La brouille diplomatique continue entre Washington et Rome : Donald Trump réclame une "ordonnance restrictive" contre Giorgia Meloni avant le sommet de l'OTAN.
Le président américain Donald Trump a publié une image de lui aux côtés de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, accompagnée de la légende "Restraining order needed", dernière étape en date de l’escalade entre les deux dirigeants.
Selon le quotidien Corriere della Sera, le gouvernement n’a pas l’intention de réagir "à cette provocation" cette fois-ci.
Trump a publié la photo sans légende, si bien qu’il n’est pas clair à quoi renvoie la remarque sur la "restraining order", mais les tensions entre Washington et Rome se sont enflammées fin juin lorsque Trump a affirmé que Meloni l’avait "supplié" de faire une photo avec lui pour tenter de doper sa cote de popularité.
"Sa popularité est mauvaise en Italie, peut-être parce qu’elle a tourné le dos aux États-Unis d’Amérique, un pays qui aime vraiment l’Italie et la protège, lorsqu’il s’est agi d’empêcher l’Iran d’obtenir ou de développer une arme nucléaire (mais l’Otan en a fait autant, d’ailleurs !)", a écrit Trump dans une publication sur Truth Social.
Meloni a rejeté cette affirmation, la jugeant "insensée".
"Quant à ma popularité, le fait de vous compter parmi mes amis ne l’a certainement pas aidée, et elle ne dépend pas de ma relation avec vous", a répliqué Meloni, avant de suggérer au président de se concentrer plutôt sur ses propres taux d’approbation.
Les relations entre Trump et Meloni, auparavant considérée comme l’une des plus proches alliées du président en Europe, se sont détériorées ces derniers mois, sur fond de répercussions économiques de la guerre américano-israélienne en Iran et du refus ultérieur de Meloni d’autoriser les avions américains à destination du Moyen-Orient à utiliser la base aérienne située en Sicile.
Les deux dirigeants se sont également affrontés au sujet du pape Léon XIV, Meloni prenant la défense du pontife après que Trump l’a jugé "trop faible face à la criminalité et catastrophique pour la politique étrangère".
"Le pape est le chef de l’Église catholique, et il est juste et normal qu’il appelle à la paix et condamne toute forme de guerre", a répliqué Meloni.
Publications trompeuses sur les réseaux sociaux
La récente querelle entre Trump et Meloni a déclenché une vague de messages sur les réseaux sociaux en soutien à la dirigeante italienne, plusieurs internautes partageant des vidéos où on la voit enlacée par des partisans et acclamée par la foule.
Les enquêtes récentes indiquent que le parti de Meloni, Fratelli d’Italia, reste la force politique la plus populaire du pays. Un sondage YouTrend pour Sky TG24, publié en juin, créditait le parti de 28,6 % des intentions de vote, soit plus de sept points d’avance sur le Parti démocrate de centre gauche, à 21,5 %.
Les chiffres disponibles suggèrent toutefois que sa popularité personnelle est plus faible : un sondage YouGov réalisé en avril indiquait que 35 % des Italiens avaient une opinion favorable de Meloni, contre 57 % une opinion défavorable.
Un autre sondage Ipsos, publié en février, évaluait son taux d’approbation à 44 %.
Ces chiffres sont inférieurs à ceux de 2023, lorsque Pew Research avait constaté que 57 % des Italiens avaient une opinion favorable de Meloni, moins d’un an après son arrivée au pouvoir.
Si sa popularité personnelle a peut-être légèrement reculé par rapport aux sommets enregistrés à son arrivée au pouvoir, peu d’éléments laissent penser qu’elle serait au bord de l’effondrement politique.