Grèce : les actions contre l’obésité infantile donnent d’excellents résultats
C’est avec un bilan substantiel et des résultats concrets et mesurables, qui changent la donne pour la santé publique dans notre pays, qu’a eu lieu la cérémonie officielle marquant la clôture de la Action nationale contre l’obésité infantile en Grèce.
Cette vaste initiative a été mise en œuvre par le ministère de la Santé en coopération avec l’UNICEF, dans le cadre du Plan national de relance « Grèce 2.0 » et avec le financement de l’Union européenne.
Les données présentées montrent que cette démarche est parvenue à modifier la manière dont les familles grecques envisagent l’alimentation et l’activité physique.
Le succès du modèle grec a même dépassé les frontières, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifiant désormais la Grèce de « pays exemplaire » et lui reconnaissant un rôle de premier plan dans le dialogue politique sur ce sujet en Europe du Sud.
Dans son intervention, la vice-ministre de la Santé, Irini Agapidaki, a tracé les lignes de la prochaine étape, en déclarant notamment :
« Pendant des années, notre pays était confronté à une réalité qui n’honorait aucun d’entre nous. Les tristes premières places de la Grèce en Europe n’étaient pas seulement des chiffres décourageants dans quelques rapports. C’était un avertissement clair pour la santé de la prochaine génération. Nous avons décidé de ne pas rester les bras croisés. Avec l’UNICEF, nous avons élaboré une stratégie qui est sortie des bureaux, est entrée dans les écoles et a changé les mentalités. Le plus encourageant, c’est que la Grèce est passée du déni à l’action, puisque plus de 75 % des parents ont désormais été informés ou ont participé au programme. Cela montre que l’Action a touché le pays tout entier. »
Les résultats du programme
Le programme s’est déployé à plusieurs niveaux, atteignant chaque coin de la Grèce :
- Conseil nutritionnel personnalisé :
Plus de 1 900 enfants en surpoids ou obèses ont bénéficié gratuitement d’un accompagnement spécialisé à travers 13 000 consultations individuelles avec 60 diététiciens-nutritionnistes. Parmi eux, 8 enfants sur 10 ont perdu du poids et affichent désormais un indice de masse corporelle normal. En outre, 4 enfants sur 10 qui présentaient une obésité associée à une pathologie clinique, comme le diabète, l’hypertension ou l’hypercholestérolémie, ont amélioré leurs indicateurs et leur état de santé, ce qui a permis de réduire sensiblement leur traitement médicamenteux. Parallèlement, 1 124 pédiatres et professionnels de santé ont été formés et une plateforme numérique dédiée aux orientations a été créée.
La fréquence de la mesure du poids et de la taille des enfants lors des visites chez le pédiatre est également en hausse, passant de 69 % à 72,5 %, signe d’un renforcement du suivi préventif.
- « Nourriture pour l’action » dans les écoles : Par une circulaire interministérielle, le programme a été institutionnalisé à l’échelle nationale. 7 656 enseignants et parents se sont inscrits aux boîtes à outils numériques et aux séminaires. 31 écoles ont fonctionné comme “Health Hubs”, avec la participation de 3 492 enfants et 1 390 parents, tandis que 694 professeurs d’éducation physique ont été formés pour utiliser le sport comme levier de comportements sains.
- Accessibilité pour tous : Des boîtes à outils pédagogiques spécialement adaptées aux enfants en situation de handicap et aux besoins éducatifs particuliers ont été conçues et distribuées, afin de garantir leur participation sur un pied d’égalité.
- Repas sains : Plus de 130 000 repas sains et des fruits frais ont été distribués aux élèves de 435 écoles primaires.
- « Le voyage de l’alimentation » : 99 328 adolescents ont participé à 4 900 ateliers dans 1 625 écoles. À travers des visites sur les marchés de plein air de 23 municipalités, les élèves ont collecté puis distribué plus de 20 tonnes de denrées alimentaires excédentaires à des familles vulnérables.
- Plus de 135 000 enfants ont pratiqué gratuitement une activité sportive dans le cadre du programme. La participation des enfants à une activité sportive organisée est passée de 52,5 % à 60 %, tandis que la proportion de ceux qui restent actifs au moins une heure par jour a augmenté de 49,9 % à 52,8 %.
- Fêtes de l’activité physique et de la nutrition : 18 345 élèves ont pris part à de grands événements en plein air organisés dans plus de 40 municipalités et dans les 13 régions du pays, des bords de l’Evros, d’Alexandroupoli et de Grevena, jusqu’à Corfou, Rhodes, la Crète, Athènes et Thessalonique.
Hausse de l’information des parents
La proportion de parents informés des recommandations de l’OMS sur l’alimentation saine des enfants et des adolescents est passée de 29,4 % à 43,7 %, soit une hausse de 16,3 points de pourcentage.
Le niveau d’information sur les recommandations de l’OMS concernant l’activité physique et l’exercice a augmenté de 28,4 % à 42,5 %, soit 14,1 points de pourcentage de plus.
73,5 % des parents déclarent avoir été impliqués d’une manière ou d’une autre, en bénéficiant d’un service de l’Action nationale contre l’obésité infantile. L’Action a atteint tous les territoires.
Les spécialistes estiment que, si ces structures de contrôle et de prise en charge se poursuivent, les taux d’obésité infantile en Grèce devraient enregistrer une baisse continue d’ici 2040.