Cette décision intervient un mois après que le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth a affirmé que Washington le ferait. L'administration Trump a, à plusieurs reprises, critiqué ses alliés européens pour leur réaction à la guerre en Iran.
Les États-Unis ont lancé, ce lundi 27 juillet, un réexamen de leur présence militaire en Europe, après que le président américain Donald Trump a, à plusieurs reprises, étrillé les alliés européens de l’Alliance.
Cette décision "vise à faire en sorte que l’Otan progresse rapidement et de manière irréversible vers un schéma où l’Europe assume la responsabilité principale de sa défense conventionnelle", a écrit sur X le sous-secrétaire américain à la Défense Elbridge Colby.
"L’issue de cet examen sera une accélération de la transition de l’OTAN vers une alliance plus forte, plus équitable et plus durable", a-t-il ajouté.
Cette initiative intervient un mois après que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé aux alliés de l’Otan l'intention de Washington de retirer des troupes.
"Il s’agira d’un véritable examen. Il visera à faire en sorte que l’Otan progresse rapidement et de manière irréversible vers une Europe qui prend les rênes, qui se hisse au premier plan pour assumer la responsabilité principale de la défense du continent européen", avait déclaré Pete Hegseth à ses homologues de l’Alliance, réunis à Bruxelles en juin. "C’est un examen que certains pays échoueront et que d’autres réussiront haut la main", avait-il précisé.
La guerre en Iran comme point de crispation
Lors de son discours au siège de l’Otan à Bruxelles, Pete Hegseth avait repris les critiques répétées de Donald Trump et fustigé les alliés européens pour leur réaction, ou leur absence de réaction, à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël en Iran, notamment leur refus d’autoriser les forces américaines à utiliser des bases en Europe pour lancer des attaques.
Pete Hegseth a également menacé de réduire la contribution financière de Washington à l’Otan si les alliés n’atteignaient pas les objectifs de dépenses de défense.
Cette décision porte un coup, certes attendu, aux dirigeants européens, alors qu’ils doivent composer avec un allié de plus en plus imprévisible.
Le mois dernier, le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué que les alliés étaient conscients du projet de Washington de retirer un jour des troupes d’Europe, et a souligné la nécessité pour le bloc de pouvoir assurer lui-même sa sécurité. "Nous savons que nous devons faire plus et nous le faisons", avait-il assuré.
Ces derniers mois, les alliés européens et le Canada ont répondu aux incertitudes croissantes entourant les engagements de sécurité de Washington en accélérant leurs efforts pour renforcer leurs propres capacités de défense.
À la veille du sommet annuel de l’Otan à Ankara, plus tôt ce mois-ci, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’Organisation Mark Rutte ont déclaré que l’Otan doit devenir plus européenne afin de réduire sa dépendance de longue date au parapluie de sécurité américain.
"Nous ne pouvons pas continuer, comme nous l’avons fait, à être trop dépendants des États-Unis. Nous avons besoin d’une Europe bien plus forte au sein d’une Otan elle-même renforcée", a déclaré Mark Rutte, saluant une transformation "sans précédent" rendue possible par un renforcement de la coopération UE-Otan.