Un porte-parole du gouvernement a déclaré que la Jordanie avait "évité" les sites civils et regrettait les "victimes involontaires", en soulignant le "profond respect" du pays pour l'État et le peuple syrien.
La Jordanie a annoncé, ce mardi 27 octobre, que des frappes aériennes en Syrie avaient tué une vingtaine de combattants du groupe État islamique (EI), tout en reconnaissant qu'elles avaient également fait plusieurs victimes civiles après les accusations portées par la Défense civile syrienne.
Les forces armées jordaniennes ont lancé lundi soir une série de frappes contre le sud de la Syrie, visant ce qu'elles présentaient comme "des repaires d'organisations terroristes".
"Les avions de chasse de la Royal Jordanian Air Force (RJAF) ont détruit plusieurs positions terroristes, tuant et blessant plusieurs combattants et détruisant leur matériel", a indiqué l'armée dans un communiqué, ajoutant que l'opération avait été menée "en représailles" à une récente attaque contre une église grecque orthodoxe à Karak, qui aurait fait neuf morts.
"Menaces terroristes imminentes"
Le porte-parole du gouvernement, Mohammad Al-Momani, a déclaré que l'opération avait entraîné la mort de plus de 20 membres de l'EI, ainsi que la destruction d'un dépôt d'armes "important". Il a précisé que les frappes avaient été menées sur la base de renseignements faisant état de "menaces terroristes imminentes".
Il a ajouté que la Jordanie avait "évité" les sites civils et qu'elle regrettait les "victimes collatérales", tout en soulignant que le pays avait un "profond respect" pour l'État et le peuple syriens.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a, lui, condamné ces frappes, les qualifiant de "violation inacceptable et atteinte à l'espace aérien syrien, sans aucune coordination préalable".
L'agence syrienne de défense civile fixe le bilan à sept morts.
Dans le gouvernorat de Daraa, une frappe aérienne a tué cinq personnes d'une même famille, trois enfants, une femme et un homme, a indiqué l'agence dans un message publié sur les réseaux sociaux. "Nous dormions lorsque le missile nous a frappés. Ma mère, mon grand frère et ses trois enfants, deux garçons et une fille, ont été tués", a raconté Nassouh al-Salim dans le village d'Al-Taf, dans la région de Daraa.
Une personne de 80 ans a également été tuée dans des frappes sur Daraa, tandis qu'une personne de 60 ans a été tuée dans le gouvernorat de Suwayda, a-t-elle ajouté.
Amman et Damas ont maintenu des relations bilatérales étroites après la chute de la dynastie Assad, en décembre 2024, et l’arrivée au pouvoir du gouvernement dirigé par des islamistes du président de transition Ahmad al-Chareh.