Une attaque attribuée aux Houthis, qui a fait 12 morts et plus de 300 blessés, suscite les condamnations de l'ONU et de l'UE, tandis que Washington envisage de se joindre aux frappes saoudiennes.
L'aéroport international de Riyad est resté fermé dimanche, au lendemain d'une attaque qui a fait 12 morts. Le président américain Donald Trump a déclaré que Washington pourrait participer aux frappes menées par l'Arabie saoudite contre les Houthis au Yémen.
Interrogé samedi sur une éventuelle participation des États-Unis, Trump a déclaré aux journalistes : "Nous pourrions le faire. Nous allons examiner la question." Il n'a toutefois annoncé aucune décision concernant une éventuelle intervention américaine.
Il a ensuite affirmé que l'Arabie saoudite était en mesure de se défendre contre les Houthis et a qualifié l'attaque contre l'aéroport Roi-Khaled de "terrible".
La coalition menée par l'Arabie saoudite a attribué l'attaque contre l'aéroport international aux rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, et a promis une "réponse décisive". Les autorités saoudiennes de l'aviation ont indiqué que 309 personnes avaient été blessées, certaines grièvement. Quatre Saoudiens et huit ressortissants étrangers, dont un citoyen américain, ont été tués. Selon le Quai d'Orsay, une Française figure parmi les blessés.
Dimanche, les Houthis ont de nouveau appelé les compagnies aériennes, le personnel aéroportuaire et les voyageurs à éviter les aéroports saoudiens, affirmant que ces infrastructures restaient vulnérables aux attaques.
Dans un incident distinct, la coalition a indiqué qu'un projectile était tombé samedi à proximité de l'aéroport international Roi-Fahd, à Dammam.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié dimanche cette frappe de "escalade dangereuse" et exprimé sa solidarité avec l'Arabie saoudite.
"Ces attaques menées par les supplétifs de l'Iran plongent la région dans une spirale de violence", a-t-elle déclaré, en mettant en garde contre la menace qui pèse sur les transports internationaux et les infrastructures énergétiques.
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a lui aussi condamné l'attaque.
"Les attaques contre des civils et des infrastructures civiles constituent une violation du droit international. Ces attaques doivent cesser immédiatement", a-t-il déclaré dans un communiqué publié samedi.
Le Qatar a condamné la frappe, la qualifiant de violation de la souveraineté saoudienne et de menace pour les civils et la sécurité de l'aviation.
L'envoyé de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a averti dimanche que ces attaques menaçaient la sécurité régionale et compliquaient encore les efforts pour instaurer la paix au Yémen.
Les compagnies aériennes prolongent les annulations de vols vers Riyad
Le service de suivi des vols Flightradar24 a indiqué que la fermeture de l'aéroport avait été prolongée jusqu'à minuit, heure locale, dans la nuit de dimanche à lundi. Les autorités de saoudiennes l'aviation n'avaient pas confirmé la reprise des vols.
Une source aéronautique de haut rang a déclaré à l'AFP que les opérateurs avaient été informés à l'aube que les vols resteraient suspendus. Une deuxième source aéronautique a indiqué que les radars et les équipements de communication avaient été endommagés et que les pistes devaient être inspectées.
Etihad Airways a annulé dimanche six vols entre Abou Dhabi et Riyad, ainsi qu'une rotation supplémentaire lundi. L'administration de l'aéroport a exhorté les passagers à vérifier auprès de leur compagnie aérienne avant de s'y rendre.
Emirates a également annulé ses vols vers Riyad dimanche et lundi, a rapporté The National.
Le groupe Lufthansa avait déjà suspendu ses vols vers Riyad jusqu'au 16 octobre après des frappes survenues plus tôt dans la semaine.
SriLankan Airlines a suspendu ses vols à destination de Riyad jusqu'au 18 octobre, invoquant l'incident de sécurité et les évaluations de sûreté en cours.
L'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne a étendu vendredi son avertissement à une plus grande partie de l'espace aérien saoudien, évoquant les risques encourus par l'aviation civile en raison des tirs de missiles et de drones, de l'activité des systèmes de défense aérienne et de la chute de débris.
Les perturbations ont également touché les écoles de la capitale saoudienne. Un courriel envoyé dimanche aux parents, consulté par l'AFP, indiquait que les établissements basculeraient vers l'enseignement à distance pour la semaine, conformément aux instructions du ministère de l'éducation.
C'était la deuxième fois en moins d'un mois que les écoles de Riyad étaient contraintes de basculer vers l'enseignement à distance.