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Mondial de l'Auto : Macron plaide pour la préférence européenne face à la Chine

Emmanuel Macron lors de sa visite au Mondial de l'automobile 2024.
Emmanuel Macron lors de sa visite au Mondial de l'automobile 2024. -  Tous droits réservés  Ludovic Marin, Pool via AP
Tous droits réservés Ludovic Marin, Pool via AP
Par Alexander Kazakevich
Publié le
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Le président français inaugurera lundi son dernier Mondial de l'automobile, avec la volonté de faire avancer sa ligne "Made in Europe" : conditionner les aides publiques à ce secteur stratégique à des exigences de production "réelle" au sein de l'UE.

Emmanuel Macron fait ses adieux au Mondial de l'automobile. Le président de la République se rend ce lundi au salon parisien, un rendez-vous biennal qu'il n'a jamais manqué, pour sa dernière visite en tant que chef de l'État. L'occasion pour celui qui déclarait en 2023 "adorer" la "bagnole" de dresser le bilan de son action pour cette filière stratégique.

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À l'Élysée, on assure que l'automobile est "au cœur" de l'industrie française, avec 400 000 emplois directs sur le territoire. La présidence met notamment en avant la montée en puissance de la production de véhicules électriques et l'émergence d'une filière nationale de batteries.

Avant 2017, la production de voitures électriques en France restait confidentielle et reposait presque entièrement sur un seul modèle phare : la Renault Zoé. Au début du mandat d'Emmanuel Macron, rappelle une source présidentielle, le pays ne disposait d'"aucune usine de batteries, évidemment".

Électrification et "Made in France"

Depuis, la production a décollé, mais elle reste insuffisante pour répondre à la demande intérieure. En 2025, selon l'Insee, 331 000 voitures particulières électriques neuves ont été immatriculées en France, contre 216 000 produites dans les usines françaises.

Mais six voitures électriques sur dix fabriquées en France sont exportées, notamment vers le Royaume-Uni et d'autres marchés européens. Au final, seuls 26 % des véhicules électriques neufs achetés en France sont fabriqués sur le territoire national. Les constructeurs doivent donc largement s'appuyer sur les importations pour approvisionner le marché tricolore.

La France reste ainsi loin de l'objectif fixé par le gouvernement de produire deux millions de véhicules électriques par an d'ici à 2030. L'Élysée souligne néanmoins des progrès de l'électrification du parc automobile et salue l'implantation de quatre usines de batteries dans le nord du pays.

Comme à chaque édition, le déplacement présidentiel au salon sera précédé, dimanche soir, d'un dîner à l'Élysée réunissant des représentants de la filière automobile, a confirmé la présidence. Une soixantaine d'acteurs sont attendus, parmi lesquels des constructeurs, des équipementiers, des fabricants de batteries ainsi que des entreprises spécialisées dans les terres rares, françaises et européennes.

La présidence précise qu'aucun patron de marque ni exposant chinois ne participera au dîner. En revanche, le salon accueillera bien de nombreux constructeurs chinois.

Le lendemain, Emmanuel Macron déambulera dans les allées du Mondial, avec des arrêts prévus sur les stands de Stellantis, de Renault ou encore de l'équipementier Valeo. La visite s'achèvera par une table ronde consacrée à la voiture autonome.

Une préférence européenne stricte

Alors que la Chine dispose d'une capacité d'exportation de 55 millions de véhicules toutes catégories confondues, contre 12 millions pour l'Europe, Paris souhaite que l'UE "soutienne enfin ce qu'elle produit" face à la déferlante qui arrive.

S'agissant des voitures électriques, la France plaide pour que les aides publiques européennes profitent davantage aux véhicules produits au sein des 27 États membres. L'objectif : instaurer une préférence européenne "réelle", qui couvre toute la chaîne de valeur, des batteries aux pièces détachées.

Même si Paris reste ouvert aux investissements chinois en Europe "de qualité", avec notamment des transferts de technologie, la France entend éviter la création d'"usines tournevis", où seul "le dernier boulon est assemblé en Europe", tandis que tous les autres composants sont fabriqués ailleurs.

Une position que Paris a besoin d'aligner avec Berlin, ce qui "n'est pas simple", car la France et l'Allemagne ont des modèles "très différents", souligne l'Élysée.

"L'Allemagne est un pays qui exporte beaucoup plus de véhicules que la France, donc les intérêts forcément ne sont pas totalement les mêmes", indique une source à la présidence de la République.

Dans les faits, Berlin craint des représailles contre ses propres constructeurs, très dépendants des clients chinois, si l'accès au marché européen venait à se restreindre pour Pékin, que ce soit en raison d'une préférence européenne stricte ou de critères environnementaux.

Négociations toujours en cours avec l'Allemagne

Le quotidien économique et financier allemand Handelsblatt a rapporté ce mercredi qu'un accord aurait été trouvé entre la France et l'Allemagne : Paris accepterait d'assouplir davantage l'objectif européen de réduction des émissions de CO2 des voitures neuves à l'horizon 2035, en le ramenant de 90 %, comme le propose la Commission européenne, à 80 % par rapport à 2021. En contrepartie, Berlin soutiendrait des règles "Made in Europe" plus strictes.

Des informations démenties par l'Élysée en amont du Mondial de l'automobile : "Il n'y a pas d'accord", mais des "discussions" sont bien en cours autour de la préférence européenne.

Après une journée réservée à la presse, avec la visite du président, le Mondial de l'automobile, l'un des plus anciens et des plus fréquentés au monde, ouvrira ses portes au public du 13 au 18 octobre au Parc des expositions de la porte de Versailles.

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