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The Brief from Brussels : l'extrême droite germe dans les serres d'Andalousie

The Brief from Brussels : l'extrême droite germe dans les serres d'Andalousie
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Dans ce "Brief from Brussels", nous allons au sud de l'Espagne, à El Ejido, sous les serres d'Andalousie où le vote pour l'extrême droite atteint des records. Dans cette municipalité de 90 000 habitants, près d'un tiers de la population est immigrée et exploitée.

Cette ville s'est enrichie en seulement 40 ans grâce à l'agriculture sous serre. Un miracle économique qui ne serait pas possible sans le travail des migrants irréguliers sous les serres.

Une situation de semi-esclavage

Les syndicats dénoncent une situation de semi-esclavage. "C'est l'hypocrisie totale" s'exclame Spitou Mendi, le syndicat des travailleurs.

"Si soudain ces migrants retournent dans leurs pays, ils chercheront d'autres travailleurs car ce secteur a besoin de la main-d'œuvre que nous avons ici, une main d'oeuvre sans formation pour pouvoir en tirer profit." dénonce le syndicat.

Le rejet de cette population immigrée explique en grande partie le succès du parti d'extrême droite, Vox, qui a remporté les élections avec 29,5% des voix. Un succès qui suscite l'inquiétude dans le quartier de Las Norias, où vit une bonne partie de la population immigrée.

Crispations autour du service public

Lola Losada est la tenante du bar "El Sevillano" qui a été détruit en 2000 par des extrémistes. Elle est mariée à un marocain. Elle nous explique qu'il y a des moments où "la coexistence est difficile, où il y a une grande disparité d'opinions". Et que le succès de l'extrême droite sera "la ruine de l'Espagne et de sa jeunesse"

La tension est vive surtout parmi les classes les plus modestes, qui se plaignent de la saturation de certains services publics comme la santé ou l'éducation. Parmi eux, le message de l'extrême droite : "Les Espagnols d'abord" fait mouche. La mairie reconnaît qu'il est nécessaire de continuer à travailler pour l'intégration.

"Nous avons une capacité limitée" explique le maire de la ville, Francisco Gongora. "En ce moment, il est vrai que nous avons quelques problèmes, par exemple pour scolariser les enfants près de chez eux". Et d'ajouter : "Il est nécessaire de travailler beaucoup plus sur la question de l'immigration. Nous ne l'avons pas pris suffisamment au sérieux. »

Une population désabusée

Mais ce vote est aussi une punition et l'expression d'une certaine lassitude contre les partis traditionnels.

"Nous sommes déçus, abandonnés par le gouvernement régional" affirme Manolo Lopez, sympathisant de Vox. "Les socialistes sont aux commandes depuis 36 ans et ne se souviennent de nous que lorsque les élections arrivent. »

D'autres arguments ont donné des ailes à l'extrême droite comme l'indépendance catalane... Ou encore l'espace donné aux revendications féministes.