Le Népal rend hommage aux victimes des inondations qui ont fait plus de 1 300 morts et quelque 5 000 disparus. Les recherches se poursuivent, en particulier dans les tunnels de plusieurs chantiers hydroélectriques où des centaines d'ouvriers pourraient être piégés.
Le Népal a observé lundi une journée de deuil en mémoire des victimes des inondations dévastatrices qui ont frappé le pays il y a près de deux semaines. Les drapeaux ont été mis en berne dans les bâtiments gouvernementaux, tandis que les familles accomplissaient les rites funéraires.
Ce lundi marque le treizième jour depuis les crues, qui ont fait plus de 1 300 morts au Népal et au Tibet et laissé quelque 5 000 personnes portées disparues, dont des étrangers, selon l'agence népalaise de gestion des catastrophes.
Au Népal, pays majoritairement hindou, le deuil dure traditionnellement 13 jours. Durant cette période, les proches restent à leur domicile et reçoivent la visite des membres de leur famille. Le treizième jour est consacré à des rites destinés à prier pour l'âme des défunts.
Des familles dont les proches sont toujours portés disparus ont également organisé des funérailles symboliques. Dans la tradition hindoue, la crémation constitue un rite essentiel et, même en l'absence des corps, ces cérémonies peuvent apporter aux familles un sentiment de libération spirituelle.
À Katmandou, des proches de disparus se sont rassemblés près des bureaux du Premier ministre et des principaux ministères pour demander au gouvernement d'accélérer les recherches. Des centaines de personnes qui travaillaient sur des chantiers hydroélectriques auraient été emportées par les eaux de la rivière Bhotekhoshi ou ensevelies sous les décombres.
Les opérations se concentrent désormais sur 12 projets hydroélectriques, où quelque 900 travailleurs sont portés disparus et environ 500 seraient toujours coincés dans différents tunnels, selon les autorités.
Un défi sans précédent
Cette catastrophe représente un défi inédit pour les secouristes.
"Nous sommes confrontés à une situation que je n'ai jamais connue auparavant", a déclaré lundi l'expert australien des opérations de sauvetage Arnold Dix, président de l'International Tunnelling and Underground Space Association.
Les opérations se poursuivent "au même rythme que le premier jour", a assuré le porte-parole de l'armée népalaise, Raja Ram Basnet.
"Notre priorité est la recherche et le sauvetage à trois niveaux : au sol, par les airs et dans les tunnels. Nous veillons à ce que plus personne ne reste coincé."
Le sauvetage de trois ouvriers piégés dans les tunnels ce week-end a ravivé l'espoir de retrouver d'autres survivants.
Des équipes spécialisées venues d'Inde, de Chine, de Corée du Sud et des États-Unis participent aux opérations, fouillant les décombres, les structures endommagées et les tunnels à la recherche de survivants.
"On ne nous juge pas seulement aux vies que nous sauvons, mais aussi à celles que nous refusons d'abandonner", a déclaré Arnold Dix, qui avait joué un rôle clé comme conseiller lors du sauvetage de 41 ouvriers restés piégés pendant 17 jours dans le tunnel effondré de Silkyara, en Inde, en 2023.
"Silkyara m'a appris à ne jamais confondre improbable et impossible", a-t-il ajouté.