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Comment l'Eurotunnel s'est adapté au Brexit

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Deux ans de discussions, à Paris, Londres, Bruxelles et plus de deux ans de préparatifs au Brexit pour l'Eurotunnel...

Dès le lendemain des résultats du référendum, autour de la table, les équipes se sont posés de nombreuses questions : "Qu'est ce que cela veut dire ? Qu'est ce que cela va changer", explique John Keefe, le directeur des affaires publiques d'Eurotunnel. "Que se passera-t-il dans le pire des scénarios ?"

Et le pire des scénarios, c'est désormais une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord. Un "no-deal". Un scénario auquel Eurotunnel s'est donc préparé.

Gros budget

15 millions d'euros ont été dépensés pour de nouvelles infrastructures et de nouvelles technologies de contrôle des véhicules et des passagers : nouveaux systèmes de contrôle automatique des passeports ou encore nouveaux détecteurs de rythme cardiaque contre les migrants illégaux...

"Nous vérifions que les camions ne transportent pas des migrants illégaux et dans le même temps, lorsque le chauffeur sera stationné, désormais nous scannerons les documents douaniers et les enverrons aux deux pays : l'importateur et l'exportateur", explique John Keefe. "Dans le cas d'une sortie sans accord, le pire des cas, nous sommes prêts."

"C'est la mort de l'Angleterre"

Une panoplie de nouveaux outils censée éviter une perturbation du trafic. Car chaque année, ce sont plus de 4 millions de véhicules qui circulent et 140 milliards d’euros de marchandises qui sont transportées sous la Manche.

Mais les usagers craignent que toutes ces nouvelles dispositions ralentissent la circulation. "C'est la mort de l'Angleterre", déclare ce chauffeur. "Pour les entreprises aussi cela va être un problème... Il va falloir des heures pour traverser la Manche au lieu d'une heure maintenant", craint-il.

Une heure de traversée qui a déjà coûté cher à Londres... La Grande-Bretagne a dû versé 38 millions d'euros à Eurotunnel pour régler un litige et assurer à l'entreprise que le tunnel sous la Manche resterait, après le Brexit, "la voie de transport de marchandises privilégiée" entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.