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Plus grand concours de personnalités IA : les influenceurs virtuels sont-ils l’avenir ?

Modèle d’IA espagnol Aitana
Le modèle d’IA espagnol Aitana Tous droits réservés  The Clueless/Fanvue
Tous droits réservés The Clueless/Fanvue
Par Roselyne Min
Publié le
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Influenceurs virtuels : un concours pour avatars d’IA teste les limites des normes de beauté

Des milliers de « personnalités » générées par l’IA sont en compétition dans un nouveau programme de récompenses mondial que les organisateurs présentent comme le plus grand concours de ce type.

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Les « AI Personality of the Year Awards », coorganisés par la plateforme de création d’IA OpenArt et la plateforme d’abonnements pour créateurs Fanvue, invitaient les participants à créer, publier et développer des personnages virtuels dans plusieurs catégories, notamment divertissement, lifestyle, humour, fitness, ainsi que des personnages d’anime, de dessin animé ou de fantasy.

Le concours s’est déroulé sur plusieurs semaines et les candidats devaient publier au moins quatre publications pendant la période du défi. Les gagnants seront annoncés ce mois-ci, selon OpenArt.

« Nous avons eu une réponse incroyable, avec environ 3 300 candidatures au total », a déclaré à Euronews Next Chloe Fang, responsable des partenariats chez OpenArt. Elle a ajouté que les récompenses dépasseraient 90 000 dollars (environ 76 000 €) en prix et cadeaux.

Les organisateurs le décrivent comme le plus grand concours spécifiquement dédié aux personnalités générées par l’IA, un domaine qui, selon eux, se démocratise de plus en plus.

Au cours des 18 derniers mois, les personnalités générées par l’IA se sont installées dans la culture populaire, fédérant des communautés de fans fidèles et décrochant d’importants contrats de marque, selon les organisateurs.

Si les lauréats n’ont pas encore été révélés, l’un des candidats les plus suivis du concours, d’après les informations communiquées par les organisateurs, est Jae Young Joon, un personnage de mannequin coréen masculin généré par l’IA qui compte plus de 400 000 abonnés sur Instagram et TikTok.

Le profil de Jae indique clairement qu’il est généré par l’IA mais, selon les organisateurs, les fans continuent de lui envoyer des messages touchants et des lettres d’amour.

Le compte est géré par Luc Thierry, un créateur canadien. La conclusion qu’il en tire, d’après les organisateurs, est que le public se soucie moins de savoir si une persona est réelle que de la sincérité du lien émotionnel ressenti.

Polémique autour des images d’êtres humains générées par l’IA

Cette frontière de plus en plus floue entre réalité et fiction est aussi ce qui rend les personnalités virtuelles éthiquement problématiques.

L’IA générative suscite déjà des inquiétudes quant à la sécurité de l’emploi, au respect du droit d’auteur et à la pornographie liée aux deepfakes.

En janvier, le chatbot Grok de xAI, l’entreprise d’Elon Musk, s’est retrouvé sous le feu des critiques après que des utilisateurs ont généré à répétition des images sexuellement explicites de femmes et de mineurs. Cela a poussé X à restreindre certaines des fonctionnalités de génération d’images de Grok et a renforcé les inquiétudes plus larges sur la rapidité avec laquelle les outils d’IA peuvent être utilisés pour créer des images intimes sans consentement.

Parallèlement, les critiques estiment que la génération d’images par l’IA risque d’accentuer encore la promotion de corps irréalistes, un travers déjà reproché depuis des années aux réseaux sociaux. L’influenceur « parfait » n’a plus besoin d’éclairage, de bonne génétique, de chirurgie esthétique, de filtres ni même d’un corps physique.

Des travaux de recherche suggèrent que même des requêtes neutres peuvent produire des résultats très biaisés. Une étude menée en 2026 par l’université de Toronto, au Canada, a montré que les générateurs d’images par IA produisaient de manière disproportionnée des personnes jeunes, blanches et, s’agissant des femmes, minces, aux traits symétriques et à la peau sans imperfections.

Ces critiques ne sont pas entièrement nouvelles pour Fanvue. L’an dernier, la plateforme a coorganisé ce qu’elle a présenté comme le premier concours de beauté au monde réservé à des femmes générées par l’IA, Miss AI, qui a suscité des questions sur le fait que ces candidates synthétiques risquent de renforcer des standards de beauté étroits et irréalistes plutôt que de les diversifier.

Fang affirme toutefois que les prix ne sont pas jugés principalement sur l’apparence, mais sur la qualité, l’inspiration, l’attrait pour les marques et l’engagement des fans.

Selon elle, les premiers influenceurs virtuels étaient souvent associés à des « jolies filles sur Instagram », mais les candidatures incluent désormais des personas liées à la musique, des personnages de divertissement, des figures de fantasy, des personnalités masculines générées par l’IA ainsi que des créateurs travaillant autour des thématiques LGBTQ+ et de la représentation culturelle.

Elle ajoute qu’OpenArt et Fanvue ont mis en place des garde-fous. Côté plateforme, OpenArt utilise des outils destinés à repérer les risques potentiels en matière de droits d’auteur et les contenus nuisibles, et les candidatures sont examinées par des humains du côté de l’organisation du concours.

« Nos règles interdisent les discours de haine, le harcèlement et les contenus à caractère sexuellement explicite », précise Fang.

OpenArt indique également que les participants viennent d’horizons très divers, ce qui, selon les organisateurs, reflète la variété de points de vue qui investissent ce domaine. D’après OpenArt, 37 % des créateurs viennent d’Europe et du Royaume-Uni, environ 30 % d’Amérique du Nord, 18 % d’Asie, 5 % d’Amérique latine, 4 % d’Afrique et 4 % du Moyen-Orient.

Ces chiffres concernent toutefois les créateurs humains à l’origine des candidatures. Les organisateurs n’ont pas fourni à Euronews Next de données démographiques sur les personnalités générées par l’IA elles-mêmes.

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