Les Français sont désormais 82 % à désapprouver l'action du président de la République. De leur côté, Marine Le Pen et Jordan Bardella semblent pâtir des révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués au président du RN.
Manifestations lycéennes, crise du carburant et débat budgétaire qui s'engage mal à l'Assemblée nationale sans majorité : autant de difficultés pour l'exécutif qui se reflètent dans les sondages.
Sept mois avant la fin de son second mandat, la popularité d'Emmanuel Macron atteint son niveau le plus bas depuis son arrivée à l'Élysée en 2017, selon un nouveau baromètre publié ce week-end.
D'après l'enquête Ipsos BVA-Cesi pour La Tribune Dimanche, seuls 15 % des personnes interrogées ont une opinion favorable du chef de l'État, soit un point de moins qu'un mois plus tôt.
Le désaveu touche davantage le président que son Premier ministre. La popularité de Sébastien Lecornu remonte légèrement, avec deux points de plus en un mois, mais reste faible : 22 % des Français portent un jugement favorable sur son action.
Le pouvoir d'achat reste la première préoccupation des Français, cité par 54 % des répondants, un chiffre stable. L'avenir du système de protection sociale arrive en deuxième position, à 44 % (+4 points), devant le niveau de la dette publique, qui préoccupe 33 % des personnes interrogées (+3 points).
Trois figures de l'extrême droite dans le top 5
Parmi les personnalités politiques susceptibles de succéder à Emmanuel Macron, les dirigeants d'extrême droite Jordan Bardella et Marine Le Pen continuent de dominer le classement, avec respectivement 33 % et 32 % d'opinions favorables.
Leurs scores sont toutefois en recul par rapport au mois précédent : Jordan Bardella perd trois points et Marine Le Pen, quatre.
Cette baisse intervient après les révélations de Mediapart sur des messages antisémites et complotistes attribués à Jordan Bardella, publiés depuis un ancien compte Facebook. Des accusations rejetées par le président du Rassemblement national.
L'enquête en ligne a été menée les 7 et 8 octobre auprès de 1 000 adultes, quelques jours après la publication, le 28 septembre, du premier article de Mediapart sur cette affaire.
Derrière Bardella et Le Pen, l'ex-Premier ministre Édouard Philippe occupe la troisième place, avec 20 % de satisfaits, en hausse d'un point.
Sarah Knafo, figure de Reconquête, le parti nationaliste d'Éric Zemmour, et François Hollande, ancien président socialiste, complètent le top 5. Tous deux recueillent 18 % d'opinions favorables. Ni l'une ni l'autre n'a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle.
Jean-Luc Mélenchon, candidat de la gauche radicale suit, avec 17 % d'opinions favorables, à égalité avec le centriste Gabriel Attal et le président des Républicains, Bruno Retailleau.
Le leader insoumis se distingue toutefois par un niveau de rejet particulièrement élevé : selon cette étude, 69 % des Français seraient mécontents s'il accédait à l'Élysée.