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IME s’envole pour la 26e édition de l'Arabian Travel Market

IME s’envole pour la 26e édition de l'Arabian Travel Market
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Dans cette édition d'Inspire Middle East, nous nous installons à l'Arabian Travel Market de Dubaï (ATM). Plus de 150 pays participent à cette 26e édition.

  • Rencontre avec le PDG de Sri Lankan Airlines pour évoquer les attaques qui ont récemment endeuillé le pays.
  • Entretien avec le PDG d’Emirates, la compagnie aérienne la plus fréquentée par les passagers internationaux.
  • Direction aussi Abou Dabi, à la découverte des tortues imbriquées et la région de Charjah où se développe l'écotourisme.

Tortues imbriquées et écotourisme

C’est parti ! Des tortues imbriquées rentrent chez elles dans le golfe Persique. Elles viendront grossir la population des 7 000 tortues de mer, notamment les tortues vertes qui évoluent dans les eaux d’Abou Dhabi.

Salim Essaid, euronews : "Ces nouveau-nés ne courent pas seulement vers la mer, mais aussi pour la survie de leur espèce. Le nombre de tortues imbriquées continue de diminuer dangereusement. Cette espèce est classée depuis presque dix ans comme menacée d’extinction par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)".

La tortue imbriquée doit son nom à ses épaisses écailles dorsales, posées comme les tuiles d'un toit. Elle possède aussi un bec crochu. Les mâles sont également dotés de longues griffes. En état léthargique, l’hiver, cette tortue est, comme d’autres espèces, parasitée par les balans. Elle rejoint alors un environnement plus sain, la plage.

La biologiste marine Emily Armstrong, travaille pour un hôtel de luxe respectueux de l'environnement, ouvert à Abou Dabi il y a quelques mois. Elle surveille ses plages à la recherche d'animaux comme la tortue imbriquée.

"Nous avons aidé et soigné environs 65 tortues sur la zone côtière de Jumeirah, depuis la plage de Saadiyat. Mais, au total, à travers les Émirats arabes unis et Abou Dhabi, on estime que près d’une centaine de tortues, blessées ou malades, viennent chaque année se nettoyer avec le sable", explique-t-elle.

Selon la biologiste, les facteurs humains, les collisions avec des bateaux rapides et la pollution, notamment le plastique, perturbent la ponte des tortues et interfère dans une reproduction homogène de l’espèce.

"Lorsque les nouveau-nés sont dans le nid, leur sexe est déterminé par la température. Ainsi, un nid plus chaud produira plus de femelles, tandis qu’un plus frais engendrera plus de mâles. Ce qui est inquiétant à l’heure actuelle, c’est que le réchauffement climatique et la hausse des températures favorisent la naissance de femelles contre très peu de mâles", dit Emily Armstrong.

La population mondiale d'oiseaux, de mammifères, de poissons, de reptiles et d'amphibiens a diminué d'environ 60 % entre 1970 et 2014, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Si certaines entreprises émiraties se veulent respectueuses de l’environnement, elles veulent aussi maintenir leurs activités.

C’est le cas à Charjah, dans le centre des Émirats arabes unis. La région développe le tourisme vert de luxe et propose aux visiteurs un hébergement en tentes nomades, des sorties kayak à la découverte de la mangrove. Aussi, d’assister à l’éclosion des œufs de tortues.

"Je pense que l'écotourisme a un avenir très prometteur. L'écotourisme explore désormais de nouveaux segments du marché comme celui du luxe", explique Jasmina Popov-Locke, de la Modul Dubaï University.

Contrairement à l'écotourisme pure, il existe ici l'idée d’ego-tourisme qui identifie des voyageurs plus désireux de découvrir des lieux exotiques que de réellement voyager écolo en calculant leur empreinte carbone.

"Tant que ce tourisme sera contrôlé et écologique dans une certaine mesure, je ne remettrai pas en question les motivations des gens à se rendre dans certains endroits", ajoute Jasmina Popov-Locke.

Le marché mondial de l'écotourisme devrait s’affirmer de plus en plus dans les années à venir pour atteindre des valeurs frôlant les millions d’ici 2023, selon les spécialistes. D’ici là, les voyageurs avanceront, eux, dans leur quête de la combinaison idéale entre luxe, plaisir et écologie.

L'Arabian Travel Market de Dubaï (ATM)

Cette année, de nombreux cadres présents à l’Arabian Travel Market (ATM) ont discuté des dernières tendances en matière de voyages et de la façon dont la technologie continue de bouleverser le secteur. D’autres leaders de l’industrie en revanche sont, eux, revenus sur la période difficile qu’ils traversent.

À la suite des attaques du 21 avril au Sri Lanka, le ministère du Tourisme du pays a revu à la baisse le nombre de visiteurs prévu cette année : 500 000 touristes au lieu de deux millions.

Le PDG de la compagnie aérienne srilankaise, Vipula Gunatilleka, nous a confié que, même si l'armée de l'air nationale avait pris en charge la sécurité au sol, la compagnie aérienne publique envisageait d’intégrer des agents de sécurité à bord de certains vols. Pour lui malgré la situation actuelle, les activités aériennes doivent continuer.

Vipula Gunatilleka : "En nombre de passagers et de réservations, nous avons constaté une baisse d’environ 10 %. Nous faisons face à des annulations, notamment concernant les vols en provenance d’Europe. Mais nos autres marchés comme l'Inde ou le Moyen-Orient tiennent le coup".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : "Puis-je vous demander quelle est votre stratégie pour que votre compagnie qui fonctionne à pertes, devienne rentable ?

Vipula Gunatilleka : "Le plan de redressement que nous avons soumis au gouvernement prévoit l’accession à un équilibre financier dans trois ans. Ils cherchaient un investisseur privé, mais je pense que la situation actuelle va leur faire prendre du retard. Le principal problème est le coût élevé des intérêts, environ 45 % de nos pertes étant imputables aux coûts de financement des intérêts".

Nous avons également rencontré le PDG d’Emirates, la compagnie aérienne la plus fréquentée par les passagers internationaux.

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum nous a dit que sa compagnie aérienne réévaluait sa flotte et demandait réparation à Boeing pour les 14 (avions) 737 Max utilisés par la compagnie low-cost FlyDubai. Ils sont cloués au sol depuis les accidents meurtriers d'un appareil d'Ethiopian Airlines en mars et d'un avion de LionAir en octobre dernier.

Le président de Flydubai a même prévenu que la compagnie pourrait commander des A320neo à Airbus en remplacement des 737 MAX de Boeing et a demandé au constructeur américain d'améliorer sa communication avec ses clients.

Le PDG d’Emirates a exclu toute acquisition imminente par la compagnie et évincé un éventuel rapprochement avec la compagnie Etihad Airways. Sur le plan des bénéfices, malgré des profits en baisse au premier semestre, il a assuré que tous les voyants étaient au vert. La société publiera ses résultats annuels le 9 mai prochain.

Entretien avec le PDG d’Emirates, Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : commençons par l’un des thèmes majeurs de l’ATM, la transformation numérique du secteur des voyages et du tourisme. La technologie permet-elle encore à votre entreprise d'économiser de l'argent ?

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "Nous devons être capables de faire les choses beaucoup plus rapidement que nous ne le faisions il y a dix ans et c'est un réel pari. Aujourd'hui, tout le monde se penche sur la 5G et sur ce qu'il adviendra avec cette transformation".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : l’Inde est un marché stratégique très important pour vous, vous desservez six nouvelles destinations. Mais vous êtes désormais limité en terme de développement. Pensez-vous qu'après les élections de mai les choses changeront ? La réglementation pourrait s’assouplir ?

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "Vous savez, je pense que tout le monde a besoin de sièges supplémentaires. Il ne s’agit pas seulement de nous, mais aussi des transporteurs indiens. Oui, c'est un marché en pleine croissance. Nous regardons l'Inde, nous regardons la Chine. Nous avons besoin de ces sièges et j’espère que nous y arriverons, élections ou pas".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : une de vos pistes est temporairement fermée pour maintenance, heureusement, pour cinq jours seulement. En termes de réduction du nombre de vols et de places disponibles, quel est l'impact sur votre situation financière ?

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "Il y aura un petit impact, mais c'est quelque chose que nous devons faire tous les 10 ans pour repartir pour 10 années supplémentaires. Cela nous oblige à annuler plus de 30 % des vols d’Emirates et de FlyDubai, mais je peux dire que les choses avancent et que tout va bien de ce côté-là. Nous serons dans les temps".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : il y a six mois, vous avez dit : "Les six prochains mois seront très difficiles". Nous sommes assis ici six mois plus tard. Est-ce que quelque chose a changé notamment sur la question du bilan ?

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "Je pense que nous devrions attendre le 9 mai pour annoncer ces résultats financiers, mais je suis heureux de dire que le bilan est positif, contrairement à d’autres compagnies aériennes qui affichent un bilan négatif. En ce qui nous concerne, c’est positif et je reste optimiste pour l'avenir en dépit de ce qui s’est passé dans notre région, de la météo à la politique".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : et du prix du pétrole bien sûr ? Lequel a eu un impact sur vos derniers résultats. Ca et les fluctuations des devises étrangères…

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "C’est exact".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : prenons le prix du pétrole, ou se trouve le “sweet spot » pour vous ? Êtes-vous satisfait actuellement ?

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "Tout ce qui se trouve en dessous de 60 dollars le baril, c’est bon pour nous. Mais nous ne pouvons pas contrôler ce marché et je le sais. Nous ne parlons pas de couverture aujourd'hui, mais nous laissons cette option, c'est ouvert. Surveiller cela demande beaucoup d’efforts et de temps. C’est un peu comme un jeu, mais c’est quelque chose que nous observons sans cesse".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : en ce qui concerne votre flotte d’A380. À la suite de la baisse du nombre de commandes, Airbus a annoncé la fin de la production de son superjumbo en 2021. Cela aurait-il pu être évité selon vous ?

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "Nous avons soutenu le programme A380 dès le premier jour. C’est la raison pour laquelle nous avons aujourd’hui cent neuf aéronefs et jusqu’à cent vingt-trois appareils, que vous verrez voler sous les couleurs d’Emirates même après 2030. Je pense que vous avez également noté l’introduction d’avions plus petits dans notre flotte. Qu’il s’agisse de l’A350 ou de l’A330 Neo ou encore du 787, etc. Donc, cette option est toujours ouverte. Vous savez aussi que Boeing a également arrêté le 747, à cause du moteur. Je pense à la fiabilité du biréacteur, à la distance qu’ils peuvent parcourir aujourd’hui, à leur taille. Alors peut-être que (pour nous) ce ne sera qu’avec deux moteurs".

Rebecca McLaughlin-Eastham, euronews : parlez-moi de Damas. Je sais qu’Emirates surveille la situation en ce qui concerne la reprise des vols depuis leur suspension vers 2011. Pouvez-vous me dresser un bilan de la situation ? Quand retournerez-vous en Syrie ?

Sheikh Ahmed Bin Saeed Al Maktoum : "Nous essayons d'éviter l'espace aérien syrien pour des raisons de sécurité. Nous devons donc parcourir une distance supplémentaire, ce qui signifie plus de carburant. J'espère donc que, lorsque nous aurons l’autorisation des autorités de l'aviation civile des Émirats Arabes Unis (GCAA), nous pourrons à nouveau survoler la Syrie".