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Compétences humaines de plus en plus recherchées alors que l’IA transforme l’emploi, selon PwC

Photo d’archives – Des visiteurs examinent le centre de données modulaire à IA de DELTA au salon Computex de Taipei, le 2 juin 2026.
Archives - Des visiteurs découvrent le centre de données modulaire d’IA de DELTA au salon Computex Taipei, le 2 juin 2026. Tous droits réservés  AP Photo/Chiang Ying-ying
Tous droits réservés AP Photo/Chiang Ying-ying
Par Doloresz Katanich
Publié le
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À mesure que l’IA prend en charge les tâches routinières, les employeurs valorisent davantage le jugement, la créativité et le leadership, selon un nouveau rapport de PwC.

Les capacités proprement humaines comme le jugement, la créativité et le leadership prennent de la valeur à mesure que l’intelligence artificielle reconfigure en profondeur le monde du travail, selon le « Global AI Jobs Barometer 2026 » de PwC, publié lundi.

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Ces conclusions interviennent sur fond de débat croissant sur la manière dont l’IA va transformer le marché du travail et les compétences recherchées par les employeurs.

Joe Atkinson, directeur mondial de l’IA chez PwC, indique : « À l’échelle de l’économie mondiale, on voit émerger une nouvelle ligne de fracture entre différents modèles de gestion des talents et de création de valeur. »

Ce rapport, fondé sur l’analyse de plus d’un milliard d’offres d’emploi sur six continents, montre que l’IA est en train de créer un marché du travail à deux vitesses.

La première catégorie regroupe les postes où l’IA prend en charge les tâches routinières mais s’appuie encore fortement sur l’expertise et le jugement humains. Ces emplois dits « professionnalisés » couvrent par exemple les métiers de radiologue ou de recruteur.

La deuxième catégorie, que PwC qualifie de rôles « démocratisés », correspond à des emplois où l’IA facilite l’exécution des tâches par des travailleurs moins expérimentés. C’est le cas, par exemple, des responsables de services informatiques ou des secrétaires médicales.

Selon PwC, les postes professionnalisés ont vu leur nombre augmenter à un rythme deux fois plus rapide que les rôles démocratisés. Les salaires dans ces professions ont également progressé 42 % plus vite.

Ces résultats vont globalement dans le même sens que d’autres travaux internationaux. Le rapport « Future of Jobs 2025 » du Forum économique mondial estime que 39 % des compétences clés des travailleurs devraient évoluer d’ici 2030, la pensée analytique, le leadership, la résilience et la pensée créative figurant parmi les aptitudes en plus forte progression recherchées par les employeurs.

L’IA génère davantage d’emplois, pas moins, selon le rapport

Le rapport de PwC affirme que les entreprises qui exploitent le plus efficacement l’IA creusent l’écart en matière de productivité comme de recrutement, ce qui suggère que cette technologie crée de la valeur au-delà de la simple automatisation.

Joe Atkinson précise : « Les entreprises qui tirent les meilleurs rendements de l’IA l’utilisent pour amplifier l’expertise humaine, accélérer l’innovation et créer des sources de valeur entièrement nouvelles », ajoutant que ces sociétés enregistrent des gains de productivité et de croissance.

Selon l’analyse de PwC, les 20 % d’entreprises les plus exposées à l’IA ont enregistré une hausse moyenne de la productivité du travail de 163 % par rapport à 2018, soit près de cinq fois plus que la moyenne de l’ensemble des entreprises exposées à l’IA.

Ces résultats contredisent également les craintes selon lesquelles l’IA freinerait les embauches ou provoquerait des suppressions massives de postes.

Les entreprises les plus exposées à l’IA ont vu leurs effectifs augmenter de 52 %, contre 36 % pour celles qui le sont le moins, par rapport à leur niveau de 2018. La progression des salaires y a également été plus forte, à 24 % contre 17 %.

Ces chiffres paraissent alors que de grands employeurs continuent de réorganiser leurs effectifs autour de l’IA. Rien que cette année, des groupes comme Meta, Cisco, Oracle ou Citigroup ont annoncé des milliers de suppressions de postes tout en investissant massivement dans l’intelligence artificielle pour améliorer leur productivité.

Les compétences en IA tirent les salaires à la hausse

La demande de travailleurs dotés de compétences en IA continue de croître fortement.

Les emplois nécessitant une expertise spécifique en IA ont augmenté de 69 % depuis 2019, soit près de huit fois plus vite que l’ensemble du marché de l’emploi, qui n’a progressé que de 9 % sur la même période. Selon le rapport, la prime salariale moyenne associée aux compétences en IA a également grimpé pour atteindre 62 %.

Cette prime varie fortement selon les secteurs, allant jusqu’à 118 % dans les biens et services de consommation et tombant à 16 % dans les emplois de l’administration et du secteur public.

Les postes requérant des compétences en IA, comme l’ingénierie de prompts (prompt engineering) et l’apprentissage automatique (machine learning), ont presque doublé depuis 2024, la progression de ces rôles liés à l’IA dépassant celle de l’emploi dans son ensemble depuis 2015.

Le secteur des technologies, des médias et des télécommunications concentre la plus grande part de cette croissance des emplois liés à l’IA avec 11 %, devant les services professionnels à 6 %. La santé affiche la part la plus faible, avec moins de 1 %.

Le rapport souligne aussi des évolutions dès l’entrée sur le marché du travail.

Une analyse de 2,4 millions de postes débutants aux États‑Unis montre que les emplois les plus exposés à l’IA sont désormais sept fois plus susceptibles d’exiger des compétences traditionnellement associées à des profils plus expérimentés, comme le leadership, la créativité ou la communication interpersonnelle.

La demande pour ces postes débutants a augmenté de 35 % depuis 2019, alors que les offres pour les autres emplois débutants ont reculé de 10 %, selon le rapport.

Ces résultats posent la question de la manière dont les jeunes actifs acquièrent de l’expérience en entreprise. Certains experts mettent en garde : si l’IA prend en charge les tâches de base confiées aux débutants, les employeurs pourraient attendre de plus en plus des juniors qu’ils maîtrisent des compétences de niveau supérieur dès le début de leur carrière.

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