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Les beaux jours du tourisme durable et éthique

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Les beaux jours du tourisme durable et éthique

Les beaux jours du tourisme durable et éthique
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Le tourisme durable et éthique est en train de changer le visage de ce secteur qui représente à l'échelle mondiale, environ 7000 milliards d'euros. à l'heure où de plus en plus de pays s'efforcent d'élargir leur offre pour répondre à cette tendance, nous faisons le point au World Travel Market qui vient de se dérouler à Londres.

Le World Travel Market de Londres est le plus grand événement au monde pour le secteur du tourisme avec plus de 5000 exposants et plus de 51.000 visiteurs. "C'est l'endroit idéal pour en savoir plus sur les tendances de fond qui influenceront nos expériences de voyage dans l'avenir," indiquenotre reporter Jane Witherspoon qui s'est rendue à sa toute dernière édition début novembre 2018. Rappelons que ce secteur représente à l'échelle mondiale, environ 7000 milliards d'euros et plus de 307 millions d'emplois.

Inde : "Grâce à internet, les touristes se rendent dans de nouveaux endroits"

"Et quel meilleur point de départ pour nous qu'un pays doté d'un patrimoine culturel riche, de 22 langues nationales et de plus de 1000 dialectes ? À savoir : l'Inde !" souligne notre journaliste.

Les touristes avisés en veulent naturellement plus pour leur argent. L'envie de vivre une expérience ou une aventure unique est de plus en plus l'un des principaux prérequis quand ils préparent une escapade en Inde en tirant profit des outils numériques.

"La technologie et la présence de ces destinations sur le net incitent les touristes à se rendre dans de nouveaux endroits et cela contribue aussi massivement au développement du tourisme durable parce qu'aujourd'hui, les visiteurs vont au contact des populations," fait remarquer Rashmi Verna, secrétaire au ministère indien du tourisme. "Ils font des séjours chez l'habitant au fin fond des régions les plus reculées : c'est internet qui leur donne l'information et c'est comme cela qu'ils réservent leurs vacances aujourd'hui," poursuit-elle.

Le tourisme durable qui a un impact positif sur l'environnement, la société et l'économie va de pair avec sa déclinaison éthique. "À l'heure actuelle, le voyageur est très conscient des choses et il veut que l'aspect éthique soit pris en compte; il veut qu'il y ait de plus en plus de participation des populations locales et qu'elles ne soient pas exploitées," ajoute la ministre indienne du tourisme.

"C'est devenu aujourd'hui un aspect très important pour toutes les destinations touristiques parce que les gens ne veulent pas se contenter de voir des sites : ils veulent faire l'expérience de la culture locale, de la cuisine locale et donc, l'implication des habitants - du point de vue également du tourisme responsable - est devenue très, très importante," estime-t-elle.

Île Maurice : "Les touristes doivent découvrir comment les habitants vivent"

Ce thème trouve aussi un écho en plein cœur de l'Océan indien, sur l'île Maurice qui célèbre actuellement les 50 ans de son indépendance. Une destination principalement 5 étoiles.

Son ministre du tourisme Anil Gayan estime que ce secteur doit nouer des relations plus étroites avec les communautés locales. "Il n'y a pas d'industrie touristique durable sans implication de l'ensemble de la population et le tourisme sera un échec s'il ne respecte pas l'environnement," insiste-t-il.

"C'est pour cela que nous protégeons l'environnement, les communautés locales, nous les faisons participer au développement en termes d'emploi, de culture, de divertissement, d'agriculture et de pêche pour que les habitants sentent qu'ils appartiennent à ce secteur," indique Anil Gayan. "Et pour que le tourisme durable perdure, il faut que nous ayons cette participation de la population locale," insiste-t-il.

Pour le ministre mauricien, la perspective d'être au contact de la population locale peut attirer davantage de visiteurs désireux de connaître la véritable Île Maurice.

"Quand un touriste arrive dans un pays, il ne vient pas que pour savourer une grande cuisine ou vivre des expériences culinaires mémorables, il veut découvrir comment les habitants vivent, dans des conditions qui ne sont peut-être pas parfaites, mais ils sont heureux et je crois que c'est bien ce dont il est question à Maurice," estime-t-il.

Géorgie : "Impliquer les blogueurs et les influenceurs"

Sa beauté est relativement méconnue : la Géorgie se tourne - elle - vers les touristes eux-mêmes pour faire sa promotion. "80% de notre budget marketing est consacré aux médias numériques et nous essayons d'impliquer les blogueurs et les influenceurs qui écrivent sur la Géorgie," déclare Ana Kekelia, adjointe de l'Office géorgien du tourisme.

"L'an dernier," poursuit-elle, "nous avons mené une campagne très intéressante de ce point de vue : nous avons réuni grâce à l'intelligence artificielle, les posts qui avaient été publiés en 2017 sur les réseaux sociaux et nous avons créé avec cela, un guide numérique."

Les responsables du tourisme géorgien estiment que la participation des habitants est essentielle tout comme les efforts à mener dans l'éducation. "C'est vraiment important de faire passer un message auprès de ceux qui vivent sur place et de leur apprendre combien le tourisme durable est important," juge Ana Kekelia.

Japon : le tourisme par le sport, mais pas que...

Le Japon de son côté compte bien changer la donne en matière de tourisme par le biais du sport en accueillant la Coupe du monde de rugby 2019, puis les Jeux olympiques de 2020. "Mais cette nation a beaucoup plus que ces événements à offrir que l'on soit ou non fan de sport," fait remarquer notre journaliste Jane Witherspoon.

Réputé pour la beauté de sa nature et la richesse de sa culture et de son histoire, le Japon connaît un boom touristique sans précédent. 1,8 millions de spectateurs sont attendus dans le pays lors de la Coupe du monde de rugby l'an prochain. Ses retombées devraient atteindre près de deux milliards d'euros. À cette occasion, les visiteurs seront encouragés à explorer des sites hors des sentiers battus dans l'idée d'encourager le tourisme durable et éthique.

Pour l'Expo 2020, Dubaï voit grand

"Alors qu'elle accueille dans deux ans, l'Expo 2020, tous les regards se tournent vers Dubaï, une ville en pleine évolution," précise Jane Witherspoon. "C'est la première fois que l'Exposition universelle se déroule dans la région du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de l'Asie du Sud : elle devrait attirer jusqu'à 100 millions de visiteurs ; ce qui génère de l'effervescence, mais aussi des changements d'ampleur," renchérit-elle.

"Nous voyons l'Expo 2020 comme une plateforme de six mois pour accueillir le monde," fait savoir Gillian Hamburger, vice-présidente senior de l'Expo 2020 Dubaï. "Mais l'idée, c'est aussi d'inciter nos visiteurs à se dire qu'il faut revenir encore et encore aux Emirats arabes unis car il y a tant de choses à y faire ; dans le domaine du tourisme durable, nos offres sont uniques et il y a tout le temps, beaucoup de choses différentes à voir," assure-t-elle avant de préciser : "Nous avons un laps de temps très court pour bâtir quelque chose de plus grand pour l'avenir."

Dubaï dispose d'une offre touristique de classe mondiale. La ville a promis de devenir le site le plus connecté de la planète en 2020 grâce à la 5G et à ses infrastructures en matière de technologies numériques. Plus globalement, elle veut aussi marquer durablement les esprits à l'occasion de l'Expo 2020.

"Les gens veulent vivre des expériences : ils ne cherchent pas simplement la belle photo et le parfait selfie, mais c'est leur donner la possibilité de s'immerger dans la culture," souligne Gillian Hamburger. "Que vous vouliez prendre un cours de cuisine ou apprendre l'astronomie en allant observer les étoiles dans le désert en ayant accès aux interprétations remontant à l'histoire arabe, vous pouvez le faire aux Emirats," dit-elle. "Cette expérience immersive est importante et il faut aussi que les gens repartent en se disant : J'ai appris quelque chose," explique-t-elle.

Égypte : un musée comme "cadeau pour le monde"

Les Pyramides, la Vallée des Rois, la mer Rouge, le Nil... Autant de sites emblématiques admirés par les 8 millions de personnes qui ont visité l'Egypte l'an dernier.

À l'heure où la fréquentation touristique repart à la hausse dans le pays, un projet pharaonique est mené : le Grand Musée égyptien dont la construction coûte près de 900 millions d'euros.

"Nous avons un musée très important qui va ouvrir en 2020 : c'est le Grand Musée égyptien - son abréviation, c'est GEM 2020 - et il sera l'un des plus grands musées au monde, il fait l'objet du plus gros investissement pour un musée : un milliard de dollars," indique Rania al-Mashat, ministre égyptienne du tourisme. "C'est le seul musée où vous aurez les pyramides en arrière-plan," se réjouit-elle avant d'ajouter : "On espère qu'un maximum de personnes viendra le visiter et ce sera le cadeau que l'Egypte offre au monde."

Dans le même temps, le gouvernement égyptien s'efforce de fournir de nouvelles opportunités d'investissement dans ce secteur et de diversifier la clientèle touristique tout en encourageant le tourisme responsable.

"Aujourd'hui, tout le monde se préoccupe d'environnement," fait remarquer Rania al-Mashat. "Le ministère du Tourisme est en train de lancer un nouveau programme : ses principes visent à s'assurer que toutes les réformes que nous menons sont conformes aux Objectifs de développement durable des Nations Unies ; donc concernant l'émancipation des femmes, la lutte contre la pauvreté et les efforts pour créer des communautés autour des sites que les gens visitent, ce sont tous des principes très importants que nous allons mettre en œuvre," affirme-t-elle.