Six plus grandes économies de l’UE s’accordent sur l’intégration des marchés de capitaux pour débloquer un accord à Bruxelles
Les six plus grandes économies de l’Union européenne ont appelé à une accélération de l’Union des marchés de capitaux, afin de hâter l’adoption de la législation à Bruxelles, selon une lettre adressée vendredi à la Commission européenne.
La lettre est signée par l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, la Pologne et les Pays-Bas, connus sous le nom de E6, qui cherchent à surmonter les frustrations liées au processus législatif de l’UE, lequel, selon eux, a freiné l’élan politique et les bénéfices qu’apporterait une réforme des marchés.
« Des marchés de capitaux plus profonds et mieux intégrés sont essentiels pour libérer le potentiel de croissance de l’Europe et garantir sa capacité d’action dans un environnement mondial de plus en plus difficile », peut-on lire dans la lettre.
La législation sur les marchés de capitaux à Bruxelles est considérée comme l’une des grandes priorités du bloc, car elle doit l’aider à rendre l’Europe plus compétitive sur la scène mondiale.
L’UE intensifie ses efforts pour renforcer sa compétitivité mondiale et réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Pour y parvenir, les États membres promeuvent un agenda de compétitivité dans lequel l’intégration des marchés de capitaux joue un rôle central.
Le bloc vise à créer un marché unique des capitaux, permettant aux fonds – y compris les investissements et l’épargne – de circuler librement au-delà des frontières, sans obstacles réglementaires.
Fin de la fragmentation
À l’heure actuelle, les marchés de capitaux restent en grande partie régis par des législations nationales, ce qui aboutit à un paysage fragmenté pour les entreprises et les investisseurs.
Même si les dirigeants de l’UE ne cessent de souligner l’importance d’achever l’union des marchés de capitaux, mesure clé pour créer un marché unique plus favorable aux entreprises, le bloc demeure divisé sur la manière de concrétiser cette intégration.
Parmi les principales propositions des E6 pour surmonter cette fragmentation figure le transfert de certaines compétences à l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF).
Comme dans de nombreux domaines de la législation européenne, certains États membres rechignent à céder une partie de leur souveraineté en matière de réglementation des marchés de capitaux, ce qui entraîne une forme de blocage aux conséquences politiques importantes.
Pour faire avancer le texte, les E6 doivent rallier le soutien de neuf autres pays. En l’occurrence, la loi ne peut progresser que si elle obtient l’appui d’au moins 15 États représentant 65 % de la population de l’UE.