Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a laissé entendre que l'objet qui s'était écrasé en Pologne était un missile de croisière russe destiné à frapper l'Ukraine.
Un porte-parole de l'OTAN a indiqué que l'Alliance était en « contact étroit » avec les autorités polonaises après la chute en Pologne de ce qu'elle a qualifié de « missile russe ».
« En réponse à un missile russe — dont le type n'est pas encore connu — ayant pénétré dans l'espace aérien polonais avant de s'écraser sur le territoire national (l'un des nombreux missiles tirés par la Russie vers l'Ukraine au cours de la nuit), l'OTAN et la Pologne ont activé leurs défenses aériennes et terrestres », a déclaré Martin O'Donnell, porte-parole du quartier général de l'OTAN pour l'Europe, cité par l'AFP.
« Deux avions de chasse de l'OTAN — des F-16 polonais —, un avion ravitailleur Airbus A330 de l'unité multinationale de ravitaillement en vol et de transport de l'OTAN, un avion polonais Saab 340 de détection et de commandement aéroporté ainsi qu'un hélicoptère polonais Mi-24 ont été déployés en urgence », a-t-il ajouté.
Un objet non identifié a atterri profondément à l'intérieur du territoire polonais lors d'une salve massive de missiles russes visant l'ouest de l'Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi, provoquant une explosion dans une localité proche de la ville de Lublin, dans l'est de la Pologne.
« Une violation de l'espace aérien polonais a eu lieu lors de l'attaque massive de missiles russes contre l'ouest de l'Ukraine », a écrit le Premier ministre polonais Donald Tusk sur X.
Selon les autorités polonaises, l'explosion a laissé un cratère de 10 mètres de diamètre. Les habitants de Tarnawa Kolonia ont signalé avoir entendu une détonation vers 4 heures du matin (heure locale), qui a fait trembler les vitres de leurs habitations, a indiqué la police dans un communiqué.
Les forces de l'ordre se sont rendues dans un champ situé à environ deux kilomètres des habitations et ont découvert un "cratère" de 10 mètres de large ainsi que des "débris d'un objet non identifié", ajoute le communiqué.
Le commandement des forces armées a précisé qu'un hélicoptère Mi-24 avait survolé la zone et localisé "le point d'impact probable de l'objet sur un terrain non bâti". Les autorités polonaises n'ont fait état d'aucune victime dans l'immédiat à la suite de cette explosion.
Les autorités polonaises n'ont pas immédiatement fait état de victimes suite à l'explosion.
Kyiv dénonce une "violation de l'espace aérien de l'OTAN"
L'objet n'a été identifié que par l'Ukraine : le ministre des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a suggéré qu'il s'agissait d'un missile de croisière russe qui, selon lui, visait initialement l'Ukraine mais a manqué sa cible.
"Au cours de la nuit, un missile de croisière russe Kh-101 a pénétré dans l'espace aérien polonais lors d'une frappe massive de la Russie contre l'Ukraine, violant ainsi l'espace aérien de l'OTAN", a écrit Sybiha dans une publication sur X.
Le chef de la diplomatie ukrainienne a appelé les alliés de Kyiv à soutenir les défenses aériennes de son pays, soulignant qu'une Ukraine plus forte dans le ciel signifie, par extension, une Europe plus sûre.
"C'est une nouvelle preuve évidente qu'il est urgent de renforcer la défense aérienne de l'Ukraine dès maintenant, car elle constitue une garantie pour la protection de l'ensemble de la communauté euro-atlantique", a-t-il ajouté.
Andriy Sybiha a précisé que cette dernière salve — l'une des plus importantes lancées par la Russie depuis un certain temps — comprenait au moins 74 missiles, dont beaucoup de type balistique, ainsi que des centaines de drones iraniens Shahed.
"L’Europe restera unie face à cette agression"
Le président du Conseil européen, António Costa, a fermement condamné la violation de l'espace aérien et du territoire polonais, qualifiant la Russie de menace pour l'ensemble du continent.
"L’espace aérien polonais a également été violé lors de cette attaque, ce qui souligne une fois de plus que l’agression russe constitue une menace pour la sécurité de l’Europe dans son ensemble", a-t-il écrit sur X.
Dans sa déclaration, António Costa rejoint la position de Sybiha en appelant lui aussi l’UE à renforcer son soutien militaire à l’Ukraine, afin de mieux l’équiper pour se défendre — et défendre l’Europe — face à l’agression russe, à laquelle Kyiv résiste depuis que le Kremlin a lancé son invasion en février 2022.
"Nous intensifions notre soutien pour renforcer la défense aérienne de l’Ukraine, y compris ses capacités antimissiles et anti-drones. L’Europe restera unie face à cette agression", a-t-il déclaré.
L'Ukraine réclame depuis longtemps davantage de systèmes de défense aérienne aux États-Unis, notamment des batteries Patriot, ainsi que des capacités antimissiles.
Lors de sa première rencontre avec le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réitéré ses demandes concernant l'octroi de missiles antibalistiques supplémentaires, une question que le locataire du 10 Downing Street s'est engagé à examiner plus en détail dans les semaines à venir.