Quelque 140 000 personnes sont appelées à départager cinq prétendants à l'investiture socialiste, dans l'espoir de peser sur l'élection présidentielle française de 2027. Entravé par une cyberattaque, le vote a été prolongé jusqu'à dimanche 18 heures.
Après une première journée perturbée par une cyberattaque qui a ralenti le vote, la primaire du camp social-démocrate français a repris son cour, ont fait savoir les organisateurs.
À midi samedi, 87 841 suffrages avaient été exprimés, soit 62,6 % des 140 282 électeurs inscrits. Vendredi à 19 heures, seuls 20 000 participants avaient pu voter.
Le niveau de participation sera déterminant pour mesurer le succès de cette primaire, organisée entièrement en ligne, et la légitimité dont disposera le candidat désigné dans la course à l'Élysée.
D'autres forces politiques sont déjà bien engagées dans la bataille, notamment l'extrême droite avec Marine Le Pen et la gauche radicale avec Jean-Luc Mélenchon. Non convié à la primaire, ce dernier est néanmoins resté au cœur des débats télévisés qui ont précédé le vote de ce week-end, entre les discussions sur une alliance avec La France insoumise aux législatives suivant la présidentielle et les désaccords sur un éventuel soutien au candidat insoumis au second tour, si le centre gauche n'y accédait pas.
Interrogée par Euronews, Rachel Garrat-Valcarcel, journaliste politique spécialiste de la gauche et autrice de la newsletter "Blocs & Partis", estime qu'un taux de participation d'"au moins 80 %" serait nécessaire pour que la primaire soit considéré comme un succès pour ses organisateurs, le Parti socialiste et Place publique, le parti de l'eurodéputé Raphaël Gluksmann, donné favori.
Mais une forte participation ne suffirait pas, selon elle. Pour "très éventuellement" créer une dynamique, il faudrait que Raphaël Glucksmann l'emporte "très largement dès le premier tour", juge-t-elle.
Cinq candidats en lice
Fort des 14 % obtenus par sa liste aux européennes de 2024, Raphaël Glucksmann affronte dans cette primaire Ségolène Royal, figure socialiste et ancienne candidate à la présidentielle de 2007, Olivier Faure, actuel patron du PS, ainsi que les députés Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, moins connus en dehors des sphères militantes.
Avant qu'une cyberattaque ne vienne perturber le scrutin, plusieurs polémiques avaient déjà secoué la campagne. Le député socialiste Philippe Brun a été exclu de la primaire le 16 septembre, à la suite d'accusations de "violences" sur une ex-collaboratrice.
Les débats ont aussi donné lieu à des passes d'armes, Ségolène Royal allant jusqu'à qualifier Raphaël Glucksmann de "stagiaire en politique".
Le prix fixé à 15 euros pour les non-adhérents du PS et de Place publique, réduit à 10 euros pour les personnes les plus modestes, a également suscité des critiques. Certains commentateurs ont dénoncé un système susceptible de favoriser l'électorat de Raphaël Glucksmann, jugé plus aisé.
Le résultat devait être connu samedi soir, mais le vote a été prolongé jusqu'à dimanche à 18 heures.