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Ukraine : Arseniy Iatseniouk exclut une trêve plus large après le cessez-le-feu humanitaire à Olechky

Arsenii Yatseniuk, ancien Premier ministre ukrainien
Arsenii Yatseniuk, ancien Premier ministre ukrainien -  Tous droits réservés  Euronews
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Par Sasha Vakulina
Publié le
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L'ancien Premier ministre ukrainien estime que le cessez-le-feu humanitaire conclu à Olechky, ville occupée par la Russie, ne constitue pas une avancée vers la paix. Dans un entretien accordé à Euronews, il accuse Moscou d'instrumentaliser cette opération pour s'attirer les faveurs de Washington.

Selon Arseniy Iatseniouk, la perspective d'un rare cessez-le-feu humanitaire à Olechky, ville ukrainienne du sud de la région de Kherson occupée par la Russie, ne constitue pas une ouverture à une trêve plus large entre l'Ukraine et la Russie. L'ancien Premier ministre ukrainien accuse Moscou d'instrumentaliser cette opération pour gagner les faveurs de la Maison Blanche.

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Les déclarations d'Arseniy Iatseniouk interviennent alors que l'Ukraine et la Russie se préparent à acheminer une aide humanitaire et à évacuer des civils d'Olechky.

L'opération fait suite à un cessez-le-feu localisé de six jours conclu avec la participation de la Première dame des États-Unis, Melania Trump.

Des responsables ukrainiens et russes ont confirmé jeudi que le déminage des routes d'évacuation était terminé et qu'un convoi humanitaire était prêt à partir.

Les évacuations devaient avoir lieu jusqu'à 14 heures, heure locale, vendredi, la distribution de l'aide étant prévue ensuite.

De sérieuses questions subsistent toutefois sur le sort des civils souhaitant partir, en particulier ceux qui veulent revenir sur le territoire contrôlé par l'Ukraine par une route passant par la Crimée occupée, la Russie et le Bélarus.

Arseniy Iatseniouk a accusé Moscou de traiter les habitants restants comme des otages et d'utiliser leur détresse pour mettre en scène une opération de propagande présentant les forces russes comme des sauveurs.

"Et de cette manière, ils essaient en fait d'acheter une sorte d'attitude positive de la part de la Maison Blanche. C'est mon opinion.", a-t-il déclaré.

"On ne peut absolument pas faire confiance aux Russes, point final", a ajouté Arseniy Iatseniouk, avertissant que la mission humanitaire pourrait être exploitée à des fins de propagande.

Il a estimé que Washington avait une responsabilité particulière pour s'assurer que les civils reçoivent une aide humanitaire et qu'ils soient libres de décider s'ils souhaitent revenir sur le territoire contrôlé par l'Ukraine.

L'ancien Premier ministre a également évoqué la présence de journalistes américains couvrant l'opération, les exhortant à faire leurs reportages de manière indépendante plutôt que de relayer le récit de Moscou.

"Nous vous demandons, mes amis, d'être des journalistes et de dire la vérité, mais de ne pas répéter comme des perroquets la propagande russe", a-t-il déclaré.

"Poutine est prêt à mettre fin à la guerre à ses conditions"

Le scepticisme d'Arseniy Iatseniouk s'étend aux derniers efforts diplomatiques menés par les États-Unis pour ramener Kyiv et Moscou à la table des négociations, de nouvelles discussions techniques étant envisagées pour novembre, possiblement à Abou Dhabi.

Il a rejeté la volonté affichée par la Russie de reprendre les négociations, y voyant une tentative de donner l'apparence de progrès sans faire de concessions significatives.

"Poutine est prêt à mettre fin à la guerre à ses conditions", a-t-il déclaré, estimant que le président russe n'accepterait qu'un accord équivalant à une capitulation de l'Ukraine.

Arseniy Iatseniouk a accusé Moscou d'utiliser les négociations pour gagner du temps, contourner les sanctions et approfondir les divisions entre Washington et ses alliés européens.

Il a estimé que l'objectif ultime de Poutine restait inchangé : placer l'ensemble de l'Ukraine sous contrôle russe.

Malgré son pessimisme quant aux chances de percée, Arseniy Iatseniouk a insisté sur le fait que Washington et Kyiv devaient continuer à faire pression sur Moscou pour qu'elle accepte un cessez-le-feu inconditionnel.

L'Europe doit être "à la table" des négiciations, pas "au menu"

L'ancien Premier ministre a également mis en garde contre l'exclusion des pays européens des négociations sur l'avenir de l'Ukraine, accusant Moscou de chercher délibérément à marginaliser l'Union européenne (UE).

Arseniy Iatseniouk a évoqué la différence entre une Europe ayant une place à la table des négociations et une Europe qui se retrouve au menu, estimant que Washington devait insister pour inclure ses plus proches alliés européens.

Selon lui, le soutien financier de l'UE à l'Ukraine en fait un participant indispensable à toute négociation, tandis que l'opposition de Moscou à l'implication européenne reflète sa volonté d'affaiblir l'unité occidentale.

Interrogé sur la personne qui devrait représenter l'UE, Arseniy Iatseniouk a répondu que cette décision appartenait aux gouvernements européens, suggérant le président finlandais Alexander Stubb ou la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, comme candidats possibles.

Il a rejeté l'idée que les objections russes devraient déterminer le choix de l'Europe.

Arseniy Iatseniouk s'est également montré sceptique quant aux récents contacts diplomatiques avec Vladimir Poutine du président finlandais Alexander Stubb et du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, estimant que Moscou pouvait interpréter de telles initiatives comme un signe de faiblesse et de division européennes.

"Poutine était vraiment satisfait de recevoir ce type d'appel téléphonique car c'est le signe de ruptures et de fissures au sein de l'Union européenne", a déclaré Arseniy Iatseniouk.

Il a également rappelé les précédentes initiatives diplomatiques de dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron, pour s'adresser directement à Vladimir Poutine, avertissant que répéter de telles démarches risquait d'encourager Moscou.

"Les Européens doivent agir de concert. Nous devons parler d'une seule voix", a-t-il conclu.

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