Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dénonce "un crime de guerre", après que le deuxième soldat français a succombé des suites de ses blessures reçues lors d'une attaque que la France et le FINUL imputent au Hezbollah, qui nie toute responsabilité.
Un hommage national a été rendu jeudi à Montauban au Casque bleu Florian Montorio, tué samedi dans une embuscade au Liban et l'un des trois militaires français morts depuis le début de la guerre d'Israël et des Etats-Unis contre l'Iran fin février.
Agé de 40 ans, Florian Montorio, engagé dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), appartenait au 17e régiment du génie parachutiste (RGP) de Montauban, le seul régiment de ce type et dont la mission est d'être parachuté sur le théâtre d'opérations pour faciliter l'avancée d'autres troupes au sol.
Cet hommage a eu lieu au lendemain de la mort d'un autre soldat, blessé dans la même embuscade, portant à trois le nombre de militaires français décédés depuis le début de cette guerre qui a embrasé la région.
La cérémonie, présidée par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill, en présence de Caroline de Monaco, marraine du régiment, s'est déroulée sous un soleil éclatant, sur la vaste place d'armes de la caserne Doumerc du 17e RGP, a constaté un journaliste de l'AFP.
Florian Montorio, 10e soldat de cette unité mort en opération ces vingt dernières années, a été promu adjudant à titre posthume, fait chevalier de la Légion d'honneur et décoré de la croix de la valeur militaire avec palme de bronze.
"Partout où Florian Montorio a servi, partout il s'est distingué", a déclaré la ministre.
Samedi, le militaire a été "touché par un tir direct d'arme légère", a-t-elle ajouté, affirmant que, depuis 1978, 144 militaires français ont perdu la vie au Liban.
Les autorités françaises et l'ONU ont attribué l'attaque ayant causé sa mort dans la région de Deir-Kifa au mouvement pro-iranien Hezbollah, actif dans le sud du Liban, qui a nié toute implication.
Mercredi, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé qu'un deuxième militaire français de la Finul, touché dans la même embuscade, avait succombé à ses blessures.
En déplacement à Chypre, Macron a souhaité jeudi adresser ses "condoléances sincères" à la famille de ce soldat, Anicet Girardin, 31 ans, ainsi qu'à "ses frères d'armes, et avoir une pensée aussi pour nos autres soldats blessés".
"Nous attendons évidemment des autorités libanaises que toute la lumière soit faite sur cette attaque, que les auteurs soient identifiés, arrêtés et puissent répondre de leurs crimes", a ajouté le chef de l'Etat.
S'en prendre à des Casques bleus identifiables est "constitutif d'un crime de guerre", a souligné de son côté, également jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Les membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) sont "des soldats de la paix", "qui sont là pour faire baisser le niveau des hostilités", a-t-il insisté.
"Tout laisse à penser que la responsabilité de ce crime incombe au Hezbollah", réaffirme Jean-Noël Barrot.