Au large de Lampedusa, le "Sea-Watch 3" dans l'attente

Au large de Lampedusa, le "Sea-Watch 3" dans l'attente
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Au large de l'île italienne de Lampedusa, le Sea-Watch 3 attend toujours de pouvoir débarquer. A son bord, plusieurs dizaines de personnes secourues le 13 juin, alors qu'elles dérivaient sur un canot pneumatique au large de la Libye.

Dix d'entre elles ont été autorisées à accoster samedi dernier, mais une quarantaine se trouve toujours sur le navire humanitaire.

Le vice-président italien, Mateo Salvini, accuse régulièrement les ONG d'encourager le trafic d'êtres humains en Méditerranée. Le 14 juin dernier son nouveau décret est entré en vigueur, il prévoit notamment l’interdiction pour les navires des ONG de stationner dans les eaux territoriales italiennes.

Le "business de l'immigration"

Matteo Salvini demande à l'ONG allemande Sea-Watch de faire route vers Tripoli. Inconcevable pour Giorgia Linardi, la porte-parole de l'association : "Tripoli et la Libye ne sont pas considérés comme des ports sûrs par les agences de l'ONU, la commission européenne et le gouvernement italien lui-même. Le capitaine ne peut pas ramener ces personnes, au vu des témoignages qu'ils nous ont livrés."

En attendant que le sort du Sea-Watch 3 soit tranché, la colère monte à Lampedusa. Beaucoup ici disent avoir été abandonnés par l'Union Européenne depuis trop longtemps, au profit de ce qu'ils appellent le "business de l'immigration". Notre reporter Valérie Gauriat les a rencontrés.

"Nous devons soutenir les migrants dans leurs pays d'origines, estime un jeune pêcheur. Les Européens, et surtout les Français et les Allemands, leur ont tout dérobé du temps des colonies. Nous devons arrêter de voler ces peuples, de leur prendre leurs ressources. J'ai voté pour la Ligue, car nous nous sentons en sécurité avec Salvini."

Selon l'Organisation internationale pour les migrations, 555 personnes ont perdu la vie en tentant la traversée de la Méditerranée depuis début 2019, soit plus de trois morts par jour.