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Migrants : l'ultimatum qui menace Merkel

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Migrants : l'ultimatum qui menace Merkel

Migrants : l'ultimatum qui menace Merkel
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Angela Merkel a deux semaines la durcir sa politique migratoire. C'est l'ultimatum fixé par l'aile droite de sa coalition, la CSU. Voilà l'Allemagne de nouveau menacée par une crise gouvernementale.

Le dilemme est cornélien pour la chancelière : mettre en péril une large alliance politique durement négociée l'an dernier ? Ou abandonner tout projet de réponse européenne coordonnée ?

Cette dernière a assuré qu'aucun décision ne serait prise avant le mois de juillet, après une série de discussions avec les partenaires européens de l'Allemagne, expliquant "qu'à la CDU, nous sommes convaincus que peu importe ce que nous faisons, nous devons prendre en compte les intérêts allemands ET européens".

"Nous avons pris acte aujourd'hui du fait qu'il est dans l'intérêt de l'Allemagne de conduire et de gérer la politique migratoire avec nos partenaires européens. Nous pensons qu'en tant que pays au cœur de l'Europe, la fermeture de nos frontières pourrait provoquer un effet domino négatif", a-t-elle ajouté.

La CSU, le parti conservateur bavarois, exige que l'Allemagne refoule les migrants déjà enregistrés dans un autre pays.... C'est à dire presque tous ceux qui arrivent en Allemagne via la Grèce ou l'Italie.

Réuni ce lundi à Munich autour de son président, le ministre de l'intérieur Horst Seehofer, l'allié historique de la chancelière, durcit le ton :

"Il ne s’agit pas de 14 jours. Il s’agit d’un désaccord fondamental. Nous voulons cette solution nationale, à moins qu’une solution européenne soit trouvée", a fermement déclaré Horst Seehofer, qui avait prôné pour la formation d'un "axe des volontaires" ente Berline, Rome et Vienne, prenant à contre-pied la position d'Angela Merkel.

Pour beaucoup d'analystes allemands, le conflit dépasse largement la question migratoire. "C'est la journée où le destin d'Angela Merkel et celui du gouvernement se décident", soulignaient ce matin le Bild, premier quotidien du pays.

Le temps presse à Berlin et Bruxelles, d'où la Commission européenne a estimé ce lundi que "seule une solution européenne et un accord européen peuvent résoudre ce problème". Faute d'accord lors du Conseil européen des 28 et 29 juin, Horst Seehofer menace de fermer les frontières dès le mois de juillet.