L'armée japonaise a indiqué que le missile était tombé dans des eaux situées en dehors de sa zone économique exclusive, tandis que l'armée sud-coréenne, qui accuse régulièrement la Corée du Nord d'exagérer ses capacités militaires, a estimé qu'il avait parcouru plus de 700 kilomètres.
La Corée du Nord a annoncé samedi avoir testé un missile balistique à portée intermédiaire, affirmant que l'arme est capable de manœuvrer en vol pour déjouer les systèmes de défense antimissile de la Corée du Sud et du Japon.
Ce tir intervient alors que les tensions restent vives entre les deux Corées, notamment après des explosions de mines le long de leur frontière.
Kim Yo Jong, la sœur influente du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a indiqué que celui-ci avait supervisé l'essai. Elle a qualifié le missile de "stratégique", un terme qui suggère qu'il pourrait être conçu pour emporter une ogive nucléaire. Elle a également affirmé que le projectile pouvait modifier sa trajectoire à basse altitude et disposait de capacités d’intelligence artificielle dont elle n’a pas précisé la nature, ce qui le rendrait, selon elle, particulièrement difficile à intercepter.
L'armée japonaise a indiqué que le missile était tombé dans des eaux situées en dehors de sa zone économique exclusive. De son côté, l'armée sud-coréenne, qui accuse régulièrement Pyongyang d'exagérer ses capacités militaires, a estimé que le projectile avait parcouru plus de 700 kilomètres.
La Corée du Nord revendique de nouvelles capacités de missile
Selon l'état-major interarmées sud-coréen, le missile a été tiré tôt samedi depuis la région côtière de Wonsan, dans l'est du pays. Le ministère japonais de la Défense a ensuite estimé sa portée à environ 680 kilomètres.
Dans son communiqué, Kim Yo Jong a présenté la différence entre les estimations des deux alliés des États-Unis comme la preuve qu'ils n’avaient pas été en mesure de suivre précisément le missile pendant son vol.
"Chaque fois que nous appliquons un mode de trajectoire ondulatoire à nos missiles, l’ennemi ne parvient pas à suivre les cibles dès leurs premiers points de rebond", a-t-elle déclaré. "Il n’existe aucun moyen d’éviter cette attaque."
Ce tir est intervenu un jour après qu’elle a tourné en dérision la demande de Séoul, qui réclame des excuses à Pyongyang pour les explosions de mines survenues le 21 septembre. Les déflagrations se sont produites à environ 10 mètres au sud de la ligne de démarcation militaire et ont blessé trois soldats sud-coréens.
Une inspection conjointe menée par la Corée du Sud et le Commandement des Nations unies, dirigé par les États-Unis, a conclu que la Corée du Nord avait posé les mines. Le commandement a ensuite estimé que Pyongyang avait violé l'armistice ayant mis fin à la guerre de Corée de 1950-1953.
Séoul a également demandé à Pyongyang de cesser de renforcer la frontière avec des mines et des obstacles antichars. Ces travaux se sont intensifiés depuis que Kim Jong Un a abandonné, en 2024, l'objectif de réconciliation et qualifié la Corée du Sud d’adversaire permanent.
Kim Yo Jong, qui pourrait être la deuxième personnalité la plus puissante de Pyongyang, a jugé vendredi les demandes de Séoul "totalement pathétiques". Elle a rejeté toute responsabilité nord-coréenne dans les explosions et averti que la Corée du Nord riposterait si le Sud ouvrait le feu sur les soldats travaillant le long de la frontière.
Les essais d'armement de Pyongyang se multiplient
Le tir effectué depuis Wonsan est le dernier d'une série de démonstrations militaires récentes, qui comprennent également des essais de missiles, des exercices de tir réel et la mise en service d'un nouveau navire de guerre. Kim Jong Un met en avant le développement du programme nucléaire nord-coréen, tandis que Washington appelle à une reprise de la diplomatie.
Wonsan avait déjà accueilli, le 20 septembre, l’essai de ce que les médias d'État avaient présenté comme un système de missile hypersonique. Il appartient à une famille d'armes conçues pour saturer les défenses antimissiles de la Corée du Sud et du Japon, parmi lesquelles figurent des missiles à combustible solide à portée intermédiaire dévoilés pour la première fois en 2024.
L'armée sud-coréenne a indiqué avoir renforcé sa surveillance en prévision de nouveaux tirs et continuer à partager étroitement ses informations avec Washington et Tokyo. Le Commandement américain pour l’Indo-Pacifique a affirmé que ce lancement "ne représente pas une menace immédiate pour le personnel ou le territoire américains, ni pour nos alliés".
Kim Jong Un a largement tourné le dos à la diplomatie avec les États-Unis et la Corée du Sud depuis l’échec de ses négociations nucléaires avec le président Donald Trump en 2019. Il a depuis renforcé ses liens avec Moscou, envoyant des milliers de soldats et d'importantes quantités d’armes pour soutenir la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine. Après plusieurs années d’intensification de ses essais, son arsenal de missiles à capacité nucléaire comprend désormais des systèmes à longue portée susceptibles d'atteindre le territoire continental des États-Unis, ainsi que des missiles à plus courte portée capables de menacer la Corée du Sud et le Japon.
En août, Donald Trump a réduit l'ampleur d'un important exercice militaire conjoint avec la Corée du Sud, dans ce qui semblait être une tentative de relancer les discussions.
La Corée du Nord a écarté cette ouverture, exigeant que Washington mette d'abord fin à sa "politique hostile", expression utilisée par Pyongyang pour désigner notamment les sanctions américaines et les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud.