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"Un message à nos amis américains" : l'ambassadeur français prend son poste après une brouille avec Washington

Le diplomate français Aurélien Lechevallier assiste à l'événement "Destination France", à Chantilly, le 11 avril 2024.
Le diplomate français Aurélien Lechevallier assiste à l'événement "Destination France", à Chantilly, le 11 avril 2024. -  Tous droits réservés  Ludovic Marin, POOL via AP
Tous droits réservés Ludovic Marin, POOL via AP
Par Alexander Kazakevich
Publié le
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Fin d'une crise inédite entre alliés : Aurélien Lechevallier, le nouvel ambassadeur de France aux États-Unis, a entamé sa mission après des semaines de blocage diplomatique. En cause, un différend entre Paris et Washington autour d'un vote à l'ONU.

C'est un des postes les plus convoités de la diplomatie française. Nommé ambassadeur de France aux États-Unis en juillet dernier, Aurélien Lechevallier a finalement pris ses fonctions cette semaine, après un bras de fer diplomatique entre Paris et Washington, a annoncé l'ambassade de France.

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Dans un premier message vidéo publié jeudi sur X, en français, Aurélien Lechevallier s'est dit "honoré de représenter la France aux États-Unis et de continuer à faire vivre la relation franco-américaine". Le diplomate a rappelé que celle-ci reposait avant tout sur des "femmes et des hommes" déterminés à préserver les "liens indéfectibles" entre les deux pays.

"Notre alliance s'inscrit dans une longue histoire. Elle reste également vivante et dynamique grâce aux créateurs et aux pionniers américains et français'', a-t-il ajouté dans une seconde vidéo, en anglais, adressée aux "amis américains" de la France, parmi lesquels "des étudiants, des chercheurs, des entrepreneurs et des artistes".

L'ambassade de France a précisé qu'Aurélien Lechevallier, ancien directeur de cabinet du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, avait remis mardi une copie de ses lettres de créance à Monica Crowley, cheffe du protocole des États-Unis, "marquant ainsi le début de sa mission sur le sol américain".

Proche d'Emmanuel Macron, dont il a été le camarade de promotion à la prestigieuse École nationale d'administration (ENA), il était appelé à succéder à Laurent Bili. Mais il a dû attendre le 15 septembre pour obtenir son agrément, normalement une simple formalité entre alliés.

La procédure était restée en suspens après la publication, le 24 juillet, d'un message de la France critiquant un vote américain à l'Assemblée générale des Nations unies contre le renouvellement, pour quatre ans, du mandat de Volker Türk à la tête du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, souvent critique de Donald Trump.

"Les États-Unis étaient autrefois un phare en matière de droits de l'homme. Ce n'est plus le cas", avait écrit la mission française dans un message publié sur X, pointant le fait que Washington avait voté contre, aux côtés notamment de la Corée du Nord, de la Russie et du Nicaragua.

Un mea culpa et un satisfecit

Ce tweet, qui n'a jamais été supprimé, a provoqué la colère de Washington. Quelques jours plus tard, le représentant américain a quitté une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU au moment où son homologue français prenait la parole, en signe de protestation contre les commentaires jugés "hypocrites" de la France.

Il aura fallu attendre le 11 septembre, pour que Paris rétropédale. Dans un communiqué publié uniquement en anglais sur le site de la mission française à Genève, et qui n'a pas été relayé sur X, la diplomatie française a exprimé ses "regrets".

"Des désaccords publics sur un vote ne font pas obstacle à un dialogue étroit avec les États-Unis et ne remettent en cause ni notre alliance historique, ni notre capacité à travailler ensemble pour faire progresser la paix, la stabilité et la prospérité, notamment dans les enceintes multilatérales", indique le texte.

Ce mea culpa a été bien accueilli par Washington et a permis de débloquer l'agrément d'Aurélien Lechevallier.

En plus de son ambassade à Washington, la France dispose de dix consulats généraux aux États-Unis. Près de 160 000 Français y étaient inscrits au Registre des Français établis hors de France, faisant des États-Unis la deuxième destination des expatriés français, derrière la Suisse et devant le Royaume-Uni, la Belgique et le Canada, selon les données du Quai d'Orsay.

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