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L'UE avance sur l'adhésion de l'Ukraine, Budapest lève son veto

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy salue le Premier ministre hongrois Peter Magyar, aux côtés du président du Conseil européen Antonio Costa, lors d'une table ronde
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, à droite, salue le Premier ministre hongrois Peter Magyar, au centre, aux côtés du président du Conseil européen Antonio Costa. -  Tous droits réservés  AP Photo
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Par Sandor Zsiros & Sasha Vakulina
Publié le
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Les gouvernements de l'UE ont convenu d'ouvrir deux nouveaux chapitres d'adhésion avec l'Ukraine après la levée du veto de la Hongrie, liée à un accord sur les droits de la minorité hongroise. Zelensky et Magyar pourraient se rencontrer à Bruxelles cette semaine.

Le Conseil de l'Union européenne a approuvé l'ouverture de deux nouveaux volets d'adhésion avec l'Ukraine après que la Hongrie a levé son veto, portant à quatre sur six le nombre total de volets désormais ouverts.

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Cette décision intervient après un accord sur les droits de la minorité ethnique hongroise en Ukraine, une revendication de longue date de Budapest.

Cette avancée, combinée à l'ouverture de deux nouveaux volets d'adhésion, pourrait ouvrir la voie à une première rencontre bilatérale entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre hongrois Péter Magyar, à Bruxelles cette semaine, et marquer un possible tournant dans les relations entre les deux pays.

Des diplomates hongrois et ukrainiens s'emploient à organiser cette rencontre, qui pourrait se tenir en marge du sommet de l'UE, ont indiqué des sources à Euronews. Aucun calendrier n'a toutefois été arrêté et la réunion n'a pas encore été officiellement confirmée.

Péter Magyar a également évoqué la possibilité de rencontrer Volodymyr Zelensky lors d'une interview accordée aux médias le week-end dernier.

La Hongrie dénonce les lois ukrainiennes sur l'éducation et la langue depuis leur adoption en 2015 et 2017, respectivement, estimant qu'elles restreignent l'utilisation des langues des minorités dans les écoles. Ce différend a provoqué des tensions diplomatiques à répétition, Budapest sous la direction de Viktor Orbán ayant bloqué les progrès de l'adhésion de l'Ukraine à l'UE.

Depuis la victoire électorale de Péter Magyar en avril, le nouveau gouvernement hongrois a adopté une approche plus pragmatique, en cherchant des garanties concrètes pour la minorité hongroise tout en affichant sa volonté de laisser avancer l'intégration européenne de l'Ukraine.

En juin, Budapest a accepté d'ouvrir les deux premiers volets d'adhésion, mais a conditionné tout progrès supplémentaire au renforcement par Kyiv des protections juridiques pour la minorité hongroise d'Ukraine.

À l'issue d'entretiens avec la ministre hongroise des Affaires étrangères Anita Orbán à Luxembourg lundi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a indiqué que les deux parties s'étaient mises d'accord sur les prochaines étapes et a salué les progrès réalisés dans la mise en œuvre de leurs engagements bilatéraux.

Ce que change la nouvelle loi sur les minorités

L'une des dispositions clés instaure un statut juridique spécial pour les établissements où plus de la moitié des élèves sont scolarisés dans une langue minoritaire qui est aussi une langue officielle de l'UE. Les écoles qui remplissaient ces critères lors de l'entrée en vigueur de la loi pourront conserver ce statut tant qu'au moins 20 % de leurs élèves continueront à étudier dans cette langue.

La loi élargit aussi l'utilisation des langues minoritaires éligibles dans les activités et la communication scolaires et introduit des garanties pour l'enseignement dans la langue maternelle lorsque des établissements sont réorganisés ou fermés.

Les élèves scolarisés dans des langues minoritaires ou autochtones éligibles pourront également demander que les questions des examens externes soient traduites, à l'exception des épreuves de langue et de littérature.

Point crucial pour Kyiv, l'ukrainien reste la langue de l'enseignement public. Les nouvelles dispositions renforcent l'enseignement dans les langues des minorités sans remettre en cause la politique plus large de promotion de la langue d'État en Ukraine.

Ces changements s'appuient sur les réformes introduites en 2023, en étendant les protections aux minorités dont les langues sont des langues officielles de l'UE. Le russe reste exclu du champ de ces nouvelles garanties.

Au-delà des négociations d'adhésion

L'ouverture des deux prochains volets constitue une étape supplémentaire dans le long processus d'adhésion de l'Ukraine, mais ne garantit pas son entrée dans l'Union. Kyiv doit encore mener de vastes réformes, et la clôture de chaque volet va nécessiter l'accord unanime des États membres de l'UE.

Même si les objections de la Hongrie semblent avoir été levées, d'autres pays de l'UE pourraient encore entraver les progrès.

L'agriculture devrait être l'un des dossiers les plus sensibles des négociations d'adhésion de l'Ukraine. Certains États membres craignent que l'intégration du vaste secteur agricole ukrainien à la Politique agricole commune de l'UE (PAC) ne mette sous pression les agriculteurs européens, les subventions et la concurrence sur les marchés.

Pour l'heure, l'accord conclu entre Kyiv et Budapest représente une avancée diplomatique majeure et met fin à une querelle de longue date entre les deux voisins.

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