Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont approuvé une mission civile-militaire pour former les forces armées libanaises. Elle ne remplacera pas la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dont le mandat s'achève en décembre. Effectifs et pays participants restent à préciser.
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont approuvé lundi la création d'une nouvelle mission civile et militaire au Liban pour renforcer les forces de sécurité du pays, alors que l'Organisation des Nations unies (ONU) prépare la fin de sa longue opération de maintien de la paix sur place.
Cette mission, qui pourrait être déployée d'ici quelques mois, se concentrera sur la sécurité des frontières et la sécurité maritime, les opérations de lutte contre les drones et la formation des forces de sécurité libanaises. Son mandat précis, ses effectifs et sa chaîne de commandement restent à définir.
Pas de déploiement au sud-Liban
Contrairement à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont le mandat expire à la fin de 2026, la mission de l'UE ne sera pas déployée dans le sud du pays, où Israël poursuit sa campagne militaire contre le mouvement Hezbollah, soutenu par l'Iran.
"Nous allons mettre en place une nouvelle mission au Liban. Elle a un pilier civil et un pilier militaire", a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, avant le Conseil des affaires étrangères à Luxembourg lundi.
"Nous espérons que cette mission sera opérationnelle sur le terrain déjà d'ici quelques mois. J'étais justement au Liban la semaine dernière. Cette initiative est vivement saluée par les autorités locales", a-t-elle ajouté.
Cette décision intervient alors que le Liban fait face à un avenir sécuritaire incertain, en raison du retrait programmé de la FINUL, qui joue le rôle de tampon entre Israël et le Liban. Le président libanais Joseph Aoun demande que le mandat de l'opération de l'ONU soit prolongé.
Israël critique depuis longtemps la FINUL, jugée inefficace pour contenir le Hezbollah, tandis que les États-Unis ont eux aussi remis en cause son rôle, lui préférant un dispositif de sécurité direct entre Israël et le Liban.
Les responsables européens assurent que la nouvelle mission n'a pas vocation à remplacer la FINUL, mais à renforcer les capacités propres du Liban en matière de sécurité.
"Elle aura plusieurs tâches à accomplir sur une période pouvant aller jusqu'à trois ans : renforcer la sécurité des frontières, assurer la sécurité maritime et lutter contre les drones. Dans sa composante militaire comme dans sa composante civile, la mission soutiendra la police libanaise dans ses fonctions quotidiennes", a expliqué le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
150 personnels européens déployés, contre 7 500 Casques bleus auparavant
La mission devrait s'inscrire dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l'Union européenne, avec un mandat initial pouvant aller jusqu'à trois ans, renouvelable. Les contributions en personnel et en équipements des États membres seront volontaires.
Bruxelles envisage de déployer environ 150 personnes, soit une fraction des quelque 7 500 soldats de la paix actuellement engagés au sein de la FINUL.
On ne sait pas encore quels pays y prendront part, même si plusieurs contributeurs actuels de la FINUL — notamment l'Italie, la France, l'Espagne, l'Irlande, l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande et la Pologne — ont fait savoir qu'ils souhaitaient maintenir une présence au Liban.
La structure de commandement reste aussi à trancher. L'une des options envisagées prévoit une direction tournante entre l'Italie, la France et l'Espagne.
En juin, le président français Emmanuel Macron et la Première ministre italienne Giorgia Meloni ont annoncé que leurs pays dirigeraient conjointement une coalition internationale pour soutenir le Liban après le retrait de la FINUL. On ne sait pas encore si cette initiative restera distincte ou si elle sera intégrée à la mission de l'UE.
L'Irlande, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, a également indiqué son intention de participer.
Dublin se dit prête à contribuer à la composante civile, même si une participation à la mission militaire pourrait être compliquée par les réformes en cours du cadre juridique encadrant les déploiements de soldats irlandais à l'étranger.
"Nous sommes présents là-bas depuis des décennies. Nous avons contribué à soutenir la région, à soutenir les forces armées libanaises, mais surtout la population civile, et ce depuis de nombreuses années. Je ne voudrais pas que cela soit perdu", a déclaré la ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee.