L'intersyndicale étudiante et professionnelle appelle jeudi à une nouvelle journée de mobilisation et de grève, mardi 13 octobre. Le gouvernement promet un "plan d'urgence" imminent pour remplacer les enseignants absents.
La France est entrée dans une nouvelle journée de protestations, les lycéens de tout le pays continuant de manifester contre le manque de professeurs, des installations en mauvais état et des classes surchargées.
Les élèves et les syndicats sont descendeus de nouveau dans la rue ce jeudi, estimant que le gouvernement ne les écoute pas, avec un grand rassemblement prévu à Paris dans l'après midi.
Depuis la fin septembre, des élèves bloquent l’accès aux lycées, allument des feux de poubelles et installent des barricades dans le cadre de ce mouvement.
La journaliste d’Euronews présente ce jeudi matin dans le 5e arrondissement de Paris a pu parler avec certains d'entre eux devant le prestigieux lycée Henri-IV.
"Nous sommes venues ici pour montrer notre soutien total aux lycées de banlieue. Ce sont eux qui ont lancé ce mouvement et ils ont été immédiatement réprimés par la police", a expliqué une lycéenne.
Un autre élève d'une filière technologique a déclaré que "Depuis six mois, nous n’avons pas de professeur, il n’y a pas de remplaçant et nous allons passer notre baccalauréat dans cette matière".
"Au lycée, pour être honnête, nos conditions de vie ne sont pas bonnes", a-t-il poursuivi, ajoutant : "Personnellement, je ne trouve pas normal de finir à 17h45, ou plutôt 18h".
Le premier ministre n'a pas calmé la tempête
Sébastien Lecornu, s’est adressé à la nation mercredi soir dans une tentative d’apaiser la crise, promettant que le gouvernement présenterait d’ici la fin octobre un plan pour répondre à la situation et niant que les forces de l’ordre aient été "chargées de s’en prendre aux élèves de lycée".
"Leur rôle est de protéger les biens, mais surtout les personnes ; de veiller au respect de la loi ; et de permettre l’accès aux établissements", a-t-il déclaré.
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a également annoncé jeudi qu’il présenterait un "plan d’urgence" pour faire face aux absences d’enseignants dans les "heures ou jours à venir". Il a aussi reçu les syndicats étudiants dans l'après midi de jeudi.
Les mobilisations ont parfois dégénéré en affrontements violents avec les forces antiémeute, faisant plusieurs blessés graves, dont un adolescent qui a perdu une main après avoir tenté de saisir une grenade.
Les syndicats, des organisations de défense des droits et des élèves accusent les forces de l’ordre de recourir à une force disproportionnée, mais le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, défend la réponse apportée aux protestations et affirme que les autorités vont "continuer à faire ce que nous faisons : maintenir l’ordre et intervenir de manière proportionnée chaque fois que des violences éclatent".
La France a néanmoins décidé de suspendre temporairement l’usage des grenades assourdissantes lors du maintien de l’ordre des manifestations.
Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France, a salué cette décision tout en estimant que des mesures supplémentaires s’imposent.
"Les manifestations ne devraient pas être des champs de bataille. Les grenades assourdissantes sont conçues pour choquer, désorienter et semer la panique, souvent dans des foules denses lors de rassemblements", a-t-elle expliqué. "Certaines peuvent provoquer des pertes d’audition permanentes ainsi que des mutilations irréversibles liées au souffle et aux éclats".
Des milliers de personnes, dont une très grande majorité de mineurs, ont été arrêtées depuis le début des manifestations.