Dharmendra Pradhan a annoncé sa démission dans un message publié sur X, offrant une victoire majeure au mouvement de jeunesse à l'origine des manifestations, sit-in et grèves de la faim organisés à travers le pays.
Le ministre indien de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé sa démission samedi, après plusieurs semaines de manifestations de grande ampleur menées par des jeunes pour dénoncer des fuites présumées de sujets d'examen et des irrégularités dans le système éducatif.
"Je suis profondément peiné par les événements de ces dix derniers jours. Il ne s'agit pas, pour moi, d'une question de prestige personnel", a déclaré Dharmendra Pradhan dans un communiqué publié sur le réseau social X.
"J'ai adressé ma lettre de démission au Premier ministre", a-t-il ajouté dans un message rédigé en hindi.
Le "Parti des cafards" (CJP), mouvement né sur les réseaux sociaux à l'origine de la contestation, a indiqué, après la démission du ministre, que l'ensemble de ses revendications avaient été satisfaites à l'issue d'un nouveau cycle de discussions. Il a annoncé mettre fin aux manifestations, concentrées autour du site de Jantar Mantar, dans le centre de New Delhi.
"Nous appelons chacun à quitter pacifiquement les lieux de rassemblement", a déclaré Ashutosh Ranka, porte-parole du CJP, à l'origine du mouvement de protestation, lors d'une conférence de presse à New Delhi.
Le mouvement des "Cafards" est né il y a un peu plus d'un mois, après des accusations de fuites lors de certains des principaux concours d'enseignement supérieur du pays. Parti d'un appel à une réforme du système éducatif, il s'est progressivement transformé en un mouvement de contestation plus large, portant sur le chômage, la responsabilité du gouvernement et les perspectives économiques.
Le nom du mouvement a d'ailleurs été choisi en référence, sur un mode ironique, à des propos du président de la Cour suprême comparant les chômeurs à des "parasites". Son acronyme, CJP, fait également écho à celui du BJP, le parti au pouvoir de Narendra Modi.
Des étudiants, des salariés, des familles et des militants ont participé aux rassemblements organisés à New Delhi et dans plusieurs autres villes du pays.
La démission de Dharmendra Pradhan constitue la première concession majeure de l'exécutif face à l'un des mouvements de contestation les plus visibles de ces dernières années.
Le gouvernement de Narendra Modi a rarement cédé à une pression populaire prolongée au cours de ses plus de douze années au pouvoir. L'exemple le plus marquant remonte à 2021, lorsqu'il avait été contraint d'abroger des lois agricoles controversées après plus d'un an de mobilisation des agriculteurs.
L'annonce de la démission de Dharmendra Pradhan a déclenché des scènes de liesse parmi les milliers de manifestants qui campent depuis plus d'un mois sur le principal site de protestation de New Delhi. Beaucoup se sont embrassés et ont agité le drapeau indien.
La tension était montée d'un cran lundi, lorsque la police était intervenue pour disperser des milliers de manifestants qui marchaient vers le Parlement. Plusieurs étudiants avaient été blessés lors de cette intervention, attisant encore la colère des protestataires.
Le gouvernement Modi avait auparavant tenté d'apaiser les tensions en annonçant la création de tribunaux spéciaux chargés de traiter rapidement les affaires de fuites de sujets d'examen. Il avait également promis une loi destinée à renforcer la lutte contre la fraude et la corruption dans le système des concours.
Ces mesures n'ont toutefois pas convaincu les manifestants, qui estimaient qu'elles ne répondaient pas à la question de la responsabilité du gouvernement. Les partis d'opposition, qui ont soutenu le mouvement, ont affirmé que la démission de Dharmendra Pradhan montrait que l'exécutif avait fini par céder à une pression populaire durable.