Après plus de deux ans de retard, le nouveau TGV conçu par Alstom a entamé son voyage inaugural entre Paris et Marseille. Plus spacieux, modulable et moins énergivore, il entrera en service commercial lundi prochain.
Modularité, modernité et maîtrise. Telles sont les promesses du très attendu TGV M, la nouvelle génération de trains à grande vitesse de la SNCF, enfin sur les rails français, depuis vendredi matin.
Avec plus de deux ans de retard, le train conçu par Alstom a entamé son voyage inaugural entre Paris et Marseille, première liaison sur laquelle il sera mis en service commercial dès lundi prochain. Moins énergivore, plus spacieux et modulable, le TGV M concentre plus de 400 innovations.
Initialement prévue en 2024, à l'occasion des Jeux olympiques de Paris, sa mise en service a été reportée à plusieurs reprises, en raison notamment de difficultés industrielles liées à la pandémie de Covid-19 et de la complexité des essais nécessaires à son homologation.
La SNCF prévoit désormais un déploiement progressif de sa nouvelle flotte, avec un objectif de 13 rames livrées d'ici la fin de l'année 2026.
Une consommation d'énergie réduite de 20 %, 4,6 milliards d'euros investis
Comme ses prédécesseurs, le TGV M circulera à une vitesse commerciale maximale de 320 km/h, mais devrait consommer 20 % d'énergie en moins que les générations précédentes, grâce à une aérodynamique améliorée et à une motorisation plus efficiente. Selon la SNCF et Alstom, les émissions de CO₂ devraient également être réduites de 32 %.
Une attention particulière a été portée au réemploi de matériaux : 25 % d’entre eux sont issus du recyclage et 97 % d’entre eux sont recyclables.
La SNCF table par ailleurs sur une diminution de 30 % des coûts de maintenance, notamment grâce à des équipements conçus pour faciliter les réparations et à des systèmes de surveillance permettant d'anticiper les pannes.
Pour moderniser sa flotte, la SNCF a engagé plus de 4,6 milliards d'euros d’investissement.
La compagnie ferroviaire a commandé 130 rames à Alstom, dont 100 destinées au réseau français, 15 au marché italien et 15 aux liaisons vers la Belgique, pour un coût estimé à environ 35 millions d'euros par rame.
Eurostar a de son côté commandé 30 rames, avec une option portant sur 20 unités supplémentaires.
Un train plus spacieux et modulable
L'une des principales innovations du TGV M réside dans sa modularité, qui permettra à la SNCF d'adapter la capacité et l'aménagement des rames en fonction de la fréquentation.
Le train pourra passer de huit à neuf voitures et la répartition entre première et seconde classes pourra être modifiée en fonction des besoins : les premières rames accueilleront 573 voyageurs, mais la capacité maximale pourra atteindre 700 voyageurs en classe unique.
Le nouveau train a également été conçu pour améliorer le confort des voyageurs, avec davantage d'espace pour les jambes, des rangements supplémentaires, une connectivité modernisée et un nouvel espace de restauration réparti sur deux niveaux.
L'accessibilité constitue une autre avancée majeure : le TGV M doit notamment permettre aux personnes en fauteuil roulant d'accéder au train de manière autonome, grâce à un dispositif d'embarquement intégré.
Ces nouveautés ne devraient pas se traduire par une hausse des tarifs. Les billets resteront soumis à la tarification habituelle des TGV INOUI.