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Impôts, retraites, arrêts maladie : Friedrich Merz dévoile un vaste plan de réformes

Le chancelier allemand Friedrich Merz prend la parole lors de la séance de questions au gouvernement au Bundestag, à Berlin, le 24 juin 2026
Le chancelier allemand Friedrich Merz répond aux questions au Bundestag, à Berlin, le 24 juin 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Kirsten Ripper
Publié le Mis à jour
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Conservateurs et sociaux-démocrates allemands se sont mis d’accord pour apporter des changements dans les domaines de la fiscalité, de la compétitivité ainsi que du pouvoir d’achat et des retraites. Avec notamment une hausse légale de l’âge de départ à la retraite au-delà de 67 ans.

La coalition au pouvoir en Allemagne a présenté jeudi un vaste paquet de réformes afin de remettre sur les rails une économie nationale en perte de vitesse.

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La coalition CDU, CSU et SPD s'est entendue sur 34 mesures, parmi lesquelles une baisse de l'impôt sur le revenu pour les familles à faibles et moyens revenus, une refonte d'un système de retraites à bout de souffle et un durcissement des règles en matière d'arrêts maladie.

« Nous travaillons à accroître la flexibilité de nos entreprises », a déclaré le chancelier Friedrich Merz lors d'une conférence de presse à Berlin, après sept heures de discussions.

« Nous travaillons à réduire la bureaucratie. Nous travaillons à protéger notre État social, et nous travaillons à alléger la charge qui pèse sur les salariés et les entreprises en abaissant les impôts », a-t-il ajouté en présentant le programme de relance et d'emploi.

Selon les partis, les allègements fiscaux se traduiraient pour une famille moyenne par un gain d'environ 600 euros par an.

Le président du SPD et vice-chancelier Lars Klingbeil s'est dit satisfait de l'accord.

Le chancelier allemand Friedrich Merz s'exprime dans l'hémicycle du Bundestag lors d'une déclaration gouvernementale à Berlin, le 11 juin 2026
Le chancelier allemand Friedrich Merz s'exprime dans l'hémicycle du Bundestag lors d'une déclaration gouvernementale à Berlin, le 11 juin 2026 AP Photo

Les principales décisions

Impôt sur le revenu

Le taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu, fixé à 42 %, restera inchangé, mais il ne s'appliquera plus que pour les revenus supérieurs au seuil actuel de 70 000 €.

Concernant l'impôt sur les hauts revenus, la coalition a convenu d'un système progressif. À partir d'un revenu annuel de 250 000 €, un taux de 45 % sera appliqué ; toute personne gagnant plus de 280 000 € paiera à l'avenir 47 %. La coalition parle d'un « partage équitable de la charge grâce à une hausse modérée de l'impôt sur les hauts revenus ».

L'ensemble des allègements fiscaux prévus par la réforme représente environ 10 milliards d'euros par an.

Davantage de contrats à durée déterminée et ouvertures dominicales prolongées

Pour donner davantage de flexibilité à l'économie, la coalition veut élargir les possibilités de recours aux contrats de travail à durée déterminée et autoriser des horaires d'ouverture plus longs le dimanche.

Fin des certificats d'arrêt maladie par téléphone

Les règles plus strictes en matière d'arrêts maladie ne permettraient plus aux salariés de se déclarer malades au travail pendant jusqu'à trois jours sans consulter un médecin, ni d'appeler leur médecin pour obtenir un arrêt d'une semaine sans le voir.

Les employeurs pourraient au contraire exiger un certificat médical dès le premier jour d'absence.

Un opérateur de machine dans l'usine d'embouteillage du fabricant de liqueur aux herbes Jägermeister, à Kamenz, le 23 avril 2026
Un opérateur de machine dans l'usine d'embouteillage du fabricant de liqueur aux herbes Jägermeister, à Kamenz, le 23 avril 2026 AP Photo

Merz s'était plaint à plusieurs reprises d'un taux d'absentéisme pour maladie jugé trop élevé en Allemagne, qui nuirait à la productivité.

À l'avenir, les salariés devront présenter un certificat d'incapacité de travail dès le premier jour où ils sont en arrêt maladie.

Plus de nationalisations de sociétés de logement

La nationalisation des sociétés de logement doit être interdite, afin de réduire l'incertitude pour les investisseurs.

Réduction de la bureaucratie

Dans le cadre des efforts de simplification administrative, les bases juridiques des prestations publiques seront limitées dans le temps, ces clauses dites d'extinction étant considérées comme un instrument efficace pour alléger la réglementation.

Des voitures sont stationnées en attente de chargement au port d'Emden, le 23 avril 2026
Des voitures sont stationnées en attente de chargement au port d'Emden, le 23 avril 2026 AP Photo

Réforme des retraites

La réforme du système de retraite prévoit une hausse progressive de l'âge de départ, actuellement compris entre 65 et 67 ans selon la durée de cotisation, en l'alignant sur l'espérance de vie.

Les dirigeants de la coalition ont indiqué qu'ils mettraient en œuvre les recommandations présentées le mois dernier par un groupe d'experts et de responsables politiques mandaté par le gouvernement pour stabiliser le système. L'objectif est d'empêcher une baisse du niveau des pensions et d'éviter une forte hausse durable des cotisations versées par les salariés.

La ministre du Travail, Bärbel Bas (SPD), a qualifié le paquet retraite de « chef-d'œuvre », et Merz a également promis de mettre en œuvre ces propositions.

Les points les plus controversés entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates ont porté sur la réforme fiscale : le SPD souhaitait que les plus aisés en Allemagne contribuent davantage, tandis que la CDU/CSU avait en principe exclu toute hausse d'impôts.

Élections régionales de septembre : le gouvernement sous pression

Le gouvernement veut aussi montrer qu'il est capable de s'attaquer aux problèmes du pays et de réduire l'attrait de l'AfD, qui arrive en tête des sondages nationaux depuis des mois.

Des élections régionales sont prévues en septembre en Saxe-Anhalt, à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Dans les sondages, l'AfD est donnée en tête en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

À Berlin, la CDU dirigée par Kai Wegner est tombée à la quatrième place dans un sondage de la chaîne RBB pour le Parlement régional, derrière tous les partis d'opposition, Die Linke, l'AfD et les Verts.

Alice Weidel, de l'AfD, s'exprime avant le début de la réunion du groupe parlementaire au Bundestag, à Berlin, le 21 avril 2026
Alice Weidel, de l'AfD, s'exprime avant le début de la réunion du groupe parlementaire au Bundestag, à Berlin, le 21 avril 2026 AP Photo

Alice Weidel, coprésidente du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne, arrivé deuxième aux élections fédérales l'an dernier, a tourné le paquet de réformes en dérision.

Sur X, elle a qualifié les mesures de « redistribution encore plus à gauche et de compromis minimaux qui ne méritent pas d'être appelés des “réformes” ».

« Le fait que l'on présente cela comme une “percée” ne montre qu'une chose : l'incapacité totale de ce gouvernement à réformer », a-t-elle écrit.

Sources additionnelles • AP, AFP

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