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Canan Kaftancioglu, 10 ans de prison pour insulte au président turc Erdogan

Canan Kaftancioglu, 10 ans de prison pour insulte au président turc Erdogan
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Pour le principal parti d'opposition au président turc Recep Tayyip Erdogan, c'est une évidence ! Canan Kaftancioglu, sa dirigeante pour la province d'Istanbul, paye très cher son engagement décisif et crucial dans la campagne de l'élection municipale à Istanbul, remportée avec succès par le candidat social-démocrate du CHP, Ekrem Imamoglu. Le verdict dans le procès de cette figure de l'opposition est tombé vendredi en milieu d'après-midi : elle est condamnée à près de 10 ans d'emprisonnement, très exactement, selon le CHP, à 9 ans et huit mois.

La responsable politique est poursuivie pour des messages qu'elle a envoyé sur plusieurs tweets entre 2012 et 2017, que le pouvoir turc a considéré comme des attaques directes contre l'Etat. Cinq chefs d'accusation au total ont été retenus contre elle : "propagande terroriste", "insulte au chef de l'Etat", "insulte à la République turque", "insulte à un fonctionnaire" et "incitation à la haine". Tout au long des audiences, Canan Kaftancioglu n'a cessé de dénoncer un "procès politique" qui, selon les opposants au parti présidentiel, consistait à la punir pour son rôle de chef d'orchestre dans les deux victoires successives d'Imamoglu pour s'emparer de la mairie d'Istanbul, en mars puis en juin derniers.

Imamoglu et Kaftancioglu unis pour la victoire à Istanbul :

"Tu ne seras jamais seule !"

A la sortie du tribunal où elle était jugée, l'opposante au président Erdogan, médecin légiste de profession, a été réconfortée par plusieurs centaines de ses partisans; certains arboraient des pancartes sur lesquelles était écrit par exemple "Tu ne seras jamais seule !". S'adressant à eux, Canan Kaftancioglu a déclaré : "Les décisions ne sont pas prises dans les tribunaux, mais au palais (sous-entendu présidentiel). Ce procès visait à punir Istanbul et ceux qui ont fait gagner le peuple d'Istanbul". Elle a conclu sur une envolée :

"Ils croient pouvoir nous effrayer, mais nous continuerons de parler"

D'accusation en accusation, les peines d'incarcération se sont additionnées mais comme chacune d'entre elles ne dépasse pas cinq ans, la loi en Turquie permet de ne pas entrer en prison tout de suite s'il y a une demande de procès en appel. C'est le cas, et la nouvelle comparution devrait intervenir d'ici six mois.

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