Lancée sur les réseaux sociaux début septembre, la mobilisation bénéficie du soutien de plusieurs syndicats, partis politiques et organisations de jeunesse. Des centaines d'actions sont annoncées partout en France.
À la veille d'une journée de mobilisation nationale contre la vie chère, samedi 17 octobre, les appels à ressortir les gilets jaunes se multiplient partout en France. Lancé sur les réseaux sociaux début septembre, le mouvement gagne du terrain, dans un contexte de hausse des prix des carburants, de l'énergie et de l'alimentation, mais aussi de contestation du projet de budget du gouvernement.
Initialement portée par les Gilets jaunes, l'initiative a progressivement rallié plusieurs organisations syndicales et politiques, ainsi que des organisations étudiantes et lycéennes.
Les revendications dépassent la seule question du pouvoir d'achat et portent également sur le manque de moyens dans l'éducation et la santé, les violences policières, l'inaction face au changement climatique et la participation des citoyens aux décisions politiques.
Plus de 1 300 actions recensées sur la carte collaborative de la journée d'action
L'ampleur réelle de la mobilisation reste toutefois difficile à mesurer. Une carte collaborative consacrée à cette journée d'action, soutenue par plusieurs collectifs issus des Gilets jaunes et du mouvement Bloquons tout recense plus de 1 300 actions, dont plus de 600 manifestations, tandis que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état de 250 actions et 80 manifestations attendues dans toute la France, vendredi matin sur France 2.
Syndicats, partis politiques et organisations de jeunesse mobilisés
Plusieurs organisations ont annoncé leur participation à cette journée d'action, parmi lesquelles la CGT, Solidaires, les organisateurs des marches pour le climat et l'intersyndicale des VTC. La Confédération paysanne a également appelé à se mobiliser, contrairement à la FNSEA.
La France insoumise et le Parti communiste français se sont également joints à l'appel, tout comme plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, dont l'Union syndicale lycéenne, l'Union étudiante et la Fédération des associations générales étudiantes.
Vendredi, sur France Inter, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a estimé que cette mobilisation "montre l'ampleur de la colère" dans le pays. Dénonçant la dégradation du pouvoir d'achat, elle a appelé le gouvernement à prendre l'argent "dans les poches des milliardaires, des rentiers, des plus grandes entreprises".
Des manifestations prévues dans toute la France
Des manifestations sont prévues dans toutes les grandes villes de France notamment à Paris, Lyon, Nantes, Rennes, Grenoble et Toulouse. Des actions pourraient également se tenir sur les ronds-points, aux abords des stations-service et devant les supermarchés, renouant ainsi avec les méthodes de mobilisation des Gilets jaunes en 2018 et 2019.
À Paris, Sophie Tissier, l'une des figures du mouvement, a déposé une déclaration de manifestation auprès de la préfecture de police pour un rassemblement prévu de 10 heures à 19 heures sur les Champs-Élysées et la place de l'Étoile. Les autorités n'ont pas encore fait connaître leur décision.
L'Union étudiante a, de son côté, appelé sur X à un rassemblement samedi à 14 heures, place de la République.
Invoquant des risques de troubles à l'ordre public, la préfecture de police a par ailleurs refusé les itinéraires initialement déclarés pour deux manifestations, l'une organisée par la coordination Interfac IDF, l'autre par des Gilets jaunes rejoints par des syndicats. Elle a proposé des parcours alternatifs, notamment entre la place de la République et celle de la Nation, sans parvenir à un accord avec les organisateurs.
Un dispositif de sécurité renforcé
Le ministère de l'Intérieur prépare un important dispositif de maintien de l'ordre, avec une vigilance renforcée dans les grandes villes, où les autorités redoutent notamment la présence de groupes issus des black blocs.
Laurent Nuñez, qui a réuni jeudi les responsables des forces de sécurité, a prévenu que toute violence ou tentative de blocage durable ferait l'objet d'une intervention "ferme et immédiate".
Le ministre a également annoncé vendredi sur France 2 que l'usage des grenades assourdissantes, suspendu après qu'un lycéen a eu une main arrachée à Lens, pourrait être de nouveau autorisé "s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves".
Le nombre de policiers et de gendarmes mobilisés samedi n'a pas encore été communiqué.