Le groupe français Schneider Electric rachète l’américain PTC pour 22,6 milliards de dollars (20,1 milliards d'euros) pour développer son activité d’IA industrielle ; le titre a chuté en Bourse lundi après l’annonce.
Schneider Electric, l'une des entreprises les plus valorisées d'Europe, a vu son cours de Bourse plonger après avoir confirmé un accord pour racheter PTC, un éditeur américain de logiciels de conception industrielle.
Cette opération serait la plus importante acquisition de l'histoire de Schneider Electric, alors que le groupe cherche à développer ses capacités d'intelligence artificielle industrielle en exploitant les données issues des produits et de l'ingénierie.
Le groupe français de technologies de l'énergie versera 205 dollars par action pour acquérir 100 % du capital de PTC en numéraire, ce qui valorise ses fonds propres à 22,6 milliards de dollars (20,1 milliards d'euros) et l'entreprise, dette comprise, à 23,7 milliards de dollars (21,1 milliards d'euros).
L'opération "crée une franchise de logiciels industriels et d'IA de premier plan, de grande envergure, ouverte et interopérable", a indiqué Schneider dans un communiqué, en précisant que le conseil d'administration de PTC avait approuvé l'accord. L'offre représente une prime de 42,3 % par rapport au dernier cours de clôture de PTC.
Schneider explique que l'opération permettra de combiner logiciels industriels et IA afin d'aider ses clients à concevoir, fabriquer, exploiter et maintenir leurs produits plus efficacement, en utilisant les données industrielles pour orienter les décisions et améliorer les performances.
Olivier Blum, directeur général de Schneider Electric, a déclaré : "L'acquisition de PTC représente une étape importante dans notre ambition de prendre la tête de la nouvelle ère de l'intelligence énergétique et industrielle. Ensemble, nous créons le champion logiciel et IA le plus complet du secteur, avec le portefeuille de la plus haute qualité, à l'interface entre les mondes physique et numérique."
Cette opération intervient sur fond d'inquiétudes selon lesquelles les progrès de l'intelligence artificielle pourraient fragiliser le modèle économique des éditeurs de logiciels en proposant des alternatives moins coûteuses à leurs services.
La valorisation de PTC était tombée cette année jusqu'à 13,1 fois les bénéfices attendus sur les douze prochains mois, selon MarketWatch, qui cite les données de FactSet.
Le média rapporte que des analystes de Jefferies estiment que les craintes liées aux bouleversements provoqués par l'IA ont pesé sur les valorisations du secteur, permettant à Schneider de racheter PTC à un niveau de valorisation au plus bas depuis dix ans, mais qu'elles pourraient continuer à peser sur l'action Schneider après la finalisation de l'opération.
Le directeur général de PTC, Neil Barua, a déclaré : "Nous gagnons une taille critique et des ressources importantes pour accélérer l'innovation, faire progresser notre vision d'un cycle de vie produit intelligent et développer notre activité dans davantage de régions et de marchés finaux afin de servir plus de clients."
Basée à Boston, l'entreprise compte plus de 7 000 employés et sert plus de 30 000 clients. Elle a réalisé environ la moitié de son chiffre d'affaires sur le continent américain au cours de son exercice 2025.
Schneider prévoit d'émettre jusqu'à 17 milliards d'euros de dette et jusqu'à 6 milliards d'euros de nouvelles actions pour financer l'opération.
Le groupe indique qu'il anticipe des économies de coûts annuelles de 250 millions d'euros d'ici à la troisième année suivant la clôture, ainsi qu'environ 800 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire grâce au rapprochement des deux activités.
Schneider prévoit également de suspendre ses rachats d'actions en 2027 et 2028, avant d'accélérer les achats afin de mener à bien son programme actuel de 2,5 à 3,5 milliards d'euros d'ici à la fin 2030.
La finalisation de l'opération est attendue d'ici au troisième trimestre 2027, sous réserve des conditions habituelles, notamment l'approbation par les actionnaires de PTC représentant au moins la majorité des actions en circulation et l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires.
À Paris, le titre Schneider reculait de plus de 9 % en début de séance après l'annonce.