a indiqué jeudi qu'un drone avait frappé le poste de distribution électrique de Taibah, à Médine, qui alimente en courant la mosquée du Prophète.

Médine, où repose le prophète Mohammed et où se trouve la mosquée du Prophète, est l'une des villes les plus saintes de l'islam, avec La Mecque.

Le porte-parole de la coalition, le général de division Turki al-Maliki, a déclaré qu'un drone avait frappé le poste de distribution électrique de Taibah mardi à 5h11 (3h11, heure d'Europe centrale, HEC).

"L'enquête et les preuves recueillies par les autorités compétentes ont confirmé l'implication de la milice terroriste houthie dans la planification et l'exécution de cet acte terroriste lâche, sur la base du retour d'expérience et des débris du drone utilisé", a-t-il déclaré dans un communiqué.

La coalition a indiqué qu'un transformateur avait été mis hors service sans affecter le reste du réseau électrique. Turki al-Maliki a précisé que l'installation alimentait la mosquée du Prophète.

"Cet acte terroriste lâche, qui vise une installation civile fournissant l'électricité à la mosquée du Prophète à Médine, s'inscrit dans la continuité des tentatives de cette milice extrémiste de cibler les deux saintes mosquées", a-t-il ajouté.

Jeudi, un haut responsable houthi a de nouveau rejeté les accusations selon lesquelles le mouvement aurait visé des lieux saints de l'islam, les qualifiant de "mensonge" destiné à étayer des allégations précédentes, selon l'agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis.

Le mouvement avait déjà rejeté fermement, à la mi-septembre, les accusations de Riyad faisant état d'une attaque de drone contre La Mecque, le lieu le plus sacré de l'islam.

"Nos opérations visent ses installations pétrolières et ses bases militaires, qui sont éloignées des lieux sacrés", avait alors déclaré le porte-parole militaire houthi Yahya Saree, ajoutant que "les fabrications et les mensonges propagés par le régime criminel Al Saoud ne peuvent tromper personne".

La Mecque est le lieu le plus sacré de l'islam, où se trouve la Kaaba, vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour la prière, et la destination du hajj, le pèlerinage qui constitue l'un des cinq piliers de la foi.

Cette accusation intervient alors que les combats se sont intensifiés au Yémen : l'armée du gouvernement reconnu par la communauté internationale affirme avoir mené des frappes contre des cibles houthies à Sanaa, Saada et Taïz.

Un porte-parole a indiqué que l'armée avait mené à Sanaa une "opération de ciblage de haute valeur" et frappé 11 cibles à Saada.

Il a ajouté que 27 frappes aériennes avaient visé à Taïz un "système militaire intégré" appartenant aux Houthis.

Les Houthis, qui contrôlent Sanaa et une grande partie de la côte yéménite sur la mer Rouge, ont à plusieurs reprises lancé des drones et des missiles contre l'Arabie saoudite depuis l'intervention du royaume dans la guerre civile au Yémen en 2015.

Toute attaque confirmée contre La Mecque ou Médine placerait ses auteurs au ban aux yeux de pratiquement l'ensemble du monde musulman, chiite comme sunnite.

Ankara condamne des attaques jugées provocatrices

La Turquie a vigoureusement condamné l'attaque présumée et exprimé son soutien à l'Arabie saoudite.

"Nous condamnons fermement l'attaque des Houthis contre des infrastructures civiles" à Médine, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

"Ces attaques provocatrices, qui menacent la souveraineté et la sécurité de l'Arabie saoudite et visent les valeurs sacrées du monde islamique, doivent cesser immédiatement et sans condition".

La Turquie a indiqué qu'elle réaffirmait son "soutien résolu à l'Arabie saoudite" et a appelé à prendre des mesures pour éviter toute nouvelle escalade.

Le Qatar a également condamné l'attaque. Dans un communiqué, Doha a estimé qu'il s'agissait d'"une grave atteinte à la sacralité des lieux saints de l'islam", ainsi que d'une violation de la souveraineté saoudienne et du droit international.

Le pays a réaffirmé sa "pleine solidarité" avec Riyad et souligné que la sécurité du royaume faisait partie intégrante de celle du Golfe.

La Ligue des États arabes s'est associée à ces condamnations, qualifiant l'attaque de "transgression inacceptable".

L'organisation a indiqué que l'attaque "provoquait les sentiments des musulmans du monde entier" et constituait une escalade dangereuse.

Al-Azhar, l'institution cairote de référence de l'islam sunnite, a également dénoncé l'incident, affirmant que "viser Médine provoque les sentiments des musulmans du monde entier".

Les Houthis sont des musulmans chiites zaydites, une branche spécifique de l'islam historiquement implantée dans le nord du Yémen et théologiquement distincte à la fois du chiisme duodécimain dominant en Iran et de la tradition sunnite d'inspiration wahhabite de l'Arabie saoudite.

Ce mouvement, officiellement appelé Ansar Allah, est lié au soi-disant axe de la résistance de Téhéran, un réseau informel de groupes armés présents dans plusieurs pays de la région, parmi lesquels le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza et des milices en Irak, tous soutenus, entraînés et équipés à des degrés divers par le corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Sources additionnelles • AFP

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