Contrainte par un afflux de méduses, EDF a dû arrêter récemment trois réacteurs de la centrale dans le nord de la France. Début août, à cause de la canicule ou de ces méduses, un cinquième de la capacité nucléaire française s'est retrouvé hors service.
Le gouvernement français a autorisé le producteur / fournisseur d'énergie EDF (détenu à 100% par l'État) à entamer les travaux préparatoires à la construction de deux futurs réacteurs EPR2 à la centrale nucléaire de Gravelines (département du Nord), selon un décret publié au Journal Officiel.
Ce document confère à l’entreprise énergétique l’"autorisation environnementale" de commencer les travaux de préparation du site pour les réacteurs EPR2.
La liste des « activités, installations, ouvrages et travaux » comprend notamment la viabilisation des plateformes et la création des installations de chantier, la relocalisation du terminal ferroviaire du Centre nucléaire de production d'électricité de Gravelines (CNPE), les terrassements et la création d'une enceinte étanche sous l'emprise des bâtiments du futur bloc usine ainsi que le renforcement de sol, les premiers travaux de génie civil et la création du chenal d'amenée.
Le projet prévoit également le déplacement de la faune et de la flore protégées (qui sera effectué lors de périodes favorables) et la construction d’un nouveau centre d’information du public.
Les travaux se dérouleront sur les communes de Gravelines et de Longs-Plage, à l’exception d’un parking situé sur les communes de Craivic et de Bourbourg.
Ce décret « permet à EDF d’engager progressivement les premières opérations destinées à préparer le site à l’accueil du futur chantier », a indiqué l'énergéticien à l'AFP. Il « ne constitue pas l’autorisation de création des deux réacteurs EPR2 et ne permet pas d’engager la construction des bâtiments destinés à recevoir des matières nucléaires ou à abriter des équipements nécessaires à la sûreté nucléaire », a-t-il précisé.
« Un suivi environnemental sera effectué pendant toute la durée des travaux, sous le contrôle des autorités compétentes », a ajouté l’entreprise.
Le décret a été signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut et le ministre de la Ville Vincent Jeanbrun.
En février 2022, Emmanuel Macron a annoncé son projet de construction de six réacteurs nucléaires à eau pressurisée de nouvelle génération, avec une option pour huit autres. Les sites retenus pour les trois premières paires d’unités sont Penly (Seine-Maritime), Gravelines et Bugey (Ain). La première paire de réacteurs (en Normandie) devrait entrer en service aux alentours de 2038.
Deux réacteurs EPR de 1 600 MW sont prévus sur le site de Gravelines, qui s’ajoutera aux six réacteurs de 900 MW déjà en service. Ce projet est d’envergure pour la région de Dunkerque, qui s’efforce de décarboner son industrie, actuellement dépendante des énergies fossiles.
La décision finale d’investissement concernant la construction de ces six nouveaux réacteurs EPR2 est attendue d’ici fin 2026.
Des méduses mettent la centrale nucléaire de Gravelines à l’arrêt
Les unités numéro 2, 3 et 4 de production de la centrale nucléaire de Gravelines se sont arrêté automatiquement entre 23h et minuit dimanche 9 août.
La centrale de Gravelines, la plus grande centrale nucléaire d’Europe occidentale, pompe ses eaux de refroidissement dans le port de Dunkerque où plusieurs milliers de méduses ont dérivé.
La présence des animaux gélatineux dans les stations de pompage de la centrale a forcé l’arrêt de la production d’électricité dans les trois secteurs alors en activités. Les deux autres, sous numéros 1 et 5, sont en maintenance.
L’Autorité de sûreté nucléaire a assuré à l'époque que l’incident « n’a pas affecté le refroidissement des équipements. »
Des centrales aux États-Unis, en Suède, en Écosse ont connu des événements similaires.
Quelques jours plus tard, le mercredi 12 août, la France a enregistré un déficit de plus de 20 % de sa capacité de production d'électricité d'origine nucléaire, un nouveau record d'indisponibilités en raison de « contraintes environnementales » ou de « causes externes liées à l'environnement » : sécheresse, chaleur extrême et invasion de méduses.
Au total, 13 réacteurs sur les 57 du parc électronucléaire français étaient concernés. Huit étaient à l'arrêt complet (Bugey 3, Cattenom 1, Chooz 1 et 2, Golfech 2, Gravelines 2, 3 et 4) et cinq étaient en sous-régime (Saint-Alban 2, Tricastin 1 et 4, Gravelines 1 et 6).
Huit réacteurs étaient totalement à l'arrêt, tandis que cinq fonctionnaient à puissance réduite.
Le nucléaire assure environ 70 % de la production d'électricité en France. Cette année, la production a été perturbée par de multiples vagues de chaleur et épisodes de sécheresse.