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Les rapports troubles de Viktor Orbán avec Bruxelles

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Les rapports troubles de Viktor Orbán avec Bruxelles

Les rapports troubles de Viktor Orbán avec Bruxelles
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Huit ans après être devenu le chef du gouvernement hongrois, Viktor Orbán a pris progressivement ses distances vis-à-vis de l’Union européenne.

En 2016, un référendum rejette la politique européenne de quotas migratoires et l’an dernier, Budapest s’est attiré les foudres de Bruxelles pour avoir ciblé des ONG venant en aide à des demandeurs d’asile.

Depuis, la Hongrie de Viktor Orbán mène une fronde contre l’UE, à coup de campagnes d’affichage et d'attaques contre le milliardaire américain d’origine hongroise, George Soros.

Guy Verhofstadt, eurodéputé libéral belge, ne perçoit pas d'un bon oeil cette stratégie :

"Dans le cas de la Pologne, nous l'avons déjà fait, il y a une procédure qui a été lancée devant le Conseil européen sur la base de l'article 7 et je pense qu'il faut faire la même chose pour la Hongrie. Quand on voit qu'il y a aussi un certain nombre d'affaires de corruption impliquant de l'argent en Europe, on ne peut pas continuer comme ça et fermer les yeux sur ces cas".

Malgré sa réélection aux législatives de 2014, la politique de Viktor Orbán ne fait pas l’unanimité dans son pays :

"Viktor Orbán veut mettre de la distance vis-à-vis de l’UE. Il est évident qu'il n'ose pas interroger les électeurs sur notre appartenance à l'Union, afin de créer une Europe à double vitesse et la majeure partie des États nous dépasse", commente István Ujhelyi, député européen socialiste hongrois.

A l’intérieur du camp de Viktor Orbán, le Parti populaire européen, nombreux sont ceux qui regardent le Premier ministre hongrois avec méfiance, dont le député européen conservateur allemand Elmar Brok :

"Orbán est plus intelligent et moins idéologique que Kaczinsky, c'est pourquoi il préfère ne pas aller plus loin. Nous devons être très prudents avec un tel pays et garder un œil sur lui, mais c’est tout".

Malgré les remous en interne, le président des conservateurs européens, Manfred Weber, tient à assurer son soutien à Viktor Orbán :

"Son parti, le Fidesz fait du bon travail en Hongrie, nous y constatons un bon développement économique. D'autre part, Viktor Orbán contribue à freiner l’immigration illégale sur la route des Balkans, cela a été accueilli positivement. Et c'est pourquoi nous souhaitons du succès à Viktor Orbán et pour son parti, nous leur souhaitons de gagner ".

"Le Parti populaire européen est la plus grande famille politique de l'Union européenne, nous sommes très puissants et influents. Mais nous avons un large éventail d'idées dans notre groupe, donc il est normal d'avoir des discussions en interne sur certaines questions. Nous nous félicitons de ces échanges sur l'orientation du PPE. Et pour le reste, c'est aux électeurs hongrois de décider dans quelle direction leur pays doit aller".

Pourtant, c’est du côté des partis populistes et eurosceptiques que Viktor Orbán rencontre son meilleur succès :

Nigel Farage, député européen d'extrême droite britannique

"Je pense que Viktor Orbán est le leader le plus fort de tous les pays européens à l'heure actuelle. Il représente l'État-nation. Il défend les valeurs judéo-chrétiennes de son pays. Il a le courage d'affronter Soros. Et les gens aiment ça. Si j'étais hongrois, je sais exactement pour qui je voterais", a déclaré Nigel Farage, député européen britannique d'extrême droite.

Même son de cloche pour Matteo Salvini, le chef du parti d’extrême droite italien « la Ligue » : eurosceptique convaincu, il voit en Viktor Orbán une exception dans le paysage politique européen :

"Je pense que, de plusieurs points de vue, le gouvernement hongrois a fait absolument ce qui était dans l'intérêt du peuple contrairement aux autres gouvernements européens".

Le Commissaire hongrois, en charge de l’éducation et de la culture, Tibor Navracsics, tient à relativiser les rapports électriques entre Budapest et Bruxelles

"Il y a beaucoup de débats entre la Hongrie et l'UE. Mais à cet égard, la Hongrie ne se trouve pas dans une situation exceptionnellement difficile ou pénible. On peut citer la Pologne, en Europe centrale, ou la Roumanie, qui ont beaucoup de débats et qui entretiennent à la fois des relations étroites avec les institutions de l'UE, comme c’est le cas d’autres pays occidentaux".