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Un Syrien dessine ses cauchemars

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Il a passé un an au fond des geôles syriennes. Najah Albukai n'est ni rebelle, ni jihadiste mais professeur de dessin. Trois ans plus tard, sa tête est toujours rempli des fantômes qu'il y a croisés. Des compagnons de cellule qu'il dessine depuis son exil parisien. L'horreur de la violence, des tortures, les hommes qui agonisent...Najah Albukai n'a absolument rien oublié.

Il a des croquis plein ses placards, des centaines de pages qui racontent avec précision parfois, ce que vivent les prisonniers. "On fait rentrer la chaise ici, sous les bras. Et puis on appuie sur la chaise pour que la chaise se redresse, et cela fait que le corps du prisonnier devient complètement courbé."

Au fil des mois passés en prison, l'art devient sa seule échappatoire. Enfermé avec soixante-dix autres personnes dans une cellule de cinq mètres sur trois. Ce qu'il a vécu et vu l'a marqué pour toujours.

"Continuer à dessiner, c'est vraiment ne pas vouloir céder, ne pas vouloir déposer les armes. J'ai l'impression que, si je dessinais maintenant des bouquets de fleurs ou des paysages qui font rêver, c'est que j'aurais déposé les armes."

Fin 2015, il est finalement libéré grâce à sa femme Nabir qui verse une importante somme d'agent à des officiels syriens. Quelques jours plus tard, il fuit en passant par le Liban.

Selon Amnesty international, près de 18 000 personnes sont mortes dans les prisons syriennes entre mars 2011 et décembre 2015.