Pétrole iranien : la Turquie et la Chine déplorent le retour des sanctions

Pétrole iranien : la Turquie et la Chine déplorent le retour des sanctions
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Après l'annonce de Donald Trump de rétablir les sanctions contre les pays qui achèteraient du pétrole à l'Iran, plusieurs Etats ont vivement protesté.

Parmi ceux-ci, la Turquie, qui affirme ne pas accepter "des sanctions unilatérales et des contraintes" sur la manière dont elle gère ses relations avec ses voisins.

" Politiquement, ce n'est pas correct, estime Mevlut Cavusoglu, le ministre turc des Affaires étrangères. Éthiquement, ce n'est pas correct. En terme de commerce, ce n'est vraiment pas correct. C'est également contre les lois internationales de commerce, contre l'Organisation Mondial du Commerce et c'est dangereux pour la stabilité de la région."

Mêmes critiques du côté de la Chine, qui est l'un des plus gros consommateurs de pétrole iranien.

"_La coopération chinoise avec les entreprises iraniennes et l'Iran est ouverte, transparente, raisonnable et légale, et devrait être respecté_e", a déclaré Geng Shuang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Sans préciser si Pékin suspendrait ou non ses importations de brut iranien, M. Geng a ajouté que la Chine continuerait à "sauvegarder les droits légitimes des entreprises chinoises".

"Porter à zéro les exportations"

Les dérogations, qui permettaient à huit pays d'acheter du pétrole iranien sans être sanctionnés par les Etats Unis, seront annulés à partir du 2 mai.

La Chine, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l'Inde, la Grèce et l'Italie bénéficiaient de ces exemptions.

Donald Trump souhaite "porter à zéro les exportations" et ainsi priver le régime iranien de sa principale source de revenus. Les Etats-Unis renforcent ainsi leur campagne de "pression maximale" pour faire plier l'Iran, leur ennemi numéro un au Moyen-Orient.

Cette mesure, qui a provoqué une forte hausse des cours du pétrole, s'annonce particulièrement délicate pour Pékin, engagé dans de complexes négociations commerciales avec l'administration Trump, et pour New Delhi, allié stratégique des Etats-Unis et troisième importateur mondial de pétrole, dont environ un dixième des achats vient d'Iran.

Avec AFP