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Éoliennes et chauves-souris: une étude alerte sur une hausse choc

Un arpenteur tient une chauve-souris Red Bat lors du Bat Blitz, recensement annuel de chauves-souris organisé pour la première fois en 2008 dans Bankhead National Forest.
Un géomètre tient une chauve-souris Red Bat lors du Bat Blitz annuel, un comptage de chauves-souris organisé pour la première fois en 2008 dans la forêt nationale de Bankhead. -  Tous droits réservés  Copyright 2008 AP. All rights reserved.
Tous droits réservés Copyright 2008 AP. All rights reserved.
Par Liam Gilliver
Publié le
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Des chercheurs avertissent que le nombre de chauves-souris tuées a explosé depuis l'essor de l'énergie éolienne, mais des solutions existent.

L'énergie éolienne est souvent décrite comme un "pilier fondamental" de la transition loin des combustibles fossiles, mais de nouvelles recherches avertissent que les turbines en rotation tuent chaque année un "nombre choquant" de chauves-souris.

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Selon l'étude la plus complète à ce jour sur ce problème, 18,7 millions de chauves-souris appartenant à 28 espèces différentes sont mortes dans des installations d'énergie éolienne aux États-Unis entre 1981 et 2024.

L'étude, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (source en anglais), a montré qu'il y a environ 20 ans, 100 000 chauves-souris mouraient chaque année. Mais en 2021, phénomène attribué au boom de l'énergie éolienne, ce nombre est passé à 1,5 million de chauves-souris par an.

Pourquoi les décès de chauves-souris pourraient avoir été sous-estimés pendant des années

Beaucoup de chauves-souris tuées dans les parcs éoliens percutent les turbines, mais les scientifiques ne savent toujours pas pourquoi. Une théorie est qu'elles sont attirées par le bruit de rotation, ou qu'elles prennent ces structures pour des arbres.

Les chercheurs indiquent que les chauves-souris pourraient aussi avoir du mal à détecter les pales ou être "attirées par celles-ci pour d'autres raisons".

La plupart des études sur la mortalité des chauves-souris se basent sur les recherches menées par les exploitants de parcs éoliens eux-mêmes. Mais les scientifiques craignent que cela ne donne pas une image complète, car les méthodes utilisées peuvent varier d'un parc à l'autre et laisser place à des sous-estimations.

Par exemple, des animaux charognards peuvent rapidement enlever les chauves-souris mortes, ou des herbes hautes peuvent dissimuler les carcasses.

C'est pourquoi les auteurs de l'étude ont élaboré une approche statistique qui tenait compte des données manquantes et estimait combien de chauves-souris de chaque espèce avaient pu être tuées dans tout le pays, y compris dans des parcs éoliens qui n'avaient pas été surveillés.

L'étude précise : "Malgré l'utilisation de méthodes statistiques modernes, l'état des données est resté un facteur limitant dans notre analyse".

Comment réduire les décès de chauves-souris ?

L'étude soutient que modifier l'implantation des installations éoliennes pourrait réduire le risque de mortalité des chauves-souris. Par exemple, les parcs éoliens situés près des rivières présentaient des niveaux de mortalité plus élevés, de nombreuses espèces de chauves-souris dépendant des rivières pour leur alimentation, leur approvisionnement en eau et leur navigation.

Les caractéristiques des turbines éoliennes avaient également un effet. L'équipe a averti que les turbines ayant une garde au sol plus faible étaient particulièrement meurtrières.

Une autre étude, publiée ce mois-ci dans la revue Applied Ecology (source en anglais), s'est penchée sur 141 parcs éoliens en Europe, où les espèces de chauves-souris sont protégées par la directive Habitats de l'Union européenne (UE).

L'étude a montré que le fait d'éviter de faire fonctionner les turbines lorsque les conditions locales sont "particulièrement favorables" au vol des chauves-souris peut réduire la mortalité de plus de 80 %.

Certains pays, comme l'Allemagne, imposent des mesures d'atténuation depuis environ 2010. Celles-ci comprennent généralement des évaluations des risques au moment du choix des sites et des restrictions d'exploitation, par exemple l'interdiction de faire tourner le rotor pendant les périodes à haut risque, comme les saisons de migration, ou dans des conditions météorologiques où les chauves-souris sont les plus actives.

Cependant, cette stratégie n'a pas réduit les décès chez les oiseaux migrateurs, qui sont eux aussi victimes des turbines en rotation.

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