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Nouvelle journée de mobilisation lycéenne en France, un grand rassemblement à Paris

Un élève devant le lycée Hélène-Boucher lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les écoles, à Paris, jeudi 8 octobre 2026.
Un élève devant le lycée Hélène-Boucher lors d'une manifestation contre le manque de moyens dans les écoles, à Paris, jeudi 8 octobre 2026. -  Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved
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Par Nathan Rennolds & Estelle Nilsson-Julien
Publié le
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L'intersyndicale étudiante et professionnelle appelle jeudi à une nouvelle journée de mobilisation et de grève, mardi 13 octobre. Le gouvernement promet un "plan d'urgence" imminent pour remplacer les enseignants absents.

La France est entrée dans une nouvelle journée de protestations ce jeudi 8 octobre, les lycéens de tout le pays continuant de manifester contre le manque de professeurs, des installations en mauvais état et des classes surchargées.

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Les élèves et les syndicats sont descendus de nouveau dans la rue ce jeudi, estimant que le gouvernement ne les écoute pas, avec un grand rassemblement prévu à Paris dans l'après midi. Des cortèges se sont aussi élancésà Marseille, Lyon ou encore Nantes.

Depuis le début de la mobilisation lycéenne, démarrée le 18 septembre à Créteil, en région parisienne, des élèves bloquent l'accès de centaines d'établissements dans tout le pays, allument des feux de poubelles et installent des barricades.

Selon le ministère de l'Education nationale, "94% des établissements scolaires sont ouverts, soit totalement, soit partiellement"."La baisse se poursuit, avec encore environ 30% d'établissements concernés en moins par rapport à hier à la même heure", ajoute le ministère.

Des élèves, des personnels enseignants et des policiers devant une barricade de poubelles devant le lycée Hélène Boucher à Paris
Des élèves, des personnels enseignants et des policiers devant une barricade de poubelles devant le lycée Hélène Boucher à Paris AP Photo

La journaliste d’Euronews présente ce jeudi matin dans le 5e arrondissement de Paris a pu parler avec certains d'entre eux devant le prestigieux lycée Henri-IV.

"Nous sommes venues ici pour montrer notre soutien total aux lycées de banlieue. Ce sont eux qui ont lancé ce mouvement et ils ont été immédiatement réprimés par la police", a expliqué une lycéenne.

Un autre élève d'une filière technologique a déclaré que "depuis six mois, nous n’avons pas de professeur, il n’y a pas de remplaçant et nous allons passer notre baccalauréat dans cette matière".

"Au lycée, pour être honnête, nos conditions de vie ne sont pas bonnes", a-t-il poursuivi. "Personnellement, je ne trouve pas normal de finir à 17h45, ou plutôt 18h".

Le gouvernement annonce un "plan d'urgence" dans les "heures ou jours à venir"

Mercredi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est adressé à la nation pour tenter d’apaiser la crise, promettant que le gouvernement présenterait d’ici la fin octobre un plan pour répondre à la situation et niant que les forces de l’ordre aient été "chargées de s’en prendre aux élèves de lycée".

"Leur rôle est de protéger les biens, mais surtout les personnes ; de veiller au respect de la loi ; et de permettre l’accès aux établissements", a-t-il déclaré.

Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a également annoncé jeudi qu’il présenterait un "plan d’urgence" pour faire face aux absences d’enseignants dans les "heures ou jours à venir". Il a aussi reçu les syndicats étudiants dans l'après midi de jeudi.

Au cours des derniers jours, les mobilisations ont parfois dégénéré en affrontements violents avec les forces de l'ordre, faisant plusieurs blessés graves, dont un adolescent qui a perdu une main après avoir tenté de saisir une grenade.

Les syndicats, des organisations de défense des droits et des élèves accusent les forces de l’ordre de recourir à une force disproportionnée, mais le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, défend la réponse apportée aux protestations et affirme que les autorités vont "continuer à faire ce que nous faisons : maintenir l’ordre et intervenir de manière proportionnée chaque fois que des violences éclatent".

Des élèves font face à des policiers devant le lycée Hélène Boucher à Paris le 8 octobre 2026
Des élèves font face à des policiers devant le lycée Hélène Boucher à Paris le 8 octobre 2026 AP Photo

Le gouvernement a néanmoins décidé de suspendre temporairement l’usage des grenades assourdissantes lors du maintien de l’ordre des manifestations.

Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France, a salué cette décision tout en estimant que des mesures supplémentaires s’imposent.

"Les manifestations ne devraient pas être des champs de bataille. Les grenades assourdissantes sont conçues pour choquer, désorienter et semer la panique, souvent dans des foules denses lors de rassemblements", a-t-elle expliqué. "Certaines peuvent provoquer des pertes d’audition permanentes ainsi que des mutilations irréversibles liées au souffle et aux éclats".

Des milliers de personnes, dont une très grande majorité de mineurs, ont été arrêtées depuis le début des manifestations.

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