La collision entre deux trains à grande vitesse ont fait au moins 69 morts et près de 200 blessés. La Croix-Rouge apporte un soutien psychologique aux proches dans l'attente de nouvelles.
Au lendemain du nouveau drame ferroviaire près d'Urda, au sud de Madrid, survenu ce mercredi 28 octobre, les services d'urgence ont poursuivi leurs opérations de recherche dans l'espoir de secourir de possibles survivants. Tandis que l'Unité militaire d'urgence (UME) travaillait à localiser et à évacuer les personnes touchées, la Croix-Rouge accompagnait les familles qui attendaient des nouvelles de leurs proches.
"L'essentiel dans ce cas est d'offrir à chaque personne un moment d'aide, un moment d'expression, de soutien, d'affection, un moment où la personne se sente entourée", explique Jesús Rodríguez, coordinateur régional de la Croix-Rouge de Castille-La Manche, depuis l'école publique San Cristo d'Urda, où les familles des victimes se sont rassemblées dans l'attente de nouvelles de leurs proches. "Parfois parler, parfois ne pas parler, parfois ce n'est simplement qu'un silence. Parfois, c'est lui offrir un café ou rester auprès de la personne pour l'accompagner dans ce moment."
L'accident ferroviaire, survenu à 8 h 54 près de la gare d'Urda, a fait au moins 69 morts et 179 blessés, dont 18 dans un état très grave, selon le gouvernement régional. Plus de 500 personnes voyageaient à bord des deux trains à grande vitesse impliqués, un AVE de Renfe et un convoi d'Iryo qui circulaient sur la ligne entre Madrid et l'Andalousie.
La Garde civile a déployé des centaines d'agents de différentes spécialités, dont des équipes de criminalistique spécialisées dans les grandes catastrophes, dont le travail est essentiel pour identifier les victimes.
Auprès d'Euronews, le porte-parole du corps, Ramón Cuevas, a demandé aux familles sans nouvelles de leurs proches de déposer une plainte pour disparition. "La priorité principale dans ce type de catastrophes est la localisation des victimes. Une fois que nous les avons localisées, l'étape suivante, et plus nous la réalisons tôt, mieux c'est pour tout le monde, c'est l'identification", a-t-il expliqué, depuis le centre de commandement.
Un soutien émotionnel indispensable
La Croix-Rouge a mobilisé environ 150 personnes venant de différentes provinces de Castille-La Manche pour prendre en charge les personnes touchées. Jesús Rodríguez a expliqué que ses équipes ont aidé les voyageurs à regagner leurs lieux d'origine ou à contacter des proches susceptibles de venir les chercher. Puis, ils ont pu se concentrer sur l'identification et l'accompagnement émotionnel et le soutien aux proches des victimes.
L'école aménagée en centre d'accueil pour les familles a reçu, tout au long de la journée, de nombreuses personnes qui attendaient des informations sur leurs proches. Jesús Rodríguez reconnaît qu'il n'a pas pu comptabiliser le nombre total de familles prises en charge, même s'il rappelle qu'en milieu de matinée, ses collègues évoquaient déjà entre 150 et 200 personnes. La difficulté à connaître la situation de chaque passager a accentué l'incertitude pendant l'attente.
"Le problème qu'ils ont, c'est qu'il n'est pas facile de leur fournir des informations exactes sur leurs proches", a souligné le coordinateur de la Croix-Rouge. "C'est la partie la plus complexe dans ce moment d'attente et d'angoisse", a-t-il ajouté, en référence au temps qui s'écoule jusqu'à la confirmation du sort des voyageurs.
Le responsable de la Croix-Rouge souligne aussi le soulagement que représente la réception de nouvelles positives concernant des personnes retrouvées vivantes, tout en insistant sur le fait que chaque famille affronte la situation à sa manière. L'organisation reste à la disposition des autorités pour poursuivre l'assistance là où elle est nécessaire, tandis que se décide la manière dont le dispositif évoluera au cours des prochaines heures.
Le lieutenant-colonel Alfonso Arribas, chef du Premier bataillon d'intervention en situations d'urgence, explique que l'Unité militaire d'urgence (UME) s'est déployée dans la zone pour participer à l'évacuation et à la stabilisation des blessés, ainsi qu'aux opérations de triage. L'unité apporte aussi son soutien à l'Institut de médecine légale pour le dépôt temporaire des corps et la réalisation des autopsies.
"Depuis notre arrivée, nous avons mis en œuvre nos capacités pour la prise en charge des blessés et leur transfert vers les hôpitaux. Nous avons également participé à la recherche et à l'évacuation des victimes qui restaient dans la zone", a raconté le capitaine Clemente Cidoncha, chef de la compagnie du génie du Premier bataillon d'intervention de l'UME.
"En outre, se sont déplacées des grues de gros tonnage afin de soulever les wagons et de confirmer définitivement la présence éventuelle de personnes décédées sous ces voitures", a également détaillé Alfonso Arribas.
De la recherche à l'identification
Pour sa part, Ramón Cuevas a rappelé que la collaboration des familles est essentielle pour accélérer l'identification des victimes. Dans les points mis en place à Madrid, Tolède, Séville et Cordoue, des plaintes et des prélèvements d'ADN sont recueillis, ainsi que des informations sur d'éventuels tatouages, cicatrices, opérations ou autres caractéristiques physiques pouvant aider les spécialistes.
Le porte-parole de la Garde civile demande également que l'aide des citoyens soit canalisée par les voies officielles et que personne ne se rende sur le lieu de l'accident. "Nous avons besoin que les voies d'évacuation de cette zone restent libres", a-t-il averti.
Alors que les engins de chantier travaillent parmi les débris des convois et que les équipes d'urgence poursuivent la recherche de possibles victimes, le soutien aux familles reste l'une des priorités du dispositif déployé à Urda.