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La stratégie de Dubaï pour se construire un avenir robotisé

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Par Laura Buckwell
La stratégie de Dubaï pour se construire un avenir robotisé
Tous droits réservés  euronews   -   Credit: Dubai

À l'heure où la révolution robotique est vue comme une source de productivité accrue et de croissance économique, Dubaï a lancé un programme de robotique et d'automatisation dirigé par la Dubai Future Foundation pour développer son économie de demain. Cette initiative ambitionne de faire passer la contribution de ce secteur à 9% du PIB dans les dix prochaines années.

C'est le prince héritier Hamdan ben Mohammed ben Rachid al-Makroum qui a annoncé ce programme visant à positionner l'émirat parmi les dix premières villes du monde pour la robotique et l'automatisation, et ce alors que des études récentes indiquent que l'intelligence artificielle pourrait rapporter jusqu'à 13 000 milliards d'euros à l'économie mondiale d'ici à 2030.

"On sait que la combinaison de la mobilité, de la robotique et de l'intelligence artificielle changera radicalement notre manière de nous déplacer," affirme Khalfan Belhoul, PDG de la Dubai Future Foundation. "On sait que dans la santé, la robotique avancée jouera un rôle extrêmement important dans les procédures et les opérations chirurgicales et que le secteur de la consommation et de la vente au détail donnera une large place à la robotique," affirme-t-il avant de reconnaître : "En réalité, on ne peut qu'imaginer l'intégration de la robotique dans notre quotidien, quand on ira dans les magasins, à l'école ou chez le médecin."

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La robotisation fait son chemin dans la vente au détailEuronews

Un ensemble de politiques à mener

La robotisation fait baisser les coûts de production, mais génère aussi une plus grande diversité de biens et de services et crée de nouveaux emplois.

"Elle s'inscrit dans le développement d'un secteur industriel orienté vers les services - ce que Dubaï et les Émirats s'efforcent de mettre en place -," fait remarquer Scott Livermore, économiste en chef et directeur général de Oxford Economics Middle East. "S'il existe un ensemble complet de politiques visant à soutenir l'investissement dans la robotisation et l'automatisation et une poursuite des politiques destinées à attirer les investissements et les talents étrangers, alors je pense que cela peut être un succès," estime-t-il.

"À mesure que les robots deviennent moins chers et plus qualifiés, ils intégreront le domaine des services, donc la logistique, le voyage et le tourisme, la santé ou encore l'hôtellerie, tous les secteurs désignés comme clés par Dubaï sont susceptibles d'engranger une partie des avantages d'une robotisation accrue," indique-t-il avant de rappeler : "Ce que les robots aident à faire, c'est de réduire les coûts."

Dans la logistique, la robotisation est déjà intégrée

Dans le cadre de ce programme, 200 000 robots seront déployés au cours des dix prochaines années dans les services, la logistique et l'industrie. Ce potentiel est déjà exploité sous la forme de terminaux entièrement automatisés chez DP World, leader mondial de la logistique.

"Aujourd'hui, nous avons plusieurs terminaux presque entièrement automatisés, c'est donc l'avenir, nous devons aller plus vite, transporter plus de marchandises et la technologie est la clé de voûte de tout cela," souligne Sultan Ahmed Bin Sulayem, président de groupe et PDG de DP World. "Dans le terminal à conteneurs, désormais, nous actionnons les verrous et effectuons le désarrimage de manière robotisée," explique-t-il. "De nombreuses tâches étaient manuelles et dangereuses dans le passé, mais l'intensité et le volume des affaires, ainsi que la quête de productivité exigent que nous accélérions l'automatisation," juge-t-il.

WAM - DP World
DP World dispose déjà de plusieurs terminaux entièrement automatisésWAM - DP World

Des bâtiments "conscients" grâce à l'intelligence artificielle

Le programme lancé par les autorités de Dubaï se concentre sur cinq domaines : la production et la fabrication, les services aux consommateurs et le tourisme, la mobilité et la logistique connectées, les environnements extrêmes et la santé. Le secteur de l'immobilier pourrait lui aussi bénéficier de retombées économiques importantes.

"L'élément clé, c'est de créer des biens conscients, c'est-à-dire intelligents : c'est quand un bâtiment vous dit comment il doit être géré et entretenu," précise Chris Roberts, président du conseil de Singularious et PDG de groupe d'Eltizam Group. "S'agissant de créer une ville consciente - et c'est ce que nous cherchons à faire actuellement aux Émirats -," poursuit-il, "cela signifie que la ville dans son ensemble est capable de vous dire comment elle doit être gérée. Pour y arriver, on a besoin de données, d'automatisation et d'un environnement légèrement différent de celui dans lequel nous sommes aujourd'hui et l'annonce de son Altesse nous permet de le mettre en place beaucoup plus vite," estime-t-il. "Soit dit en passant, en développant une ville consciente, on réduit les coûts de 20 à 30%, la gestion des bâtiments gagne en efficacité et les ressources qu'ils utilisent sont elles aussi plus efficaces et au final, ce n'est pas un bâtiment qui est géré de cette manière, mais 3 000 gratte-ciels aux Émirats qui ont cette efficacité et forment une sorte de hub," imagine-t-il.