Paris salue un "moment important pour l'unité de la Syrie", appelant toutes les parties à respecter l'accord.
Le président syrien de transition, Ahmed Al-Charaa, a annoncé dimanche avoir signé un accord de cessez-le-feu avec le chef des forces kurdes en Syrie, Mazloum Abdi. Le texte en quatorze points, publié par la présidence, prévoit notamment l'intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces de sécurité kurdes* au sein des ministères de la Défense et de l'Intérieur.
Quelques heures après l'annonce de Damas, Mazloum Abdi a confirmé l’accord dans une vidéo. Selon lui, celui-ci prévoit le retrait des FDS des régions de Deir ez-Zor et de Raqqa "pour arrêter le bain de sang".
"Nous expliquerons les termes de l'accord à notre peuple dans les prochains jours", a-t-il ajouté.
Lors de déclarations à la presse, Ahmed Al-Charaa n'a pas précisé de calendrier pour la mise en œuvre des différents volets de l'accord, se contentant d'indiquer qu'ils seraient appliqués "progressivement". Le président syrien avait par ailleurs annulé une visite prévue pour mardi à Berlin.
Soutien français des populations kurdes
Dans un communiqué, le Quai d'Orsay a salué un "moment important pour l'unité de la Syrie", estimant que le cessez-le-feu doit permettre d'avancer vers "l'intégration" des Forces démocratiques syriennes (FDS) au sein d'une "Syrie unie et stable", et réaffirmant l'engagement de la France à soutenir ce processus.
Appelant toutes les parties à "respecter" la trêve, la diplomatie française a également souligné rester "fidèle à ses alliés" kurdes avec qui elle a combattu le groupe État islamique.
Un message relayé plus tôt par Emmanuel Macron sur le réseau social X, le président insistant sur la nécessité de parvenir à "un accord" sur l'intégration des FDS à l'État syrien.
Après avoir renversé Bachar Al-Assad il y a plus d’un an, le nouvel homme fort de Syrie a insisté dimanche quant à une nécessaire "souveraineté syrienne sur l’ensemble de son territoire .
Ces dernières semaines, les forces armées du gouvernement ont mené une campagne de reconquête des territoires du Nord et du Nord-Est du pays, contrôlé par les forces kurdes depuis près d'une décennie. Outres quelques tensions en début du mois dans la ville d'Alep, ceux-ci n'ont pourtant pas opposé de véritable résistance à l'avancée des troupes gouvernementales.
Quelques milliers de familles kurdes qui vivaient dans les zones conquises par les forces gouvernementales ont fui vers la ville de Qamishli, contrôlée par les FDS, pendant l'offensive.
La minorité kurde avait pris le contrôle durant la guerre civile de ces territoires qui incluent des champs pétroliers et gaziers. La région est plus tard devenue le centre de combat de la coalition internationale antidjihadiste menée par les États-Unis lors de la lutte contre l'état Islamique, qui avait fait de Raqqa sa capitale.
*Structures de maintien de l'ordre au sein des zones kurdes, distinctes de l'armée de combat – Euronews.