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Jérusalem : la communauté internationale met en garde Donald Trump

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Jérusalem : la communauté internationale met en garde Donald Trump

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Sans attendre la confirmation de Donald Trump quant au déménagement symbolique de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, la communauté internationale n’a pas tardé à réagir en condamnant ou en exhortant Washington à renoncer à cette mesure.

Ce déménagement équivaudrait à une reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël. Tour d’horizon des réactions.

En Europe

Dès lundi soir, le président français a également exprimé sa préoccupation lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump. Emmanuel Macron a rappelé que la question du statut de Jérusalem devra être réglée dans le cadre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, visant en particulier l’établissement de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité avec Jérusalem pour capitale », selon un communiqué de l’Elysée.

Le Pape François a appelé mercredi au « respect du dialogue » entre les religions. « La Terre sainte est pour nous, chrétiens, la terre du dialogue entre dieu et l’humanité (…). La condition première de ce dialogue repose sur le respect réciproque et l’engagement à renforcer ce respect dans le souci de reconnaître les droits de tous les peuples, où qu’ils soient ».

Boris Johnson, le ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré avoir pris connaissance « avec inquiétude » du projet américain. « Nous pensons que Jérusalem devrait évidemment faire partie de l’accord final entre Israéliens et Palestiniens. Le ministre a ajouté que le Royaume-Uni ne comptait pas déménager son ambassade.

Sigmar Gabriel, le ministre allemand des Affaires étrangères a pour sa part rappelé que la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d'Israël n’allait pas calmer le conflit actuel « mais l'alimente encore plus », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères. "Il est dans l'intérêt de tout le monde que cela n'arrive pas". Le ministère craint que de violents affrontements n’éclatent au Moyen-Orient suite à la décision américaine.

Même mise en garde de Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne. Lors d’une visite de Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, elle a déclaré : "Une solution doit être trouvée à travers des négociations pour résoudre le statut de Jérusalem comme future capitale de deux Etats (israélien et palestinien), de façon à répondre aux aspirations des deux parties".

De son côté le président turc a carrément menacé de rompre les relations diplomatiques entre la Turquie et Israël si Donald Trump met à exécution son projet. “M. Trump, Jérusalem est la ligne rouge des musulmans”, a souligné mardi Recep Tayyip Erdogan. Un porte-parole du gouvernement turc a lui aussi indiqué mercredi que le projet du president américain allait plonger la région et le monde dans un feu sans fin ».

Manuel Hassassian, le représentant palestinien au Royaume-Uni, a déclaré craindre une nouvelle flambée de violence en raison de ce “baiser de la mort au processus de paix”.

Au Moyen-Orient

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne a mis le président américain en garde contre les "conséquences dangereuses d'une telle décision sur le processus de paix, la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde." « Nous n'accepterons plus la médiation de l'Amérique, nous n'accepterons plus la médiation de Donald Trump. Ce sera la fin du rôle joué par les Américains dans ce processus", a déclaré un haut conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Chaath.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a recommandé à ses ministres de garder le silence, selon les médias locaux. Cela n’a pas empêché le maire de Jérusalem Nir Barkat de déclarer : “cette decision historique va envoyer un message très clair au monde indiquant que les Etats-Unis sont aux côtés du peuple juif et de l’Etat d’Israël ».

Le roi Abdallah de Jordanie a déclaré que « la décision aura de sérieuses répercussions qui vont saper les efforts pour reprendre le processus de paix et va provoquer des réactions chez les musulmans comme chez les Chrétiens ».

Le roi Salmane d'Arabie saoudite a également mis en garde les Etats-Unis affirmant qu'une telle décision risquait de provoquer «la colère des musulmans». «C'est un pas dangereux», a dit le roi saoudien lors d'un entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump, a rapporté la télévision d’Etat.

Ce déménagement « est l'aboutissement du crime d'usurpation de la Palestine et du déplacement du peuple palestinien", a déclaré l'agence de presse syrienne SANA, citant une source du ministère des Affaires étrangères.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a déclaré mardi que la décision des Etats-Unis serait une "mesure dangereuse qui aurait des répercussions" dans toute la région.

Le président iranien Hassan Rohani a fustigé la décision que doit prendre mercredi son homologue Donald Trump. L'Iran "ne tolèrera pas une violation des lieux saints musulmans", a-t-il affirmé lors d'un discours devant des responsables à Téhéran. "Les musulmans doivent rester unis face à ce grand complot".

Autres réactions

Le Kremlin a déclaré mercredi que la Russie était préoccupée par le fait que le conflit israélo-palestinien puisse s’aggraver. "Cependant, nous ne discuterons pas des décisions qui n'ont pas encore été prises", a précisé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Mardi, le président russe Vladimir Poutine a téléphoné au président palestinien Mahmoud Abbas pour lui dire que Moscou soutenait la reprise des pourparlers entre Israël et l’Autorité palestinienne y compris sur le statut de Jérusalem, selon le Kremlin.

Le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric a déclaré : "Nous avons toujours considéré Jérusalem comme une question de statut final qui doit être résolue par des négociations directes entre les deux parties sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité".

Avec Agences